« Pour 2026, je souhaite pour nos entreprises un redémarrage d’activité et de la stabilité réglementaire »
Devant un parterre particulièrement fourni de parlementaires, de dirigeants patronaux français et européens, d’entrepreneurs et de représentants de l’État, Francis Bartholomé a livré ses traditionnels vœux. Une édition pas tout à fait comme les autres : le président de Mobilians passera la main en juin prochain, après douze années à la tête de l’organisation.
Pour cette soirée de vœux, Mobilians avait réuni de nombreuses figures de l’entrepreneuriat, de la politique et de la filière automobile. Parmi elles, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, entouré de plusieurs responsables politiques et chefs de cabinet, mais aussi Patrick Martin, président du Medef, Luc Chatel, président de la PFA, ou encore Claude Cham. Sans oublier l’ensemble des élus Mobilians, les représentants de la filière et leurs équipes. Un casting à la hauteur de l’événement, puisque ces vœux 2026 marquaient les derniers de Francis Bartholomé en tant que président de Mobilians.
Douze ans de crises et de transformations
L’occasion, pour le président sortant, de revenir sur douze années de mandat marquées par de profondes turbulences. À commencer par le Dieselgate, « un choc qui a durablement marqué l’écosystème automobile et posé les bases de règles de décarbonation européennes aujourd’hui extrêmement contraignantes ». Puis la crise sanitaire, durant laquelle « Mobilians a joué un rôle d’amortisseur en prenant en charge tout ce qui pouvait l’être ».
« Douze ans de ruptures, de crises, mais aussi de transformations profondes de notre organisation », a résumé Francis Bartholomé, se disant néanmoins « confiant dans la pérennité et l’avenir de Mobilians ». À quelques mois de son départ, il a exprimé le sentiment d’avoir mené son action jusqu’au bout, fidèle à son ambition d’une filière unie. Car si Mobilians regroupe aujourd’hui 25 métiers parfois aux intérêts divergents, « beaucoup plus de choses nous rapprochent que nous séparent », a-t-il rappelé.
Fiscalité, acceptabilité et consommateur au cœur des débats
Devant un auditoire attentif — et un ministre à l’écoute — Francis Bartholomé a remis sur la table les grands dossiers que la filière devra continuer de défendre auprès des pouvoirs publics.
Premier enjeu : replacer le consommateur au centre du jeu et garantir l’acceptabilité. « Pendant longtemps, on a produit des véhicules sans même se demander si le consommateur était prêt à payer 50 000 euros pour protéger l’environnement », a-t-il lancé.
Autre sujet brûlant : la fiscalité automobile et le dispositif bonus-malus. Le président de Mobilians a dénoncé « des règles du jeu qui changent en permanence », donnant le sentiment que l’automobile est devenue une variable d’ajustement budgétaire. Avec, à la clé, « des malus toujours plus lourds et des bonus de plus en plus rares ». Pour lui, la stabilité et la cohérence fiscales sont indispensables pour ramener les clients en concession et permettre le rajeunissement du parc.
Sur ce point, le ministre délégué à l’Industrie a annoncé la création d’un groupe de travail en 2026, associant Bercy et la PFA, afin de réformer la fiscalité automobile. Objectif affiché : trouver un équilibre entre incitation au changement technologique et fiscalité non pénalisante pour la consommation et l’achat.
Francis Barhtolomé a également plaidé pour la relance du programme d’éco-entretien, en sommeil depuis plusieurs années. « Il faut remettre en mouvement l’ensemble du système pour obtenir un parc plus sain », a-t-il insisté. Enfin, il s’est joint aux appels en faveur d’une préférence européenne et d’un contenu local renforcé, tout en appelant à davantage de simplification et de stabilité réglementaire.
Un ministre sous le charme ?
Interpellé à plusieurs reprises, le ministre a tenu à adresser un message appuyé aux entrepreneurs présents dans la salle : « Dans ce grand maelström politique dont vous n’êtes pas responsables, vous avez permis à notre pays de conserver de la croissance et de maintenir l’emploi. Dans un contexte national complexe et une période de doutes internationaux, c’est aussi grâce à vous que la France tient debout. »
Cap sur Mobilians 2030
Avant de tourner la page, Francis Bartholomé a esquissé les grandes orientations de l’avenir avec le projet Mobilians 2030. Parmi les chantiers engagés : l’initiative "Nouvelle Génération" pour valoriser des élus de moins de 40 ans, la création d’un fonds de dotation dédié aux mobilités, le soutien aux start-up avec une enveloppe de 210 M€, mais aussi l’ancrage européen.
Depuis début 2025, Mobilians s’appuie aussi sur Automotive Mobility Europe, une structure de lobbying destinée à porter la voix des entreprises de l’aval automobile à Bruxelles, et qui fédère déjà de nombreuses organisations nationales du commerce et de la réparation automobile présentes en Europe.
Un dernier élan, avant de quitter la scène. Francis Bartholomé tirera sa révérence lors du salon Moove On, organisé les 23 et 24 juin prochains au CNIT de La Défense, un rendez-vous qui marquera le retour du grand rassemblement Mobilians réunissant l’ensemble des forces vives de la filière.