Flauraud en grève : <em>«être respectés et écoutés»</em>

Jean-Pierre Raynaud
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Le plan de transformation lancé par Flauraud n'a pas pu faire l'économie d'un conflit social qui a débuté le 21 avril. Les syndicats réfutent le projet de la direction que cette dernière estime nécessaire pour atteindre son ambition nationale. Aux 112 suppressions de postes évoquées, Olivier Guillaume, DG du groupe de distribution, oppose 47 créations de postes prévues, dont certaines seront proposées à d'actuels collaborateurs.
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Olivier Guillaume : Notre plan n’est pas de casser l’existant, mais de nous appuyer sur nos bases régionales pour un développement national. Notre organisation ne répond plus aux besoins de nos clients et n’est pas économiquement viable à terme. Le marché évolue à une vitesse incroyable, les demandes des clients aussi et face à nous nos concurrents grossissent. Si nous-mêmes ne participons pas à ce mouvement de transformation, nous disparaîtrons.

Négociations tendues

O.G. : Nous avons respecté la période de consultation des trois mois. Le CSE va se prononcer le 5 mai sur le plan. Notre volonté est vraiment de trouver un accord. Le plan se mettra en place au cours du second semestre. Nous sommes conscients que cette période de transformation est douloureuse pour tout le monde. Cela nécessite de l’explication, d’où des communications très régulières avec l’ensemble des salariés. Certains attendent d’ailleurs que le plan se déroule, car ils sont conscients que l’entreprise ne pouvait pas continuer à avancer ainsi. Nous n’avons botté en touche aucune des propositions faites par les délégués syndicaux. Le plan que nous proposons est ciselé pour Flauraud et en aucun cas une copie de ce qui existe chez d’autres. C’est du sur-mesure.

Fermetures et suppression de postes

O.G. : Il ne s’agit pas de six fermetures. Le magasin de Clermont-Ferrand, installé à 450 mètres de la plateforme, va y être intégré. Ensuite, six magasins fusionnent(*). C’est de l’optimisation car les coûts de structure sont devenus trop élevés. Aujourd’hui ce n’est plus le client qui vient au magasin mais le magasin qui livre au client. De même, 112 suppressions de poste est un maximum. Mais il ne faut pas oublier les 47 créations de poste prévues dans le plan, dont certains seront proposés à des collaborateurs du groupe.

Passer de distributeur à logisticien

O.G. : Sur les dix dernières années, ce qui a le plus évolué dans la distribution, ce sont les attentes des clients principalement basées sur la fiabilité, la rapidité de la logistique. Le modèle n’impactera pas notre force de vente et la proximité avec les clients. Les livraisons se feront du magasin et de la plateforme qui va donner accès à un stock vingt fois supérieur à celui d’un magasin local. Cela veut dire une meilleure disponibilité des produits. La logistique devient la clé d’entrée, mais Flauraud fera toujours de la distribution.

La mutation de Flauraud calquée sur une stratégie constructeur

O.G. : La vision du groupe n’est pas de dupliquer le fonctionnement d’une concession à la distribution de pièces. Ce n’est pas le groupe Emil Frey qui a construit le plan, mais la direction de Flauraud associée au comité de direction, donc des gens depuis longtemps dans l’entreprise qui connaissent parfaitement les spécificités du métier et de l’entreprise. Après, lorsque des activités sont arrêtées ou ralenties, c’est aussi parce que nous avons une lecture de profitabilité et qu’elles pénalisent l’ensemble de l’entreprise.

(*) Lyon-Décines, Périgueux seront regroupés avec Brive, Castres avec Albi et Millau avec Rodez.

Caroline Ridet

Jean-Pierre Raynaud
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