Moyen-Orient : Supply chain en construction et digitalisation accélérée

, mis à jour le 28/01/2026 à 07h35
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AUTOMECHANIKA DUBAI.

Gagnant une importance croissante dans le flux logistique de la pièce de rechange, les marchés du Golfe (Conseil de coopération du Golfe réunissant Arabie saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Qatar) sont regardés de près par les équipementiers mondiaux. Car outre bénéficier d’un parc grandissant, ces pays sont des plaques tournantes d’où sont vendus d’importants volumes de pièces de rechange chez leurs voisins, en Afrique…

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Porté par un parc automobile en croissance rapide et par des conditions climatiques qui accélèrent l’usure des véhicules, le marché moyen-oriental de la pièce détachée s’impose comme un nouveau centre névralgique mondial. En 2024, la vente de pièces pesait 45,2 Md$ de CA et pourrait atteindre 70,4 Md$ en 2030, avec une croissance annuelle de 7,65 %. Dans le détail, le business porté par les acteurs IAM s’octroie 36,6 Md$ de ce total et vise les 52 Md€ d’ici cinq ans.

Demande stimulée par le climat et l’âge du parc

La région du Golfe bénéficie d’un parc en expansion, conséquence directe de l’essor démographique et du niveau de vie. Mais c’est surtout l’environnement – chaleur, poussière, contraintes mécaniques – qui entretient une forte demande en pièces d’usure. Résultat : une montée en puissance d’écosystèmes de distribution pour répondre à un marché où la maintenance est plus fréquente qu’ailleurs.

MOYEN-ORIENT en chiffres
Population : 212 millions source : Nexus IAMaga)
Parc VP roulant : 50 millions (estimation : OICA)
Véhicules pour 1 000 habitants : 190
Chiffre d’affaires aftermarket (pièces et main-d’œuvre) : 9,7 Md€ (source : Nexus IAMaga)

Le e-commerce au cœur du business

Autre tendance forte : l’émergence de plateformes multimarques de vente en ligne. Ainsi, à titre d’exemple, aux Émirats arabes unis (7,3 Md$ de CA pièces en 2024 et + 3,8 % de croissance prévue d’ici 2035), près de 70 % des ateliers et concessions utilisent désormais des plateformes numériques pour gérer commandes, relation client et interventions. Même tendance constatée en Arabie saoudite (marché de la pièce pesant 6,2 Md$ en 2024 et une croissance de 8 % par an jusqu’en 2033). Les grands acteurs misent sur la dématérialisation : gestion des stocks via l’IA, plateformes BtoB, entes multimarques en ligne.  Ainsi, l’entreprise pétrolière saoudienne Petromin, acteur depuis 2013 de l’entretien auto via 800 points de vente dans cinq pays de la région, a acquis la plateforme indienne SpareIt dédiée aux garages, aux fournisseurs et à la logistique en temps réel. La digitalisation devient clairement un passage obligé, portée par une clientèle connectée et par les besoins des flottes professionnelles.

Vers une industrie régionale intégrée

La rechange domine le marché saoudien, soutenue par l’âge croissant du parc, des prix compétitifs et une accessibilité renforcée grâce au commerce en ligne. L’ouverture du marché à de nouvelles marques comme le lancement du Chinois Kaiyi, accompagné par Motor FIX pour l’entretien et l’après-vente, confirme un intérêt croissant pour une structuration locale des services et de la distribution. Cette évolution s’accompagne d’un débat stratégique : comment bâtir un véritable pôle automobile au Moyen-Orient ? Sur Automechanika Dubaï, industriels, logisticiens et responsables publics ont insisté sur la nécessité d’harmoniser les certifications, renforcer la fabrication locale et développer des clusters régionaux capables de soutenir une supply chain encore en construction. Un préalable indispensable pour accroître la confiance dans les pièces produites ou remises à neuf sur place et réduire la dépendance aux importations. 

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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