LKQ : les ventes décrochent, les patrons monde et Europe chutent
Le géant US de la distribution de pièces a sifflé l’arrêt de jeu pour le P-DG du groupe mais aussi pour le CEO Europe, remerciée après un mauvais bilan sur le troisième trimestre qui continue une chute de l’activité, particulièrement marquée sur l’Europe.
LKQ Corporation vient d’annoncer avoir remercié Justin Jude, trois ans après avoir été nommé P-DG. Si le nom de son successeur est d’ores et déjà connu, Salvatore A. Abbate, actuellement DG de l’entreprise américaine Veritiv Corporation spécialisée dans les solutions de distribution interentreprises, ne prendra son poste que le 15 décembre prochain. L’intérim est assuré par un binôme constitué de John Mendel, président du conseil d'administration, Sue Gove, présidente du comité d'audit de LKQ. Andy Hamilton, P-DG de LKQ Europe depuis 2023, passe également dans la grande lessiveuse. Il a quitté son poste le groupe, en recherche active de son successeur. « Les performances de LKQ, notamment en Europe, sont nettement inférieures aux attentes du Conseil d'administration, qui prend des mesures décisives pour y remédier », a déclaré John Mendel, président du Conseil d'administration.
Repli de CA persistant
Les actionnaires de LKQ ont semble-t-il perdu patience face à un groupe qui est depuis début 2025 sur une pente descendante. Ainsi, après des mois de mauvais signaux, l’activité de LKQ a continué de décrocher. Le 3e trimestre s’est bouclé sur un repli de 5,4% de l’activité qui a généré 3,32 Md$ de revenus, soit près de 300 M$ de perdu vs T3 2025. Un repli qui se poursuit donc après le – 5,1% du T2 et qui pourrait bien plonger l’activité définitivement dans le rouge après un 1er semestre resté à la surface (+0,5%).
Décrochage européen
Et si le business s’est maintenu aux USA (LKQ ne fournit pas de données précises pour l’instant), l’Europe est clairement dans l’œil du cyclone. Après avoir dévissé de 12,6% au T2, son chiffre d’affaires organique des pièces et services au T3 a reculé de 9,8%. Explication du groupe : des perturbations opérationnelles liées à la mise en œuvre du progiciel de gestion intégré (ERP) en Allemagne et une baisse des volumes au Royaume-Uni et au Benelux. Sachant que LKQ est encore loin de ses espérances en France et que viennent d’Italie viennent des rumeurs du navire amiral Rhiag qui aurait perdu plus de la moitié de son business depuis son rachat par LKQ voici 11 ans. Un repli qui a fait perdre le leadership à LKQ Europe avec 2,64 Md€ de CA sur S1 qui se fait doubler d’une courte tête par le Polonais Inter Cars (2,68 Md€ de CA sur S1) qui occupe donc cette 1ere marche du podium et devrait la conserver au bilan 2026.
Avenir incertain
De quoi renforcer la volonté du groupe de repenser en profondeur son avenir. Le marché était dans l’attente d’en savoir plus sur les options stratégiques de LKQ qui évoquait déjà au 2e trimestre 2026, une vente de l’intégralité du groupe. Il faudra donc encore attendre pour savoir comment le groupe va se sortir de cette mauvaise passe « sans perdre trop d’argent », commentent les observateurs. En attendant, LKQ retire ses prévisions d’atterrissage 2026 anticipé entre -0,5 % et +1,5 % par l’équipe sortante.