Expertise – Le CNPA prône le libre choix… de l’expert

Jérémie Morvan
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Hier, Yves Levaillant, président de la branche Carrosserie du CNPA, a annoncé que l’organisation professionnelle étudiait la possibilité d’inscrire dans la loi le libre choix de l'expert par l’assuré automobiliste…
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C’est à une petite révolution que pense actuellement le Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) : remettre en cause le fait que les experts sont missionnés par l’assureur. Et inscrire dans la loi le droit pour l’assuré automobiliste non responsable d’un sinistre de choisir lui-même l’expert en charge de son dossier en lieu et place de l’assurance. Un peu (beaucoup) à l’image du libre choix du réparateur…
Libérer l'expert
«Il est quand même plus qu’étonnant de voir que, dans les faits, l’automobiliste n’a pas la main sur le déroulé du process de gestion de son sinistre : c’est en effet l’assurance de l’automobiliste responsable qui va missionner un expert pour chiffrer le montant des réparations, explique Yves Riou, responsable du pôle contrôle, maintenance et réparation au sein du CNPA. Un expert qui, trop heureux d’obtenir un ordre de mission, ne peut qu’aller dans le sens du donneur d’ordre puisque "lié" économiquement. Où est l’équité dans ce système où l’assureur est à la fois juge et partie ?»Aussi, le CNPA a d’ores et déjà tracé les grandes lignes de ce qui pourrait devenir le schéma futur suite à un sinistre non responsable. L’automobiliste se rend sur un site internet reprenant les experts inscrits sur le répertoire national afin de trouver en local un cabinet qu’il missionnera lui-même pour traiter son dossier.
Une logique gagnant-gagnant-gagnant
Selon Ouaïba Sardi, secrétaire générale de la branche Carrosserie au CNPA, ce changement radical du schéma n’apporterait que des bénéfices. Pour le tandem carrossier-expert, la relation s’opérerait en effet  réellement et sainement sur la base du contradictoire. L'expert pourrait faire son métier en toute indépendance puisqu’il ne serait plus inféodé économiquement à un quelconque "scoring" (NdlR : système de notation) du donneur d’ordre, tandis que le carrossier soucieux de son obligation de garantie, pourrait travailler dans les règles de l’art au juste prix. Et ce, non seulement au bénéfice final de l’assuré qui se verrait ainsi replacé dans la situation ante-accident, mais aussi plus largement à celui de la sécurité routière.«Pour l’heure, nous nous sommes juste rapprochés des experts afin de leur faire part de notre position, ajoute Yves Levaillant. Et ils ne sont visiblement pas très favorables à un tel changement.» Si l’organisation professionnelle n’entend pas passer en force et faire immédiatement du lobbying auprès du législateur, le président de la branche carrosserie souhaite en tout cas que le dossier avance. Et vite : «j’espère obtenir des avancées sur ce dossier avant la fin de cette année»…
Jérémie Morvan
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