Brésil : de nouvelles tendances, en attendant la consolidation...
Ça bouge sur le marché brésilien ! De nombreux voyants sont au vert : une économie solide, avec un PIB en croissance de 2,4 % attendus cette année et un taux de chômage en baisse...
Ce n’est certes pas sans exercer de pression sur les salaires, engendrant une inflation estimée à 4,5 % sur 2025 et qui constitue le principal problème du pays avec des taux de refinancement qui atteignent des sommets (12 %, contre 2,25 % en Europe) !
Sur le marché VN la croissance ralentit après deux exercices à plus de 12,5 % : 2025 devrait terminer à +5 % ‘seulement’, soit 2,5 millions d’immatriculations. Une croissance d’ailleurs tirée par les ventes de véhicules électriques et hybrides qui représentent 10,5 % des ventes aujourd’hui ! Lorsque les véhicules à moteur thermique ont progressé de 30 000 unités environ par rapport à l’année précédente, ces nouvelles technologies ont bondi de 90 000 immatriculations supplémentaires ! Un effet ‘nouveauté’ – concentré dans les grandes agglomérations - dans un marché encore très largement dominé par le bioéthanol (75 % du parc). Surtout, l’arrivée de ces nouvelles technologies dans les immatriculations coïncident avec les premiers pas des marques chinoises sur le marché brésilien : « l’essentiel de ces immatriculations s’est fait avec des modèles chinois ; de quatre marques l’année dernière, ils sont aujourd’hui 10 et représentaient déjà à cette époque 4% des immatriculations », souligne Laurent Guerinaud, directeur de Gipa Brésil…
Vers une « jurisprudence » DPK ?
DPK, Comolatti, Fortbras (une entreprise qui monte actuellement avec plus de 250 magasins répartis dans une vingtaine d’Etats du pays)… Si certains champions émergent dans le paysage de la distribution indépendante, qui s’arroge toujours environ 80 % environ du marché de l’après-vente, pas de quoi pour autant prétendre à une couverture nationale de ce gigantesque marché. Autre problème pointé du doigt par Laurent Guérinaud : ces acteurs peinent pour l’heure à proposer un catalogue complet et nombreux sont les professionnels de la maintenance à jongler entre plusieurs distributeurs ! En face, les représentants de marques tentent de fidéliser toujours un peu plus les clients, mais le maillage de 3700 concessionnaires dans le pays pèse peu face aux plus de 100 000 points de service indépendants ! Et les réseaux multimarques, peu nombreux, ne sont pas encore suffisamment visibles sur le marché, comme les Bosch Car Service, DPaschoal (DPK – Stellantis), ou ACDelco, un réseau de centres-auto lancé en 2023 et issus du programme multimarque éponyme de General Motors.
Toutefois, l’acquisition de DPK par Stellantis début 2024 est apparue comme un premier coup de semonce pour la concurrence dans la course à la concentration du marché. « On sent une certaine effervescence de la rechange automobile au Brésil, avec un focus particulier mis sur la donnée et, plus largement, un secteur qui se professionnalise. Ce marché, jusqu’ici atomisé avec une multitude de petits distributeurs pourrait changer… d’ailleurs, le géant américain AutoZone (NdlR : 7 :700 magasins dans le monde) a fait son entrée sur le marché l’année dernière ! », précise le directeur Gipa Brésil.
MDD et pièces d’occasion émergent
Le secteur de l’après-vente automobile se porte bien au Brésil avec une croissance en volume comprise dans une fourchette de 2 à 6% (NdlR : les projections sont réalisées en volume et non en valeur du fait d’une grande volatilité des prix d’un acteur à l’autre, les projections actuelles étant ainsi comprises entre 6 et 17 %). Le parc roulant, composé de 55 M de véhicules (VP et VU), vieillit… ce qui amène de nouvelles offres sur le marché. C’est notamment le cas des marques privées, à l’image d’Authomix, marque en propre de pièces détachées du distributeur Comolatti. Bien qu’existant depuis 20 ans, celle-ci se rend de plus en plus visible. En parallèle de son offre Mopar/Eurorepar, Stellantis a de son côté lancé une offre de pièces remanufacturée et a dans le même temps investi dans la pièce d’occasion avec un site de déconstruction, « une vraie nouveauté, car ce type d’offre n’existait quasiment pas au Brésil, mais ces initiatives sur l’économie circulaire sont désormais soutenues par le gouvernement », souligne Laurent Gérinaud. En l’espèce, une offre qui rencontre une demande croissante, portée par un parc dont l’âge moyen a passé le cap des 10 ans.