Marc Siemssen (Meyle) : « Nous devons choisir avec précision l'emplacement de nos entrepôts »

, mis à jour le 06/01/2026 à 19h46
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PRZP 20 EQUIPEMENTIERS – MARC SIEMSSEN MEYLE

Le fabricant allemand de pièces mécaniques et électroniques pour l’après-vente indépendante poursuit sa dynamique de croissance, avec un déploiement logistique précis pour servir intelligemment son déploiement.

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Quel bilan tirez-vous des années 2024-2025 et quels sont vos objectifs pour 2026 ?

Marc Siemssen : Nous enregistrons une croissance à deux chiffres. Au cours des trois dernières années, nous étions sur la bonne voie, et cela se confirme en 2025. Nous avons maintenu avec succès les relations avec nos clients et réussi à en gagner de nouveaux, par exemple en France et aux États-Unis. Notre stratégie de localisation a été très efficace. 2026 s'annonce très prometteur car il existe encore un fort potentiel de croissance dans le monde entier. Nous implantons nos entités dans de nouveaux pays afin d'être plus proches de nos clients, de mieux comprendre leurs besoins et d'apporter des solutions à leurs problèmes. Cela passe par la création d'entrepôts, comme nous l'avons fait en Pologne, et là où nous estimons que cela est judicieux. Nous restons une entreprise familiale et nous devons choisir avec précision l'emplacement de nos entrepôts, car chacun d'entre eux représente un investissement important.

Comment anticipez-vous la performance annuelle globale du marché indépendant des pièces de rechange ?

M. S. : Je suis convaincu qu'il continuera à croître, avec des différences d'un pays à l'autre. Mais d'un point de vue politique, la situation est un peu floue et l'incertitude persiste quant à l'achat de voitures neuves. Les constructeurs sont toujours sous pression en Europe et luttent farouchement contre leurs homologues chinois. Les consommateurs continueront probablement à se tourner vers des voitures moins chères.

Prévoyez-vous des variations importantes entre les régions ?

M. S. : La politique douanière des États-Unis rend difficile toute prévision quant à l'évolution du marché. L'Inde est fortement touchée par les droits de douane. Le marché américain est également incertain : début 2025, la situation y était assez dramatique côté consommateurs même si, désormais, ils commencent à s'y faire. L'Amérique latine se porte très bien, les perspectives y sont bonnes. Quant à l'Europe, cela dépend : certains pays s'en sortent mieux que d'autres. Du côté de la Chine, les entreprises étrangères qui y sont implantées ont du mal à se maintenir sur le marché. Nous ressentons partout la guerre commerciale que se livrent Chine et États-Unis et nous constatons que les entreprises chinoises construisent des usines dans d'autres pays, comme en Thaïlande ou en Turquie. Je ne pense pas que les sociétés chinoises vont être affaiblies par la stratégie de l'Administration américaine. Elles commencent à trouver des solutions, même sur le marché des puces électroniques.

Qu'en est-il de l'Europe, qui semble plus déstabilisée ?

M. S. : En IAM, la Pologne et l'Allemagne sont stables, tout comme l'Espagne et le Portugal. J'ai confiance dans le marché français, la demande est là. Pour l'Italie, je ne suis pas sûr, nous avons un peu de mal là-bas car le marché est très fragmenté, avec beaucoup de petits distributeurs. Et pour parler de la Turquie, la situation économique y est très difficile et le marché le sera tout autant. Pour l'instant, c'est l'un des rares pays où nous ne connaissons pas de croissance.

Comment répondez-vous à la croissance du parc de véhicules chinois ?

M. S. : Nous devons nous familiariser avec leur technologie afin d'être en mesure de fournir des pièces pour leurs modèles également. Au final, il existe encore un fort potentiel pour l'IAM et Meyle en particulier. Nous étudions actuellement ce que nous pouvons faire concernant leurs plateformes de véhicules.

Les fournisseurs occidentaux de pièces automobiles sont-ils actuellement équipés pour faire face à cette concurrence potentielle ?

M. S. : Il n'est pas facile à cet égard de fournir des pièces pour les voitures chinoises, car pour l'instant les constructeurs chinois protègent autant que possible leurs données et font de leur mieux pour éviter la réglementation européenne. Mais le moment viendra où ils devront s'y conformer. À l'heure actuelle, la plupart des fabricants de pièces automobiles tardent à mettre des pièces sur le marché pour eux.

Pensez-vous que la Commission européenne cédera aux demandes de l’industrie automobile pour différer la fin de la production de véhicules thermiques prévue en 2035 ?

M. S. : Je pense que oui. L'Allemagne s'efforce de changer les choses et, au final, un compromis sera trouvé. Cette limite de 2035 devient de plus en plus irréaliste. Notre industrie doit accélérer le rythme pour rattraper la Chine. J'apprécie vraiment que d'autres technologies, comme l'hydrogène et les biocarburants, soient toujours soutenues par des entreprises comme Toyota ou BMW. Je ne suis pas favorable à l'idée de se concentrer uniquement sur les véhicules électriques à batterie (BEV). Je reste convaincu que notre industrie va se développer et qu'il existe encore de nombreuses opportunités de croissance pour le marché. Et du point de vue de la durabilité, je pense que le fait de maintenir les voitures existantes en état de marche est bon pour l'économie et l’environnement.

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PRZP 20 EQUIPMENTIERS – MEYLE FACTORY
Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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