Coup de pompe pour les stations-service
Signal d’alarme actionné par la FNA comme Mobilians concernant les entreprises de distribution de carburant, victimes expiatoires de la flambée des prix générée par la guerre au Moyen-Orient.
5 % des 170 stations-service interrogées dans le cadre d’une enquête menée par Mobilians ont été contraintes de stopper temporairement la distribution de carburants sur la première semaine d’avril. C’était 1 % sur la dernière semaine de mars ! En cause selon les exploitants : des niveaux de prix jugés trop élevés, incompatibles avec leur positionnement commercial, et des difficultés de trésorerie liées à l’augmentation du besoin en fonds de roulement. La situation révèle également une polarisation du secteur entre les stations bénéficiant de dispositifs de prix bloqués et celles ne disposant pas de ce levier tarifaire, avec à la clé de 15 à 40 % de pertes de volume de vente. De quoi fragiliser encore plus un secteur qui présentait déjà un risque structurel de disparition de près de 1 500 stations d’ici 2035, rappelle l’organisation.
Fiscalité protégée
De son côté, la FNA dénonce les mesures de plafonnement des marges des stations-service et la mise en place d’un dispositif de signalement des stations jugées "trop chères" par le gouvernement. « La formation des prix des carburants est pourtant bien connue : près de 60 % du prix à la pompe correspond à la fiscalité, tandis que la marge des stations-service se limite à 1 à 5 centimes par litre », martèle la FNA, qui a récemment engagé, avec l’association 40 millions d’automobilistes, une démarche de transparence envers les consommateurs. « On s’attaque à quelques centimes, mais on évite soigneusement les dizaines de centimes de taxes empochées par l’État. Or, c’est bien là que se situe le principal levier pour agir efficacement sur le prix des carburants », martèle Jacques Vaysse, président de la branche Carburant de la FNA.