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Le monde du TRM inquiet de la flambée des prix du carburant

, mis à jour le 11/03/2026 à 11h52
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Alors que le moral des chefs d’entreprise du transport routier de marchandises n’est déjà pas au plus haut, faute de reprise de la demande, le récent conflit au Moyen-Orient entraîne une incontrôlable envolée des prix du pétrole et, en aval, des prix des carburants. De quoi définitivement mettre à mal des trésoreries déjà fragilisées par le contexte économique peu porteur…

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La flambée des prix du carburant liée au conflit au Moyen-Orient se fait déjà sentir, avec une hausse de 30 % des prix à la pompe en une semaine. Les organisations professionnelles du TRM sont pleinement mobilisées. Car « la colère monte dans les entreprises de transport », alerte la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR). Une colère autant liée à la hausse du coût du gazole professionnel qui augmente mécaniquement les coûts d’exploitation des transporteurs, que « l’incertitude liée à leur approvisionnement », a précisé sa déléguée générale, Florence Berthelot, lundi dernier sur franceinfo.
Afin de limiter cette augmentation, la Fédération nationale des transporteurs routiers exige du ministère de l'Économie des contrôles « pour éviter toute dérive » et ce, alors que « les trésoreries sont très tendues ». Si elle ne se veut pas alarmiste, la FNTR avertit toutefois par la voix de sa déléguée générale : il est impératif que les entreprises de transport puissent continuer à rouler car, « si nous nous arrêtons, tout s'arrête ». Interrogée sur l’hypothèse d’aides du gouvernement, « il faut passer le cap », estime-t-elle, alors qu'« il reste trois semaines de trésorerie » aux entreprises…

« Écarts incompréhensifs et inacceptables »

Une prise de position identique adoptée le lendemain par l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE), qui appelle elle aussi dans un communiqué à des mesures urgentes de soutien au secteur. S’appuyant sur un communiqué diffusé la veille par le Comité National Routier (CNR), l’organisation professionnelle rappelle que la première semaine du mois de mars a été marquée par une hausse du prix du gazole professionnel comprise entre 18 et 21,4 % ! « Dans un secteur où le carburant représente une part essentielle des charges, cette hausse brutale met directement en péril l’équilibre financier de nombreuses entreprises, en particulier les PME et les TPE », souligne l’OTRE. Elle demande ainsi aux pouvoirs publics des mesures concrètes et immédiates, notamment un soutien sans délai aux trésoreries des entreprises, le déplafonnement des encours afin de leur permettre d’absorber l’augmentation des charges carburant, ainsi que l’instauration d’une clause temporaire de répercussion mensuelle des variations du prix du carburant dans les contrats publics comme privés. L’OTRE demande enfin au ministère de l’Économie de garantir et de prioriser les livraisons aux professionnels du transport, et « aux pétroliers un équilibre des prix entre ceux pratiqués en station et ceux pratiqués à la cuve, là où aujourd’hui il est constaté des écarts significatifs autant incompréhensibles qu’inacceptables ».

Les fédérations entendues par le gouvernement

« La guerre ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe », écrivait dès dimanche 8 mars le Premier ministre Sébastien Lecornu sur son compte X. Et d’annoncer dans la foulée quelque 500 contrôles entre lundi 9 et mercredi 10 mars afin de vérifier les prix dans des stations-service par la DGCCRF, « soit l’équivalent d’un semestre complet du plan de contrôle habituel », est-il précisé dans ce post. Lundi, déjà près de la moitié – soit 231 stations-service – avaient déjà été réalisés. Mardi 10 mars, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, a déclaré sur France 2 : « Nous avons observé environ 15 %, 16 % d'anomalies .» Durant cette première journée, 6 % des stations-service ont été sanctionnées sur 231 contrôlées.

Jérémie, avec 20 ans d’expérience, suit chez Zepros Auto les réseaux multimarque et véhicule industriel, décryptant mutations, enjeux technos et transition énergétique du secteur automobile.
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