Entre résilience et croissance
S’appuyant des chiffres de S&P Global Mobility, l’ACEA indique que le marché mondial des véhicules « commerciaux » (plus de 3,5 tonnes) a connu un recul de 0,9 % en 2024.
Un léger fléchissement après un bel exercice 2023. Et différentes projections anticipent une bonne dynamique sur les prochaines années. Les besoins croissants des économies régionales en matière de logistique – et tout particulièrement celle du dernier kilomètre –comme de nouvelles infrastructures associées à un contenu technologique toujours plus riche laissent en effet augurer un marché globalement haussier. Et donc, en aval, un besoin d’entretien croissant.
L’Asie centre du monde
Crédité de 42 % de part de marché, dont 24,3 % pour la Chine à elle seule, la plaque Asie-Pacifique est la zone qui apparaît aujourd’hui comme le plus gros débouché en matière de véhicules industriels. Entre une urbanisation en pleine explosion et d’immenses chantiers pour de nouvelles infrastructures (Chine et Inde notamment), une industrialisation rapide, une logistique en pleine croissance… les besoins sont énormes ! À noter : le taux de pénétration plus que significatif des véhicules électriques dans les ventes d’utilitaires et de poids lourds en Chine, estimé à 25%… Quant aux zones Asie du Sud et, dans une moindre mesure, Japon-Corée du Sud, elles ont reculé en 2024.
Plus mature, le marché nord-américain (États-Unis, Canada, Mexique) a fait mieux que se défendre, passant de 26,6 à 27,2 % du total des ventes entre 2023 et 2024. Dans ce marché dominé par les grandes flottes de transport, la logistique – tirée notamment par le e-commerce – a très favorablement orienté le marché. Les 3 800 concessionnaires ont immatriculé quelque 498 000 véhicules. Sur le premier semestre 2025, la région enregistre par ailleurs l’une des plus fortes progressions de ventes d’utilitaires (+ 10 %). Mais les segments supérieurs marquent clairement le pas ! Selon les données de l’American Truck Dealer (association des concessionnaires aux États-Unis), le marché de l’Oncle Sam, impacté par les droits de douane supplémentaires imposés par l’Administration, devrait voir les segments « medium » et « heavy » reculer de 10%. Le secteur du transport n’aime définitivement pas les cadres réglementaires changeants…
L’Europe freine devant la transition énergétique
Si les exercices 2023 et 2024 ont été synonymes de croissance sur le marché européen, avec respectivement 17,3 puis 18,2 % des ventes mondiales, l’année 2025 ne devrait pas suivre cette trajectoire ascendante : sur les neuf premiers mois de l’année, l’ACEA révèle que les volumes ont même dévissé de 8 % pour les fourgonnettes et de 10 % pour les camions… Le marché est grippé du fait du contexte économique et d’importants investissements demandés pour verdir les flottes. Car le cadre réglementaire s’est sévèrement durci ces dernières années. Et si Bruxelles a annoncé mi-décembre aux constructeurs automobiles plus de flexibilité (et de pragmatisme) dans la trajectoire de décarbonation imposée jusqu’ici, elle a également indiqué que le secteur des véhicules utilitaires et des poids lourds fera l’objet d’un réexamen. Jusqu’ici, hormis pour le transport de personnes ou des applications très ciblées, la demande pour les véhicules zéro émission ne décolle pas sur ces segments de véhicules. Les transporteurs optent encore très majoritairement pour le gaz ou le biodiesel…