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GAC : un modèle durable et rentable pour les concessionnaires

, mis à jour le 23/09/2026 à 18h51
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Cédric Lacour, directeur général adjoint de GAC France

À un mois du Mondial de l’Automobile, GAC officialise son arrivée en France. Son ambition : construire un réseau de 200 points de vente d’ici 2030, sans imposer de lourds investissements à ses distributeurs. Avec deux modèles électriques au lancement, une garantie de huit ans et un dispositif après-vente, le constructeur chinois, en pleine opération séduction, brandit l'argument de la rentabilité et de la durabilité de ses marques.

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Jusqu’ici présent principalement à travers des partenariats, le groupe chinois fait de la France sa première filiale commerciale européenne. Un choix qui traduit une volonté d’installer directement la marque sur le marché, avec une équipe française calibrée : Cédric Lacour, directeur général adjoint, Gaël de Beauchesne à la direction marketing ou encore Stefan Deschâtres à la direction Après-Vente (ce dernier est notamment passé par MG, Jaecoo & Omoda). La marque démarre avec 25 points de vente, auxquels doivent s’ajouter 25 sites supplémentaires d’ici fin 2026. Objectif à terme : 200 points de vente en 2030, animés par 50 à 70 investisseurs. Le modèle se veut volontairement peu capitalistique. Environ 200 m² suffisent pour démarrer et aucun investissement lourd n’est requis. GAC cible des distributeurs de taille moyenne, avec quatre à cinq marques en portefeuille. Le financement du stock comme celui des clients sera assuré avec CA Auto Bank, partenaire historique de GAC en Chine depuis 16 ans. À l’horizon 2030, GAC vise le top 5 des marques chinoises en France, au moins 3 % de part de marché, douze modèles et plus de 40 000 ventes annuelles.

Après-vente : sécuriser le réseau avant de monter en puissance

La brique SAV est déjà structurée. GAC propose une garantie de huit ans ou 160 000 km, portée à 200 000 km selon les versions, ainsi qu’une assistance pan-européenne de trois ans avec Allianz. Le constructeur s’appuie également sur MSX pour son plateau client et sur Dekra pour la formation des équipes commerciales et après-vente. La pièce constitue évidemment un point critique pour une marque nouvelle. GAC s’appuie sur son hub européen de Rotterdam aux Pays-Bas, affichant environ 95 % de taux de remplissage. Les pièces doivent être livrées au réseau en 48 heures, jusqu’à 72 heures dans les zones les plus éloignées. Chaque concession disposera également de stocks dits « intelligents », avec un socle minimum de pièces. « Notre priorité est de donner au réseau la capacité de réparer rapidement les véhicules pour ne pas les immobiliser trop longtemps. Nous travaillons avec des stocks adaptés à chaque concession pour sécuriser la disponibilité », explique Stefan Deschâtres, directeur après-vente France. Cette organisation pourra évoluer avec la montée en puissance du parc. « Plus le volume français progressera, plus nous pourrons faire évoluer notre dispositif logistique et envisager d’autres stocks centraux sur le territoire », poursuit-il. Pour accompagner le lancement, les 1 000 premiers clients bénéficieront par ailleurs de quatre années de maintenance complémentaire. Un dispositif qui doit contribuer à rassurer les premiers acheteurs, mais aussi à donner de la visibilité aux distributeurs sur l'après-vente et la fidélisation.

Deux électriques pour entrer par le prix

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gac modèles

Fondé en 1997 et présent dans plus de 110 pays, GAC accélère également à l’international : 172 000 véhicules exportés entre janvier et avril 2026, soit +136 % sur un an. Sa philosophie européenne tient en une formule : « En Europe pour l’Europe », avec un dispositif R&D réparti entre Guangzhou, Shanghai et Milan et plus de 8 500 ingénieurs issus de 15 pays. En France, GAC lance deux modèles sous sa marque électrique ION, avant l’arrivée de nouveaux véhicules en 2027 puis de modèles hybrides en 2028. 
•    L’ION UT, compacte de 4,27 m, développe 200 ch avec une batterie de 60 kWh. Son prix d’appel de 26 900 € la positionne 20 à 25 % sous les modèles comparables.
•    L’ION V, C-SUV de 4,60 m, vise davantage les longs trajets avec 75 kWh, 200 ch et une recharge rapide jusqu’à 180 kW. À partir de 35 999 €, elle revendique également un positionnement tarifaire inférieur de 15 à 20 % à celui de ses concurrents comparables.
Batterie LFP, cinq étoiles Euro NCAP, aides à la conduite de niveau 2, V2L, caméra 360° et haut niveau d’équipement complètent l’argumentaire. GAC mise clairement sur un rapport équipement/prix agressif, associé à huit ans de garantie. La marque entend également attaquer le marché professionnel dès le lancement : flottes de proximité, TPE-PME, professions libérales, mais aussi taxis et VTC, avec l’ION V comme produit d’appel. À partir de 2027, un label d’occasion doit enfin permettre de structurer le remarketing des véhicules arrivant en fin de contrat.

Le marché français comme accélérateur

GAC arrive dans un contexte que la marque estime particulièrement favorable à l’électrique. Selon les données présentées Cédric Lacour, les véhicules électriques représentaient 38 % des immatriculations de VN en France en août 2026, soit deux fois plus qu’un an auparavant. Plus de deux millions de Français roulent désormais en électrique. Ce dernier estime que la motorisation électrique pourrait représenter 70 % du marché en 2030, contre 25 % pour l’hybride. Autre argument avancé : un gain de pouvoir d’achat annuel de l’ordre de « 1 000 à 1 200 € pour l’automobiliste électrique par rapport à un véhicule essence ». Le constructeur chinois entend donc profiter de cette accélération pour installer progressivement son écosystème. Avec un objectif de plus de 40 000 véhicules par an en 2030, le produit a tout intérêt à séduire mais GAC a aussi compris que la réussite française passera surtout par la capacité à rendre son réseau rentable, son après-vente disponible et son parc suffisamment important pour alimenter durablement le VN, le service et, demain, le VO. 

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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