Plus d’indépendance pour refaire des carrossiers les maîtres du jeu

, mis à jour le 13/10/2026 à 18h22
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CARRZP 50 ACTUS – COLLOQUE DE LA CARROSSERIE 2026

Le Colloque de la Carrosserie à Royan (17) le 9 octobre a permis à la FFC Mobilité Grand Sud-Ouest (GSO) de confronter les réparateurs à leurs inquiétudes comme à leurs leviers d’action pour reprendre la main face aux pressions économiques et concurrentielles des donneurs d’ordres.

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« C'est aujourd'hui que ça se passe : artisan de son futur. » Le thème du Colloque de la Carrosserie 2026 sonnait comme un mot d'ordre, et le débat a posé la question qui fâche : « Qui écrira les règles du jeu demain ? » Benjamin Labonne, P-DG de la plateforme de gestion de sinistres indépendante Réflexe Accident et administrateur national de la FFC Mobilité, y répond par un constat : les assureurs rachètent distributeurs, places de marché, centres VHU et carrosseries pour capter la valeur. « Ils viennent sur notre terrain ? Alors à nous d'aller sur le leur et de faire de la gestion de sinistre en partant du mandat de l'expert », ose-t-il.

Marges faibles et ROI sans couronne

Le baromètre dévoilé en préambule du colloque (lire encadré) met le doigt sur la chute des marges pour les carrossiers. « C’est ce qui dégrade le plus la qualité de l'entreprise et de son travail », résume Maylis Dosba, présidente de la FFC Mobilité GSO. Se former et s'équiper a un coût « qui ne s'amortit pas à coups de taux horaires négociés à 60 € de l'heure », rappelle Laurent Fourcade, président national de la FFC Mobilité, pour qui il faudra peut-être se passer d'agréments qui ne valent plus le coup.

Pris dans un « billard à trois bandes » entre assureur, expert et client, le carrossier ne doit accepter que le prix qu'il peut justifier, souligne l'avocat Christophe Parier : « L'expert éclaire la décision mais il ne décide pas », insiste-t-il. Benjamin Labonne cite un taux horaire moyen de 97 € selon l'Insee, avec 20 % d'écart par rapport à celui consenti en agrément et prédit que l'apport d'affaires assurantiel fondé sur le volume s'effondrera avec le recul de la sinistralité. D’où l’importance de reprendre la main sur la relation client, et vite.

Connaitre la valeur de son travail

Mais avant de renouer solidement avec le client, reste à savoir ce que vaut le travail du carrossier. « Il faut absolument savoir calculer son tarif horaire : c'est la base », insiste Maylis Dosba. Ce qu’encore trop de carrossiers laissent au hasard. Idem pour ce qui est de bien chiffrer, rédhibitoire pour tout carrossier se prétendant indépendant.

Lionnel Faure, président du réseau d’experts indépendants Help You, rappelle qu'un recours direct, procédure légale phare du règlement amiable hors agrément, est voué à l'échec sans ordre de réparation chiffré et signé. Au-delà même du sinistre, les carrossiers ont intérêt à ne négliger aucune ligne de facturation. « A titre d’exemple, les frais de charge d'un véhicule électrique peuvent être inclus dans les frais de gardiennage », insiste-t-il.

Miser sur des partenaires aux mains libres

Autre levier à actionner : s’appuyer sur des fournisseurs "libres". Benjamin Labonne anticipe une séparation du marché entre carrossiers agréés et purs indépendants. « Je milite pour que ces derniers s'appuient sur des outils de chiffrage neutres comme DAT ou sur des marques de peinture sans rétrocession aux assureurs. Elles sont nombreuses », plaide-t-il.

Et côté juridique, Patrick Nardou, président national de la FFC, rappelle que ses services épluchent les conditions générales des nouveaux contrats d’assurance pour assigner, si besoin, les assureurs qui porteraient atteinte au libre choix du réparateur ou à l’équilibre concurrentiel.

Une prise de tension bienvenue

50 % des dirigeants situent leur inquiétude entre 7 et 10 sur 10, et 74 % se disent plus inquiets qu'en 2025. D’où le fait que 64 % des dirigeants interrogés se veulent prudents en vue des douze prochains mois. Tel est le principal enseignement du "Baromètre des dirigeants de carrosserie" de la FFC Mobilité GSO, présenté en ouverture du colloque, qui a sondé 110 entreprises adhérentes. Parmi elles, 51 % comptent 1 à 5 salariés, 13 % plus de 10, et 45 % sont établies en milieu rural. 

La réduction des marges est cité comme le premier facteur d'impact sur l’activité cité (50 %), à l’heure ou 57 % des sondés peinent à vendre leurs heures de main-d'œuvre. Autre point d’inquiétude : leur relation à l’expert dans le cadre de l’expertise à distance (EAD). 45 % la jugent tendue, alors qu’ils ne sont que 10 % dans le cas de l'expertise terrain. Signe que c'est bien lorsque l'humain manque à l'appel que les relations experts-réparateurs sont les plus bousculées.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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