S. Antiglio, J. de Brabant (PHE) : « En 2025, PHE a réalisé cinq acquisitions et est entrée en Irlande »
Extension des positions sur les territoires déjà investis, reprise de conquête de nouveaux territoires et jolie performance sur 2025 : le groupe français filiale du Belge D’Ieteren Group continue de performer sur un marché européen pourtant tendu.
Quel atterrissage prévoyez-vous pour 2025 ?
Stéphane Antiglio : Nous devrions atteindre une croissance autour de +5% en ligne avec les 5,2% enregistrés au 1er semestre et un 2nd semestre qui semble suivre la même voie, car nous n’avons pas connu de revers particuliers au deuxième semestre. Les marchés sur lesquels nous sommes actifs ont continué de performer. Avec un marché européen contrasté selon les pays. Nous avons la chance d'être bien positionnés sur des pays d'Europe du Sud performent mieux économiquement, avec de bonnes performances en Italie et en Espagne. En revanche, en France et au Benelux, les incertitudes sont nombreuses sur le plan politique comme économique.
Jeremy de Brabant : Cela a très logiquement eu des répercussions sur ces marchés. À cause de cette instabilité, il y a moins d’investissements. Et enfin, l’Irlande, marché sur lequel nous sommes entrés cette année, bénéficie de stabilité et d’une économie qui se porte bien… et donc notre position est bonne.
Est-ce l’international qui a porté votre croissance 2025 ?
J.de.B. : Nos acquisitions représentent évidemment un chiffre d’affaires additionnel. Mais surtout, nous dotons ces entreprises rachetées de moyens leur permettant d’accélérer leur croissance. Nos activités sont tournées vers la croissance organique et le gain de parts de marché.
Avez-vous complété votre maillage européen sur 2025 ?
S.A. : Nous avons réalisé deux acquisitions en Espagne (AD Freco Parts et Auto Recambios Francisco Cerda) et deux au Benelux (Autolux et Thijsen Autoparts). Nous avons également étendu notre empreinte européenne sur la République d’Irlande avec le rachat de Top Part. Nous n’avions pas inscrit ce pays dans nos plans mais c’était une fantastique opportunité d’investir dans cette belle entreprise. Outre une position forte sur son marché, Top Part partage avec nous une culture très opérationnelle, centrée sur le client et sur la motivation des équipes. Pour chaque acquisition, nous visons à conserver cette dynamique entrepreneuriale. Ces caractéristiques sont déterminantes pour nous encourager ou nous dissuader d’investir dans une entreprise.
J.de.B. : Si ce rachat en Irlande a bien été affaire d’opportunité, notre approche en matière d’acquisitions s’inscrit dans une vision de long-terme. Lorsque nous entrons dans un pays, nous voulons avoir la capacité d’être un acteur majeur et de nous comparer de se comparer rapidement aux leaders nationaux. Sur chacun de nos marchés, il y a encore de la place pour de la consolidation.
Comment anticipez-vous le marché pour PHE en 2026 ?
S.A. : 2026 sera difficile sur un marché de l’Europe de l’Ouest qui devrait rester plus ou moins stable, mais avec des disparités selon les pays. L'Italie, l'Espagne et l’Irlande devraient rester dynamiques. Tandis que la France (1er marché de PHE) et le Benelux vont rester dans des cycles bas, du fait de l’instabilité politique et d’une économie qui se cherche un peu. Dans ce contexte, pour alimenter notre croissance sur 2026, nous ne comptons que sur nos propres forces, nos équipes et notre capacité de gains de part de marché.
Une Europe géopolitiquement déstabilisée, l’offensive américaine avec les “taxes Trump” : cela vous impacte-t-il ?
J.de.B. : En tant que distributeurs, nous ne ressentons pas directement les effets des mesures américaines. Cependant, les équipementiers devraient être impactés. Nous sommes donc très attentifs à la façon dont les nos partenaires équipementiers absorbent ces crises. En revanche, l'évolution des parcs automobiles vers plus de véhicules d’origine asiatique, chinois en particulier, va avoir un impact sur nos assortiments, nos stocks et nos chaînes d'approvisionnement. Nous avons la chance de travailler avec des équipementiers qui se préparent bien à ces évolutions du parc. La clé est la proximité avec nos fournisseurs qui doit nous permettre de réagir et ainsi d’éviter les possibles ruptures dans notre service.
Vous préparez vous à l’offensive des constructeurs chinois ?
J.de.B. : De toute évidence les Chinois se sont armés, et l’Europe les y a aidé, pour prendre des parts de marché significatives et s’implanter durablement sur le parc automobile européen. Pour nous distributeurs, cela implique d’adapter nos assortiments pour répondre à la demande sur du BYD, XPeng, MG… Identification des pièces, cataloging, pricing... la tâche n’est pas simple, mais nous sommes habitués à adapter nos collections aux nouveaux modèles qui arrivent tous les ans sur le parc. Nous devrons sans doute enrichir notre catalogue, aussi avec d’autres fournisseurs, pour conserver une bonne couverture du parc.