Covéa investit dans Entroview avec CESVI France en éclaireur
Covéa franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de réparation durable. Le groupe a annoncé, le 19 octobre, son entrée au capital d’Entroview, jeune pousse deeptech créée en 2021 et spécialisée dans le diagnostic des batteries lithium-ion. Au cœur de cette opération figure la volonté de sortir du remplacement quasi systématique des batteries endommagées après un accident, alors que certaines peuvent encore être maintenues, réparées ou réemployées. C’est justement le cœur de compétence de la start-up.
La relation Entroview-CESVI nouée via le partage d’expertise
La relation entre les deux acteurs ne s’est toutefois pas nouée directement dans les bureaux de l’assureur. Elle s’est construite depuis 2024 autour de CESVI France, le centre de recherche technique et de formation aux métiers de l’auto, filiale de Covéa. Les équipes d’Entroview et du CESVI ont mené plusieurs expérimentations en conditions réelles, associant la technologie de diagnostic de la jeune entreprise à l’expertise du technocentre en matière de réparation automobile.
« La technologie développée par Entroview apporte une approche innovante du diagnostic des batteries et notre expertise terrain contribue à l’adapter aux réalités de la réparation automobile », souligne Christophe Petrynka, directeur de CESVI France. L’investissement de Covéa doit désormais permettre d’approfondir ces travaux et d’explorer de nouveaux usages. Pour Entroview, cette validation opérationnelle a compté dans le rapprochement avec l’assureur. « Avec le CESVI et Covéa, nous avons d'abord travaillé ensemble en atelier, sur de vraies batteries. Nous en tirons une conviction commune : une batterie abîmée n'est pas une batterie perdue », explique Gaëtan Depaëpe, CEO et cofondateur de la start-up. « Évaluer une batterie après un accident, c'est notre Everest », estime son directeur technique, Sohaïb El Outmani, pour résumer le défi.
La batterie prioritaire dans la réparation durable
L’enjeu est aussi économique. Selon Covéa, le coût moyen de réparation d’un véhicule électrique dépasse de 11 % celui d’un modèle thermique, notamment en raison du poids du véhicule, de sa mise en sécurité et du prix de la batterie. Le groupe veut donc privilégier le maintien de la batterie lorsqu’elle est en bon état, sa réparation si possible, puis le recours à une batterie remanufacturée. Le neuf ne devrait intervenir qu’en dernier ressort. Cette orientation prolonge le programme de réparation durable engagé par Covéa en 2023. En 2025, dans ses garages agréés, 50,8 % des pièces de carrosserie accidentées éligibles à la réparation ont été réparées ou remplacées par des pièces de réemploi (PRE). Le groupe vise par ailleurs à doubler l’usage de ces dernières d’ici à 2030, notamment grâce à Carrosity, sa place de marché en ligne créé avec le Groupe Faubourg.
« Analyser, réparer et réemployer les batteries plutôt que de les remplacer systématiquement, c’est un enjeu économique, environnemental et sociétal majeur », insiste Philippe Rondeau, directeur Expertise et Solutions de l’indemnisation de Covéa. La suite doit associer Covéa, CESVI France et Entroview aux constructeurs automobiles, avec le développement de protocoles et d’outils pour les réparateurs et la structuration d’une filière de réemploi des batteries. Le CESVI apparaît ainsi toujours plus comme le trait d’union opérationnel entre les évolutions technologiques et les besoins de l’assurance, en laboratoire grandeur nature capable de rendre les investissements concrets pour sa maison-mère.