Autocraft prêt à débarquer en France avec ses ateliers Revive
Le spécialiste britannique de la réparation et du reconditionnement de batteries pour véhicules électriques vise une ouverture dans l'Hexagone d'ici fin 2028 ou début 2029. La France figure parmi ses marchés « prioritaires ». Le groupe attend toutefois de voir monter les volumes à traiter avant de s'y installer durablement
C'est l'année Autocraft Solutions Group. En septembre, sa démarche d'offrir une seconde vie des batteries a décroché le Green Award 2026 au salon Automechanika de Francfort. Le groupe annonce maintenant sa possible arrivée sur le sol français. Il veut accélérer son développement européen sur un créneau devenu central pour l'après-vente : la prise en charge des batteries haute tension en fin de vie ou défaillantes. La logique de circularité plaide pour un traitement local.
Les opérations destinées au marché français sont actuellement pilotées depuis le site d'Arnhem, aux Pays-Bas. Un ancrage local se dessine. Le projet d'atelier fixe en France reste conditionné à des volumes suffisants. Des discussions sont déjà engagées avec plusieurs grands réseaux de garages français et avec des constructeurs.
Réparer au juste nécessaire plutôt que remplacer
« Nous devons prendre conscience qu’un modèle fondé sur le remplacement et le recyclage systématique n'est pas durable. À mesure que le parc de véhicules électriques augmente, le nombre de défaillances de batteries progressera également. Pourtant, la plupart des batteries peuvent retrouver un niveau de performance optimal, ce qui fait de la réparation la solution la plus logique », plaide Mike Hague-Morgan, directeur exécutif et co-propriétaire d'Autocraft Solutions Group.
Le prestataire défend une approche simple : ne pas remplacer ni recycler systématiquement un pack complet quand la panne est localisée. D'après les données traitées par le groupe, la majorité des défaillances ne touchent qu'une cellule ou un module. En changeant uniquement les composants défectueux, la batterie retrouve plus de 90 % de ses performances d'origine.
Pour cibler précisément la panne, le groupe s'appuie sur OptEVizer®, sa plateforme propriétaire. Elle soumet la batterie à des tests actifs et mobilise un jumeau numérique. Le gain n'est pas seulement économique. Selon Autocraft, réparer une batterie de 82,5 kWh évite l'émission de près de 12 tonnes de CO2 par rapport à un remplacement à neuf.
Cap vers l'éco-conception
Prochaine étape : l'éco-conception car pour Mike Hague-Morgan, directeur exécutif d'Autocraft Solutions Group, la réparation ne suffira pas. Le secteur doit désormais s'attaquer à la conception des futures générations de batteries et à leur réparabilité native. L'enjeu : éviter qu'un modèle d'échange standard ne se généralise, au moment où les volumes de pannes vont fortement progresser.