Automechanika Francfort 2026 : hybridation entre innovation et réseautage
S’il n’est pas question de renier sa mission de vitrine internationale de la technologie auto au service de l’aftermarket, l’édition 2026 du salon de Francfort (du 8 au 12 septembre 2026) se réinvente pour favoriser les échanges et attirer toujours plus de décideurs.
« Nous avons imaginé un environnement où les visiteurs souhaitent venir mais aussi rester », explique Olaf Mußhoff, directeur d’Automechanika Frankfurt. Pas de grande révolution structurelle pour l’organisation des espaces pièces de rechange et équipements de garage sur les 30 000 m2 de salon qui se déroulera du 8 au 12 septembre, mais un virage « plus émotionnel » dépassant la seule transaction commerciale inhérente à ce type de salon pour favoriser les interactions durables en phase avec les aspirations du moment. Plus de ludique donc avec le "Automechanika Pit Lane", une voie de 200 mètres consacrée aux voitures de course, animations et démonstrations, un nouvel espace outdoor "Experience Park" de démonstrations de monsters trucks…, le "Future Mobility Park" pour des essais de véhicules aux motorisations alternatives (électriques…) et enfin le "Classic Car Network", nouveau rendez-vous consacré aux véhicules de collection. La Gen’Z aura également son espace "Ambition" qui, outre être plus ludique ( e-sport, masterclasses, rencontres avec des influenceurs..), insistera sur le recrutement via des rencontres avec des entreprises.
Incontournables innovations
Au menu des nouveautés 2026, bien sûr la technologie. Le salon va mettre le focus sur le "Software Defined Vehicle" dont les enjeux liés aux systèmes ADAS, à la cybersécurité, à la gestion des données et les implications pour les ateliers seront décortiqués dans le cadre du nouveau forum "HighTech4Mobility". « L'aftermarket ne peut pas attendre pour comprendre ce que signifie le véhicule défini par logiciel (SDV). Une menace, un défi ou peut-être même une opportunité ? Notre tâche est d'offrir cette plateforme d'informations pour éclairer nos visiteurs », insiste le directeur du salon.
Parce que ces technologies sont aujourd’hui largement maîtrisées par les constructeurs, d’ailleurs de plus en plus mobilisés sur l’après-vente, Automechnika a œuvré pour les attirer en s’appuyant sur l’Association des constructeurs automobiles internationaux (VDIK). Stellantis, BMW et "The Future Is NEUTRAL" pour Renault ont d’ores et déjà signés.
Un salon transformé en écosystème
Et si ces cinq jours de salon doivent faire "événement", Automechanika ne veut plus être uniquement un événement ponctuel. L’ambition est désormais de devenir un écosystème global, actif toute l’année. Plateformes de e-learning, hubs de contenu, programmes de fidélité et clubs dédiés aux passionnés viennent compléter l’expérience physique. Ce repositionnement marque une évolution profonde du modèle économique des salons, qui cherchent à maintenir le lien avec leur communauté bien au-delà des quelques jours d’exposition.
Reste que Olaf Mußhoff mise beaucoup sur cette formule revisitée pour faire de cette édition, pour laquelle il vise 4500 exposants présents, « la plus excitante jamais vue, axée sur la qualité d’un visitorat de décideurs et l'engagement. Et cela même si elle n'est pas nécessairement la plus spectaculaire en chiffres bruts, sachant que pour la précédente édition nous avions enregistré 107 700 visiteurs venus de 172 pays. »
International bousculé
Les crises géopolitiques actuelles perturbent-elles le groupe qui pilote aujourd’hui 16 salons dans le monde ? « En ce qui concerne Automechnika Francfort, nous n’avons pas eu d’impact sur le retrait d’exposants du fait des crises. Ce qui est logique car ils s’engagent très en amont. Pour les autres salons, il est difficile de prévoir quoi que ce soit ! En revanche, la guerre en Iran a déjà eu un impact sur la fréquentation des visiteurs, notamment ceux du Moyen-Orient et d'Australie, en raison de la fermeture d'aéroports. Reste que les salons professionnels sont les meilleurs endroits pour trouver des solutions dans un monde où l’écosystème est bousculé, car c’est là que les grands acteurs se rencontrent », relativise Olaf Mußhoff. Cependant, prévu en mai, le salon de Automechnika Riyad a été reporté sur 2027 pour cause de crise au Moyen-Orient. Mais le groupe espère se rattraper sur cette partie du monde avec le salon d’Istanbul fin mai (Turquie) et celui de Dubaï programmé en novembre prochain.
Cette année, Automechanika va planter deux nouveaux drapeaux. En Indonésie avec l’organisation d’un salon à Jakarta fin septembre renforçant l’empreinte de la marque en Asie du Sud, déjà présente au Vietnam (HO Chi Minh City) et en Malaisie (Kuala Lumpur). De même, la première édition d’Automechanika Baku, en Azerbaïdjan, aura lieu en mars 2027, après ceux d’Astana (Kazakstan) et de Tashkent (Ouzbékistan) couvrant l’Asie Centrale/Caucase.