SERMI : alerte sur le flou et les blocages persistants
La FIEV tire la sonnette d’alarme face au déploiement jugé erratique de la certification SERMI, encadrant l’accès aux informations sensibles liées à la sécurité des véhicules. La Fédération des équipementiers dénonce les dysfonctionnements du dispositif et appelle à la mise en place d’une « identité virtuelle » des réparateurs afin de lever les derniers obstacles et fluidifier l’accès au système.
Entrée en vigueur le 1er novembre 2024, la certification SERMI (Security-Related Repair and Maintenance Information) n’arrive pas à atteindre sa vitesse de pointe. Et pourtant, ce cadre réglementaire, jugé par la FIEV « essentiel pour assurer une concurrence équitable du secteur », est indispensable dès maintenant pour ouvrir les vannes des véhicules de nouvelle génération aux réparateurs indépendants.
Sauf qu’en novembre 2025, soit un an après son lancement, on dénombrait à peine 1500 réparateurs ayant obtenu le précieux sésame. Causes de ce retard à l’allumage selon la FIEV : communication tardive ou incomplète, absence d'accompagnement adapté pour les réparateurs candidats à la certification, complexité administrative excessive, coût et délais d'audit dissuasifs.
Et les conséquences commencent à sérieusement se faire sentir avec toujours plus de professionnels non certifiés qui se retrouvent bloqués pour effectuer certaines opérations parfois sans lien évident avec la sécurité du véhicule. Dans une enquête réalisée par Zepros en septembre dernier auprès des pros du secteurs, 44 % des garagistes répondants admettaient encore sous-traiter le traitement des véhicules connectés et près de 20 % les rediriger vers un réparateur agréé.
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Flou réglementaire
Pas question pour la Fédération des équipementiers de fustiger leurs clients garagistes, dont les réticences à se lancer dans la certification sont légitimes face aux écueils opérationnels et à l’absence de lisibilité des opérations rentrant dans le champ du SERMI. « À ce jour, aucune liste claire et harmonisée n'est accessible aux professionnels. Chaque constructeur applique sa propre interprétation, créant une insécurité juridique pour les réparateurs et des pratiques hétérogènes sur le terrain », dénoncent d’une même voix la FIEV et son Groupe des Industries d’Équipements de Garage (GIEG). Ainsi, certaines opérations, manifestement sans impact sur la sécurité des véhicules, sont pourtant conditionnées à la certification SERMI, « alimentant le sentiment d'un dispositif disproportionné dans son application. Cette situation génère un déséquilibre concurrentiel préoccupant », avec des réseaux constructeurs conservant un accès fluide aux opérations concernées tandis que les indépendants voient leur champ d'intervention se restreindre progressivement.
Indispensables ajustements
Sans remettre en cause le principe de la certification, la fédération (comme d’ailleurs la FNA qui monte également au créneau sur le sujet) appelle à une réforme de la jeune réglementation. Et c’est le bon moment, alors que la Commission européenne (seule à pouvoir modifier le dispositif) va lancer sur le premier semestre la mise à jour du texte portant ce sujet (Annexe 10 du règlement d’homologation).
Au menu des revendications de la FIEV : une clarification officielle et harmonisée des opérations concernées par le dispositif, des mesures transitoires pragmatiques pour éviter la paralysie du secteur et un accompagnement renforcé des réparateurs dans leur démarche de certification.
« Dans le cadre du déverrouillage des passerelles de sécurité, véritables “cadenas numériques” pour les ateliers multimarques, la gestion de l’inscription et de l’authentification des utilisateurs qualifiés est d’ores et déjà intégrée par les principaux fabricants d’outils de diagnostic électronique, en collaboration avec les constructeurs et avec l’approbation de tiers vérificateurs. La mise en place d’un nouveau niveau de certification ou d’accès pourrait ainsi s’appuyer sur ce dispositif existant », commente Clément Perrin. Le président du GIEG en appelle en fait à la création d’une véritable « une identité numérique reconnue des techniciens », sous la forme d’une unique porte d’entrée potentiellement contrôlée par les fabricants de solutions de diagnostic, indispensables à cet accès aux données véhicules. Voire si cette possible simplification d’accès saura retenir l’attention de Bruxelles.