Delphi veut être le premier sur la pièce chinoise

, mis à jour le 13/10/2026 à 09h00
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Daniel Rochefort

Parce-que les constructeurs chinois alimentent le parc roulant européen avec leurs véhicules électriques – qui atterriront inévitablement en rechange indépendante - Delphi a dégainé sa stratégie First to Market : plus de 370 références déjà disponibles, 700 autres en développement, du diagnostic, de la formation et de la logistique. Une prise de position délibérée.

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Avec près d’un million de véhicules sur les routes européennes, le poids des marques BYD, MG, Omoda, Jaecoo ou encore Zeekr… atteint déjà 10 % du parc roulant (une part qui pourrait culminer à 12 % en 2029). Ces constructeurs peaufinent des stratégies pour attaquer le marché européen mais il leur faudra encore du temps avant de disposer de réseaux de réparation agréés bien implantés, notamment en France. Une aubaine pour le marché de la rechange indépendante, naturellement amené à jouer un rôle clé, « à condition d'être équipé pour y répondre ! », lance Daniel Rochefort, Country Director France & Benelux de Delphi. C’est bien cette perspective de développement en rechange que ne voulait pas manquer l’équipementier. Dans sa stratégie First to Market, il fallait être le premier équipementier à dégainer une offre complète pour les distributeurs et leurs réparateurs et éviter que l’après-vente ait plusieurs années de retard sur ce parc roulant. « Notre rôle est d’anticiper ces évolutions et d’accompagner nos clients puisque les marques chinoises sont déjà une réalité. Nous voulons être présents sur ces véhicules dès leur entrée en période de maintenance », indique Daniel Rochefort. Ainsi, plus de 25 % de ses références concernent désormais des applications chinoises. En 2025, le groupe a lancé 84 innovations, notamment sur des véhicules électriques, des applications de niche et des modèles issus de ces nouveaux constructeurs. En France, plus de 370 références sont déjà disponibles et plus de 700 sont en cours de développement. Freinage, direction et suspension constituent le socle de cette couverture, avec des applications pour des modèles comme la BYD Atto 3, la Dolphin ou la Seal, mais aussi les MG4, MG ZS et MG HS. 
Mais est-il financièrement rentable de stocker des références destinées à un parc encore jeune ? Delphi cherche à limiter ce risque grâce à une segmentation de sa gamme selon la taille du parc roulant. Les références sont ainsi classées en trois niveaux, selon qu’elles concernent plus de 100 000, 50 000 ou 30 000 véhicules en circulation. « Nous devons permettre à nos partenaires de savoir quelles références doivent être prioritaires et lesquelles peuvent être demandées à la demande », résume Daniel Rochefort. 

Du catalogue au diagnostic

L’équipementier s’appuie également sur ses propres dépôts logistiques en France. Une manière de fournir rapidement une pièce sans contraindre le distributeur à immobiliser immédiatement du stock sur une application émergente. La couverture ne s’arrête pas à la pièce. 
Ensuite, l’arrivée de nouveaux modèles électriques impose aux réparateurs de disposer des informations techniques et des outils nécessaires à leur prise en charge. Le diagnostic multimarque de Delphi intègre déjà plusieurs marques asiatiques, dont BYD, Maxus, MG... L’outil permet notamment d’intervenir sur les batteries 12 V, les circuits de refroidissement, les freins de stationnement électriques ou encore les procédures de réinitialisation. Les opérations ADAS, avec le calibrage dynamique des caméras et radars, ainsi que la géométrie, complètent le dispositif. Un enjeu qui devient particulièrement sensible avec la multiplication des passerelles de sécurité (Security Gateway), qui conditionnent l'accès à certaines fonctions électroniques des véhicules. « Pour Delphi, l’objectif est de proposer une chaîne cohérente entre identification de l’application, diagnostic et intervention », souligne Daniel Rochefort. Cette évolution technologique modifie naturellement les besoins en compétences. Les réparateurs indépendants doivent pouvoir intervenir sur des architectures électriques et électroniques qu’ils rencontrent encore peu dans leurs ateliers. Des programmes de formation et ses contenus techniques leur sont donc proposés, avec des modules consacrés notamment à la MG4, à la MG ZS ou à la BYD Dolphin. 

Les canaux se rapprochent

Enfin, cette « approche à 360° » répond aussi à l’évolution des profils de clients. Dans le viseur de Delphi, les flottes de taxis, VTC et loueurs, s’intéressant de plus en plus aux véhicules chinois. Leur logique de maîtrise du coût d’exploitation (TCO) les conduit à rechercher des solutions de maintenance au-delà des réseaux constructeurs. « Pour la rechange indépendante, ces utilisateurs professionnels peuvent constituer un premier relais de demande sur les pièces destinées à ces véhicules. Les frontières entre les différents canaux de distribution deviennent moins étanches. Nous devons être capables de répondre à un distributeur indépendant, à un réseau constructeur, à une flotte ou à un acteur du commerce électronique avec la même exigence de disponibilité et de support », conclut Daniel Rochefort. 

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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