Lechler cultive sa durabilité, sa technicité et sa compétitivité
Depuis son nouveau siège lombard de Côme, le fabricant italien de peinture revendique sa science de la couleur, sa compétitivité et l’agilité de ses différents process de réparation afin de se poser en principal challenger des marques A aux multiples accords.
Il est le dernier né des huit procédés de remise en peinture de Lechler. Développé pour « concilier durabilité environnementale, productivité et qualité de la réparation », l’Eco-Tech Process s’appuie pleinement sur ses produits les plus durables, dont certains bénéficiant du label PSI dévoilé il y a deux ans. En l’occurrence, sur le nouvel apprêt biosourcé Macrofan Boost HS Filler et ses quelque 40 % de matières premières issues de sources renouvelables, mais aussi sur la base mate à l’eau Hydrofan HE Basecoat System ainsi que sur le Macrofan Prima UHS Clearcoat Ess&Re, premier vernis UHS biosourcé, fort de 35 % de matières premières provenant de sources renouvelables.
Tous trois peuvent être utilisés avec les durcisseurs lent, standard et rapide de la gamme Ess&Re, affichant 40 à 60 % de matières premières biosourcées. Outre l’empreinte carbone réduite des produits eux-mêmes, le process enfonce le clou de la durabilité grâce à la possibilité qu’il offre aux peintres de sécher à des températures comprises entre 40 et 50°C, contre 60°C habituellement. De quoi baisser la consommation énergétique et les émissions carbone associées lors de la phase d’utilisation la plus longue de la cabine : l’étuvage. Et ce, sans nuire à la productivité de l’atelier, promet Lechler.
Une raison d’être
Ces derniers mois ont d’ailleurs été l’occasion pour Lechler d’affirmer son engagement RSE qui, habilement conceptualisé, est devenu Ess&Re, acronyme de "Enterprise social sustainability & responsibility". Surtout, dans la langue de Dante, "essere" signifie tout autant "être" en tant que verbe qu’en tant qu’être humain et désigne aussi le fait d’exister. Une véritable raison d’être réalisée selon trois axes de développement. Le premier, l’axe social, vise entre autres à rééquilibrer les différences entre les sexes, à poursuivre la promotion du programme "Lieux de travail favorisant la santé" et à faire du projet "Lechler Academy" l’opportunité de développer des relations avec les établissements d’enseignement. Chaque année, Lechler accueille par ailleurs une promotion d’étudiants pour les former à sa vision et les immerge six mois entiers dans les différents départements de l’entreprise… avant de les embaucher.
Deuxième axe du développement durable chez Lechler, l’axe économique entend se concentrer sur une croissance durable et responsable dans la lignée des orientations de Commission mondiale pour l’environnement et le développement de l’ONU. Enfin, l’axe environnemental voit le fabricant de peinture appuyer ses efforts sur la réduction de son empreinte carbone via une réduction de la consommation d’énergies et de matières premières fossiles, l’utilisation d’énergies renouvelables, la mise en place d’une gestion durable de ses flottes et de la mobilité de ses collaborateurs. Le groupe transalpin concentre également ses efforts le recyclage et le traitement de ses déchets et concentre les efforts de son département R&D sur la formulation de produits durables et biosourcés, sur lesquels s’affiche l’indicateur de durabilité PSI à trois niveaux. Les ventes de l’entreprise sont ainsi appelées à se concentrer sur ce type de solutions.
L’ingénierie au cœur
Ce n’est donc pas pour rien que Lechler a installé son laboratoire de R&D principal au cœur de son nouveau siège de Côme, à quelques encâblures du très chic lac alpin. Car c’est autour de lui que s’organise tout le savoir-faire, la compétence et la vision de l’entreprise fondée en 1858. Lesquels s’incarnent pleinement dans son activité automobile, centrée sur le "refinish" puisque le groupe n’est pas fournisseur des constructeurs en première monte VL, même s’il bénéficie d’accords côté véhicules industriels et deux-roues. Ce business pèse 33 % de ses 150 M€ de CA, juste derrière l’industrie et ses 40 %, dont la prééminence s’avère toutefois récente. Riche de près de 600 employés répartis dans six pays dont la France, où le fabricant compte une vingtaine de collaborateurs.
« Le refinish nous apprend la colorimétrie et c’est pour cela que nous avons inclus cette activité, aux côtés de notre business yachting, dans la branche "Performance coatings" », explique Marta Radice, responsable marketing du fabricant. Une performance – et une durabilité – reconnue jusque chez les performeurs eux-mêmes, puisque l’équipe cycliste Polti Visit Malta, fondée par les anciens vainqueurs de grands tours Alberto Contador et Ivan Basso, a choisi de confier la mise en peinture de ses vélos de compétition en carbone à Lechler. Sa nouvelle monture, Aurum, recouverte partiellement de feuille d’or, prendra d’ailleurs part au Tour d’Italie 2026.
La marque B qui grimpe
Si Lechler continue d’être classée comme marque "B" bien qu’elle remonte au Centre européen des peintures et des encres (CEPE) ses chiffres trimestriels comme les principaux fabricants de marques A (AkzoNobel, Axalta, BASF Coatings, PPG, Sherwin Williams), « c’est à la fois une question d’historique et de positionnement prix que de reconnaissance du marché », explique Geoffroy Brochard, responsable des ventes France. Lequel s’attache à faire venir le plus de clients et d’apporteurs d’affaires possibles au siège l’entreprise pour leur faire voir l’outil de R&D, de production et de formation premium dont elle dispose à Côme. Car même chez les fournisseurs de première monte, les technologies diffèrent par rapport aux formulations dédiées à la réparation. « Nous sommes donc totalement capables de rivaliser sur le plan de la technologie. La principale différence tient dans le fait que, en l’absence d’accords avec des apporteurs d’affaires, nous avons moins d’intermédiaires à rémunérer, ce qui nous permet un positionnement prix moins élevé », poursuit Geoffroy Brochard.
Les réparateurs y trouvent leur compte puisque entre 2014 et 2025, le CA réparation automobile de Lechler a bondi de 46 %, alors même que les volumes du marché ne cessent de reculer, en France comme en Europe. « Aujourd’hui, nous pouvons répondre aux besoins de carrossiers de taille B comme de carrossiers de taille A, qui font jusqu’à 1 500 réparations par an », affirme Marta Radice. 750 à 800 carrossiers de taille significative recourent ainsi aux produits Lechler dans l’Hexagone. « Nous avons de plus en plus de demandes d’accompagnement de la part de réparateurs souhaitant se lancer dans la réparation durable », se réjouit ainsi Geoffroy Brochard. Lechler fait également l’effort de se rapprocher de toujours plus de CFA afin de se faire connaître des futurs peintres et poursuit sa conquête auprès des distributeurs, bien soutenu par ses quatre techniciens spécialisés dans le refinish.
Des ressources humaines indispensables pour faire comprendre aux différents professionnels la pertinence de ses huit procédés de remise en peinture différents. Car du Simply Tech Process basique au Hi Tech Process répondant au plus haut niveau de finition, il y a toute une gamme de solutions, certaines focalisant sur le séchage air, d’autres sur le séchage UV ou le séchage infrarouge. Sans oublier l’Aqua Tech Process appuyé sur le plus de produits hydrodiluables possibles et, désormais, l’Eco Tech Process. En somme, chez Lechler, à chaque réparation son process privilégié. Et à chaque carrossier, ses process de prédilection.