P. Lhoste : « Yokohama est la marque offrant la meilleure opportunité de progression pour les distributeurs »

, mis à jour le 19/05/2026 à 16h23
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Patrick Lhoste

Désormais filiale à 100 %, portée par une croissance supérieure à 30 % et des homologations chez les constructeurs de prestige, la marque cultive sa rareté et son positionnement haut de gamme. Patrick Lhoste, directeur général de Yokohama France, explique comment ce modèle de distribution sélective et l'arrivée prochaine d'une production européenne font de la marque l'alternative la plus rentable et la meilleure opportunité de progression pour les distributeurs français.

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Zepros : Vous avez démarré Yokohama en France "de zéro" en 2000. Comment votre expertise initiale dans l'accessoire et la jante aluminium (via CESAM) a-t-elle été le cheval de Troie idéal pour réimposer Yokohama sur le marché ?

Patrick Lhoste : Yokohama nous a confié la distribution car ils avaient vu en Italie et en Angleterre que les spécialistes de la jante alu avaient un meilleur mix produits. Pour sublimer une voiture avec des jantes, il faut augmenter le diamètre (passer de 15 à 17 ou 19 pouces). Le client a alors besoin de quatre pneus neufs. Nous avons créé des "packs complets" qui se mariaient parfaitement avec l'image exotique et qualitative de Yokohama. C'est ce qui a fait notre succès initial dans les centres auto comme Feu Vert ou Norauto et chez les accessoiristes. 

En quoi le passage à une filiale consolidée à 100 % en 2023 a-t-il concrètement changé votre quotidien opérationnel et votre force de frappe commerciale ?

P. L. : C'est un véritable déclic. Les Japonais voient à long terme et ont tenu tous les engagements pris il y a vingt-six ans. Être une filiale consolidée à 100 % nous a fait changer de dimension : nous sommes désormais intégrés aux réunions stratégiques européennes et nous bénéficions de moyens supérieurs et de conditions tarifaires bien meilleures. C'est d’ailleurs ce qui explique l'accélération brutale de notre chiffre d'affaires ces deux dernières années !

Comment utilisez-vous vos références en première monte sur les modèles sportifs pour faire accepter ce statut aux distributeurs français ?

P. L. : Au Japon, c'est la marque la plus qualitative. En France, notre part de marché est encore trop faible pour que les clients l'acceptent d'emblée comme du premium. Pourtant, nous sommes l'un des seuls manufacturiers au monde à être homologués simultanément chez BMW M, Mercedes-AMG, Audi S/RS et Porsche. Nous communiquons autour de ce microcosme de la haute performance pour affirmer notre identité "High-End".

Pourquoi votre modèle de distribution sélective est-il, selon vous, plus efficace pour préserver la valeur de la marque ?

P. L. : Michelin annonce un commercial par département. Yokohama France a fait sa meilleure année 2025 avec trois commerciaux terrain, sachant que nous passerons à cinq personnes au second semestre 2026 pour couvrir tout le territoire.  Nous ne jouons pas avec les mêmes armes. Nous misons sur le produit exclusif, l'exotisme et la performance. Nous n'avons pas besoin d'une couverture intensive car nous ne cherchons pas le "mass market" à tout prix, mais le haut de gamme. Nous accompagnons les distributeurs leaders qui veulent proposer une alternative performante et rare.

Quel rôle ont joué les plateformes BtoB et les grossistes ?

P. L. : Le digital a d'abord fait mal, mais depuis 2020 c'est devenu un levier majeur. Je dirais que les sites BtoC comme Allopneus, 1001pneus ou les plateformes BtoB telles que Easy 4D ou 07ZR, alliées aux grands grossistes (Massa, Distri Cash…) ont joué un rôle de "game changer" qui nous a permis de toucher des clients là où nous n'avions pas d'accords physiques forts, tout en maintenant une distribution sélective. Ce qui permet, entre autres, à Yokohama France d’afficher aujourd'hui une croissance de plus de 30 % depuis 2024...

Avec une part de marché de 1,2 % et un positionnement premium, Yokohama offre aux distributeurs la garantie d'une marque sans surexposition, préservant ainsi leurs marges face au mass market ! 

Quelle est la probabilité de voir une ligne de production pour véhicules de tourisme s'installer prochainement sur le continent européen ?

P. L. : Produire en Europe devient crucial face aux coûts et aux aléas du transport maritime. Et l'objectif des 5 millions de pneus vendus en Europe est atteint, puisque nous sommes à 6 millions. Alors plutôt que de construire ex nihilo, la stratégie s'oriente vers l'extension d'usines existantes issues de nos acquisitions, comme celles du Suédois Trelleborg Wheel Systems (acquis par Yokohama), pour y créer des lignes de production de pneus dédiés au tourisme. Cette nouvelle usine PCR en Europe a été validée. Elle était nécessaire pour poursuivre le développement de l’OE en Europe et faciliter les approvisionnements pour alimenter l’aftermarket.

Quelles sont vos attentes pour le lancement de la deuxième génération du 4S AW22, et comment ce produit s'intègre-t-il dans votre stratégie de mix produits "High-End" ?

P. L. : Après le lancement très réussi du Advan Winter en 2025, nous complétons notre offre Hiver avec le segment Quatre-Saisons car ce dernier connaît une montée exponentielle chez nous. À dimension équivalente, nous le vendons 3,9 % plus cher que le pneu Été. C'est un segment stratégique que nous allons faire tester à la presse et à nos meilleurs clients en Islande en juin 2026. C'est un produit clé pour soutenir notre mix produits haut de gamme et le développement de ce nouveau produit se fait au travers de plus grandes dimensions. 

Selon vous, Yokohama représente la meilleure opportunité de progression pour un distributeur français. Pourquoi ?

P. L. : Pour un distributeur, c'est la garantie d'avoir une marque premium, sans concurrence directe à chaque coin de rue, avec un vrai potentiel de conquête. Contrairement aux marques coréennes qui sont déjà très installées, Yokohama a une part de marché anormalement faible (1,2 %) au regard de sa qualité. Il n'y a pas de surexposition ou de gros accords exclusifs qui laminent les marges. 

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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