L’inflation main d’œuvre et ingrédients plus forte que celle des pièces en 2025

, mis à jour le 17/03/2026 à 15h40
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Peintre au travail en cabine

L'Observatoire annuel auto 2025 de SRA confirme la poursuite de la hausse des coûts de réparation des sinistres collision, même si le rythme ralentit légèrement. Avec une progression de 5,9 % en un an et de près de 30 % en quatre ans, le coût moyen des réparations atteint des niveaux historiquement élevés, porté par la complexification technologique et la montée en gamme du parc roulant. Dans le même temps, le taux de véhicules économiquement irréparables repart à la hausse.

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L'année 2025 marque toutefois un léger ralentissement par rapport aux années précédentes : après des hausses annuelles de 7,9 % en 2022, 7,0 % en 2023 et 6,2 % en 2024, la progression s'établit désormais à 5,9 %. Ce tassement relatif ne traduit pas pour autant un retour à l'équilibre, mais plutôt une stabilisation des coûts sur des niveaux déjà très élevés. En effet, sur quatre ans, l'augmentation atteint 29,9 %, confirmant une transformation structurelle du coût du sinistre automobile. Cette évolution reste nettement supérieure à l'inflation générale, creusant l'écart avec l'indice INSEE qui progresse de seulement 13,5 % sur la même période.

Le poste pièces, qui représente 52,1 % du coût total des réparations, enregistre une progression de 5,5 % en 2025, après une hausse de 7,3 % l'année précédente. Un tassement encore plus net par rapport aux 9,6 % enregistrés entre 2021 et 2022. Bien que plus modérée, cette augmentation s'inscrit cependant dans la continuité des fortes progressions observées depuis 2021 (+33,4 % sur quatre ans). Elle s'explique par plusieurs facteurs : l'augmentation du nombre de pièces endommagées (6,5 pièces en moyenne par sinistre), un taux de remplacement élevé (71,9 % des pièces endommagées sont remplacées) et la hausse des tarifs constructeurs. Raison pour laquelle 6,1 % des pièces remplacées sont issues de la filière du réemploi, 20,1 % des réparations faisant l’objet d’une expertise contenant au moins une PRE.

Le poste main d'œuvre (37,4 % du coût total) accélère en 2025 avec une hausse de 6,2 %, contre 5,1 % en 2024. Cette progression résulte à la fois de la revalorisation des taux horaires (+3,7 % pour le coût horaire moyen) et de l'augmentation du nombre d'heures facturées. La complexité croissante des véhicules mobilise davantage de temps et de compétences techniques, notamment pour les opérations de mise en sécurité et d'intervention sur les véhicules électrifiés. Enfin, le poste ingrédients peinture (10,5 % du coût total) affiche la hausse la plus marquée avec +6,9 % en 2025, portée par une augmentation du coût horaire moyen de 5,8 %.

La complexité croissante du parc pèse lourd

L'intégration progressive de véhicules de plus en plus technologiques continue de dégrader la réparabilité selon SRA. En 2025, près de 72 % des pièces endommagées sont remplacées, contre seulement 28 % réparées. La conception de plus en plus complexe des véhicules, avec des éléments technologiques liés aux réglementations environnementales et sécuritaires, ainsi que l'utilisation de matériaux sophistiqués, réduisent les possibilités de réparation. L'ensemble des familles de pièces principales présente des augmentations de coût moyen supérieures à 5 %, avec des hausses particulièrement marquées pour certains postes : optiques avant (+9,0 %), pavillon (+7,8 %), face avant (+7,2 %), feux arrière (+6,6 %)…

Les véhicules électrifiés représentent désormais 16,6 % des sinistres de collision analysés en 2025, contre 11,5 % en 2024. Cette progression s'accompagne de surcoûts de réparation confirmés : les véhicules électriques affichent un coût supérieur de 15,4 % à la moyenne, tandis que les hybrides présentent un surcoût de 13,4 %. Ces écarts s'expliquent par des dommages plus importants liés au poids plus élevé des véhicules électrifiés, l'utilisation de matériaux spécifiques comme l'aluminium et les composites, la présence de pièces dédiées à l'électrification (batteries, câbles, modules) et des contraintes opérationnelles renforcées pour les réparations.

Le taux de VEI repart à la hausse

Après plusieurs années de baisse, le taux de véhicules économiquement irréparables (VEI) augmente significativement en 2025, atteignant 11,6 % contre 10,8 % en 2024. Cette hausse marque un retournement de tendance après le point bas de 9,3 % enregistré en 2023. Cette augmentation touche principalement les véhicules de moins de dix ans. Les véhicules de moins de deux ans voient leur taux d'irréparabilité progresser de 0,4 point, passant à 2,7 %. La hausse s'accentue avec l'âge : de +0,1 point pour les 2-4 ans (3,2 %) à +0,6 point pour les  8-10 ans (8,3 %). Là encore, l’impact technologique est à l’œuvre. En revanche, les tranches d'âge supérieures à 10 ans affichent une relative stabilité, voire une légère baisse pour les véhicules de 15 ans et plus (-0,2 point).

Malgré le vieillissement continu des VEI – 14,1 ans d’âge moyen en 2025, contre 13,1 ans en 2021 – la valeur résiduelle à dire d’expert (VRADE) avant destruction ne cesse d'augmenter. Elle progresse de 1,4 % en 2025 et affiche une hausse cumulée de 32,4 % depuis 2021. Cette évolution peut paraître paradoxale dans un contexte de vieillissement du parc, mais elle s'explique par la tension persistante sur les marchés du neuf et de l'occasion. La raréfaction de l'offre de véhicules neufs et la forte demande sur le marché de l'occasion maintiennent les valeurs à des niveaux élevés, y compris pour les véhicules âgés.

La répartition des VRADE témoigne de cette dynamique : 37,7 % VEI affichent une valeur supérieure à 5 000 € HT (soit 6 000 € TTC), et 13,2 % dépassent 10 000 € HT (12 000 € TTC). Ces proportions concernent des véhicules qui, bien que classés irréparables économiquement, conservent une valeur résiduelle significative. Pour les véhicules électrifiés, toutefois, le taux d'irréparabilité demeure nettement inférieur à celui des thermiques. Les véhicules électriques présentent un taux de VEI de 3,6 %, contre 14,6 % pour les diesels et 10,3 % pour les essence. Cet écart s'explique principalement par les valeurs moyennes plus élevées des véhicules électrifiés, qui rendent économiquement viables des réparations plus coûteuses. Toutefois, pour les véhicules de moins de 2 ans, cet écart se réduit sensiblement : 2,1 % pour les électriques contre 3,2 % pour les diesels et 3,5 % pour les essence.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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