La résilience des entreprises auto mise à l’épreuve

, mis à jour le 28/09/2026 à 15h22
Image
DÉFAILLANCES AUTO 2010-2026 BPCE

Une croissance du PIB contractée à 0,5 % au T2, un besoin de financement des trésoreries accru dans un contexte de taux d’intérêt et d’une demande grippée. Dans ce contexte tendu, le secteur « commerce et réparation » auto décroche. Selon le dernier baromètre de BPCE L’Observatoire, cette dégradation entraîne un niveau de défaillances inédit depuis 2010.
 

Partager sur

Prises entre la chute des ventes de véhicules neufs et le recul du kilométrage moyen lié au coût des carburants, les TPE et PME de l'auto subissent de plein fouet la conjoncture. Amorcée en 2024 et accentuée en 2025, la hausse des défaillances atteint +5 % dans le secteur (après +4 % l'an passé), dépassant la moyenne nationale tous secteurs confondus (+2 %). Surtout, sur huit mois, BPCE L’Observatoire recense 3 077 défaillances pour les entreprises du commerce (1 808) et de la réparation (1 269), soit près de 300 de plus que pour l’ensemble de l’année 2025. 

Ateliers et concessions : des dynamiques contrastées

Si les ateliers d’entretien-réparation résistaient historiquement mieux que les concessionnaires, ils accusent le coup au premier semestre 2026. Moins nombreux mais plus impactés les ateliers affichent globalement moins de structures fragiles que la vente (1 269 ateliers contre 1 808 concessions), les défaillances d'ateliers bondissent de +6,3 % (par rapport aux 8 premiers mois de 2024), contre +4,5 % pour les concessions. Rappelons que la France compte environ dix fois plus d'ateliers que de concessions. 

Contraste également selon la taille. Les structures non-employeuses et unipersonnelles résistent mieux dans la réparation, tandis que les ateliers avec salariés voient leurs défaillances grimper de 10 % par rapport au S1 2025 (693 entreprises).  À l'inverse, les entreprises individuelles du commerce auto sont plus touchées (marchands VO, mandataires), alors que les structures commerciales employeuses reculent à 759 défaillances (-2 % vs S1 2025). Au total, 1 452 structures employeuses du secteur auto se sont déclarées en difficulté, soit une hausse de +3,2 %. 

Défaillances tous secteurs confondus

Image
NOMBRE DÉFAILLANCES 2014 à 2026 BPCE
Image
TAUX DE DÉFAILLANCES PAR TAILLE S1 2026 BPCE L'OBSERVATOIRE

Quand les créations compensent les défaillances

Le secteur automobile figure parmi les plus touchés aux côtés de l'immobilier, du commerce général et du transport routier de marchandises (TRM). Sur douze mois glissants, l'ensemble des TPE-PME françaises enregistre une hausse globale de +2 % des défaillances, frôlant le cap des 70 000. « En début d’année, le niveau des défaillances s’infléchissait. Nous ne pensions donc pas que ce seuil des 70 000 serait atteint. Mais l’accentuation des tensions géopolitiques et économiques (hausse des coûts, baisse de la consommation) a largement modifié la donne », explique Julien Laugier, économiste du Groupe BPCE. Toutes les typologies d'entreprises sont concernées. Ainsi, les structures sans salarié affichent une hausse des défaillances de +5 % sur un an, tandis que les TPE, PME et ETI connaissent une quasi-stabilité (entre -1 % et +1 %). Cependant, si le tissu économique est sous tension, il est en partie compensé par les créations. Car le dynamisme entrepreneurial ne faiblit pas et permet de compenser en partie ces fermetures. Entre août 2025 et août 2026, 1,25 million de créations d’entreprises ont été répertoriées (+11 % sur douze mois). Cette dynamique est portée par les microentreprises (+14 %), les sociétés (+7 %)  et les entreprises individuelles (+4 %).

Cap sur les 71 000 défaillances

La dégradation devrait se poursuivre au cours des prochains mois. BPCE L’Observatoire a donc révisé ses prévisions à la hausse, tablant désormais sur 71 000 défaillances sur l'ensemble de l'année 2026, contre 69 000 anticipées initialement. Car, a rappelé José Bardaji, directeur Études et Perspective du Groupe BPCE, « la hausse de l’inflation énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient a détérioré les termes de l’échange et les conditions financières, tout en pesant sur l’activité, donc sur la demande adressée aux entreprises. La croissance française est désormais attendue à 0,4 % sur l’année contre 1,0 % en début d’année ». 

Reste que la fin des remboursements de PGE en 2026 pourrait donner un second souffle aux entreprises en 2027.

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire