2,3 % des véhicules gravement accidentés sur le marché VO

, mis à jour le 31/03/2026 à 12h08
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Porsche CarVertical

Une étude de carVertical révèle qu'en France, 37,8 % des véhicules d'occasion analysés présentent des antécédents de dommages. Plus préoccupant encore, 2,3 % affichent des dégâts équivalant à au moins 50 % de leur valeur marchande. Des voitures lourdement accidentées parfois réparées a minima et revendues après avoir franchi les frontières, posant des problèmes de sécurité et exposant les acheteurs à des frais de remise en état considérables.

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L'étude a été menée sur la base de rapports d'historique générés entre juillet 2024 et novembre 2025 et rappelle que les "épaves roulantes" restent une réalité sur marché de l'occasion. Sur l'ensemble des véhicules légers présentant des antécédents de dommages en France, 2,3 % affichent des dégâts représentant au moins la moitié de leur valeur marchande. Concrètement, pour un modèle d'entrée de gamme, cela peut représenter plusieurs milliers d'euros de réparations. Pour les marques premium, les montants grimpent à des dizaines de milliers d'euros. À l'inverse, 89,9 % des véhicules endommagés affichent des dommages inférieurs à 20 % de leur valeur, confirmant que la majorité des sinistres restent mineurs.

Le danger des épaves exportées, réparées et réimportées

Certains vendeurs privilégient des réparations à moindre coût avec des pièces de qualité inférieure, dissimulent l'historique réel du véhicule, puis le remettent rapidement sur le marché. Et exploitent en France la faille du classement VEI – véhicule économiquement irréparable – issu de la comparaison directe entre coût de réparation et valeur résiduelle à dire d’expert (VRADE). VEI n’implique certes pas toujours que le véhicule est techniquement irréparable ni même dangereux une fois réparer, mais « déclarer un véhicule en perte totale est [souvent] une décision liée à la sécurité. Certains professionnels les achètent aux enchères, effectuent des réparations minimales et les revendent à l'étranger. Sans vérification d'historique, les acheteurs risquent d'acquérir des véhicules qui ne seraient pas considérés comme aptes à circuler », rappelle Matas Buzelis, responsable business développement chez carVertical.

Ce trafic de véhicules déclarés épaves, notamment d'Europe de l'Ouest vers l'Europe de l'Est, s'inscrit dans une zone réglementaire floue. Il contribue aux 3,5 millions de véhicules qui "disparaissent" chaque année des registres européens. Certains continuent de rouler à l'étranger, d'autres sont démontés illégalement, leurs pièces de qualité variable servant à réparer d'autres voitures à moindre coût. Pour remédier à cette situation, de nouvelles réglementations européennes sont en préparation et prévoient d'interconnecter les systèmes nationaux d'immatriculation afin d'améliorer la traçabilité.

Importantes disparités en Europe

La proportion de véhicules lourdement endommagés varie fortement en Europe selon carVertical. Les taux les plus élevés de voitures présentant des dégâts supérieurs à 50 % de leur valeur ont été enregistrés en Italie (7,8 %), en Allemagne (7,7 %), en Suède (5,8 %) et en Espagne (4,5 %). L'Allemagne affiche également la plus faible part de véhicules présentant des dommages mineurs (jusqu'à 20 % de la valeur), avec seulement 68 %, contre 77,2 % en Italie, 80 % en Suède et 83,2 % en Espagne. Ces pays figurant parmi les principaux exportateurs automobiles européens.

Contrairement aux idées reçues, les véhicules importés d'Allemagne ou d'Europe occidentale ne sont pas nécessairement irréprochables. « Il n'existe pas de système européen unifié permettant de suivre l'historique des véhicules au-delà des frontières. Les rapports d'historique permettent de pallier ce manque en retraçant le parcours d'une voiture depuis sa mise en circulation. Toutefois, même en l'absence d'alerte, nous recommandons toujours un essai routier et un contrôle par un professionnel avant de conclure la transaction », rappelle Matas Buzelis.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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