Le SEAI, nouveau syndicat d’experts indépendants des donneurs d’ordres

Romain Thirion
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Lassés du manque de représentation des experts sans lien contractuel ou conventionnel avec les assureurs et les mutuelles, plusieurs pros de l’expertise viennent de lancer une nouvelle organisation professionnelle : le Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI). Le bureau, déjà constitué, comprend notamment Karim Megrous, Wilfried Reinermann, Sylvain Pecqueur, Luc Bayetto et Florian Mourgues, tous fervents défenseurs d’une non-dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordres et défenseurs du service auprès des particuliers et des professionnels de l’automobile.
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Parce que «la liberté n’est rien d’autre que la chance de devenir meilleur», selon Albert Camus, dont la citation est reprise sur le site internet du nouveau syndicat, les fondateurs du SEAI (Syndicat des experts automobile indépendants) n’ont pas trouvé mieux qu’une toute nouvelle organisation professionnelle pour défendre l’indépendance de l’expertise automobile par rapport aux contrats et conventions que trop d’experts signent avec des compagnies et mutuelles d’assurance. Le projet date d’il y a déjà quelques mois mais la structure est désormais campée et le bureau nommé.Florian Mourgues, expert en Auvergne, en assume la présidence ; Wilfried Reinermann, expert dans l’Oise et en Île-de-France, en est le secrétaire général ; Luc Bayetto, expert en Rhône-Alpes, exerce les fonctions de secrétaire ; Sylvain Pecqueur, expert en Nord-Picardie, a en charge la trésorerie ; et Karim Megrous, expert en P.A.C.A, assume le rôle de conseiller technique. Tous les cinq ont érigé l’indépendance stricte par rapport aux donneurs d’ordres en impératif pour tous les adhérents et futurs adhérents de ce nouveau syndicat, comme le signale d’emblée la page d’accueil de son site Internet et surtout de leur toute première lettre d’information (voir l’image ci-dessus).
Les adhésions sont lancées
«Les statuts ont été déposés en mairie de Clermont-Ferrand, siège du SEAI, ce qui nous permet enfin de communiquer, explique Florian Mourgues. Nous avons déjà reçu des demandes formelles d’adhésion depuis la diffusion de notre lettre d’information. Je dois en rencontrer prochainement à Clermont également.» La fameuse lettre a été accompagnée, dans les e-mails transmis aux experts en automobile de France, d’un bulletin d’adhésion stipulant deux conditions pour devenir adhérent. Pour les patrons de cabinet comme pour leurs experts salariés, aucune adhésion pour l’année 2016 à un autre syndicat représentant la profession d’expert en automobile.Les patrons doivent également se soumettre à l’exigence de ne pas réaliser d’expertise pour les assureurs. Moyennant une cotisation de 150 euros, les experts en automobile lassés de la tutelle économique des assureurs, à laquelle s’est trop facilement abandonnée la profession depuis plusieurs décennies, peuvent donc rejoindre un syndicat composé de défenseurs confirmés de la non-compromission avec les donneurs d’ordres. Ni contrat “d’agrément”, ni convention commerciale écrite ou tacite avec quelque assureur ou mutuelle que ce soit chez les membres du bureau, qui entendent donner l’exemple et fixent les règles.
Au service de l’automobiliste
«Il faut couper court à l’idée, trop répandue auprès des consommateurs comme des pros, que l’expert travaille pour l’assureur, insiste Florian Mourgues. Nous ne voulons pas que le métier tombe dans le schéma qui précipite aujourd’hui l’écrasement des filières d’élevage bovin ou porcin, où l’industrie agro-alimentaire a tellement compressé les prix que cela menace leur survie.» Selon les propres mots de la lettre, le SEAI «assure à ses membres la représentation d’une indépendance voulue et retrouvée, tout en étant le garant du chiffrage du préjudice, et rien que du préjudice, dans  le respect des demandes légitimes de tous les acteurs ».Le SEAI entend se montrer «garant des bonnes pratiques», à en croire son président. Au premier rang desquels le strict respect de la sécurité routière et des conditions optimales de sécurité des véhicules suivis. La déontologie, aussi, avec une charte établie. Ainsi que la pratique du recours direct, dont les experts adhérents devront avoir connaissance et surtout l’accepter entièrement. La lettre d’information le stipule d’ailleurs noir sur blanc : le syndicat «privilégie aujourd’hui, et plus que jamais, la stricte application du recours direct à la suite d’un accident de la circulation non responsable». Point de joue tendue aux diktats des conventions IRSA d’indemnisation inter-assurances, donc. Et pour ce faire, le SEAI peut s’appuyer sur de nombreuses décisions de justice positives en la matière obtenues par ses fondateurs.
Dialogue avec les Pouvoirs publics
«Nous allons nous rapprocher des syndicats de réparateurs et de professionnels des services de l’automobile dans leur ensemble, et apporter notre conseil s’ils le souhaitent, précise Florian Mourgues. Mais ce, sans complaisance et avec neutralité et intégrité.» Bien sûr, en tant que syndicat d’une profession certifiée par l’Etat et sous tutelle du ministère de l’Intérieur –et non du ministère de l’Economie dont dépendent assureurs et mutuelles– le SEAI vise les 8% de représentativité exigés par la loi pour le 1er janvier 2017 et une place à la Commission nationale de l’expertise automobile, la fameuse CNEA, dont la remise sur pied est gelée depuis de trop nombreuses années. Histoire d’y porter haut et fort les intérêts de l’expertise indépendante.L’indépendance et la proximité avec les Pouvoirs publics, le SEAI entend la cultiver également au niveau de la formation, puisque c’est systématiquement auprès de l’INSERR, seul organisme national de formation spécifiquement dédié à la Sécurité Routière, que le syndicat orientera ses adhérents pour ce qui est de la formation aux procédures VE (véhicule endommagé).
Romain Thirion
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