La FNA sur tous les fronts
Cartes grises, contrôle technique des deux-roues, stations-service rurales… Cet automne 2026, la Fédération Nationale de l'Automobile multiplie les offensives auprès des ministères et sur le terrain et annonce des premières avancées encourageantes.
Sur le dossier du Système d’immatriculation des véhicules (SIV) qui avait subi des fraudes en début d'année, le constat dressé par la FNA début octobre est sans appel. Lors d’une réunion avec la Délégation à la sécurité routière (DSR), le gouvernement a confirmé le maintien de critères d'accès durcis : un seuil minimal de 200 opérations annuelles et trois ans d’existence. Pour la FNA, ce seuil menace d'écarter 1 professionnel sur 2, et jusqu’à 84 % en zone rurale. Face au refus de l’Administration de retirer ces critères ou de les abaisser à 100 actes, la Fédération a choisi d’aller plus loin que la simple alerte. Elle a saisie directe des ministres de l’Intérieur et des Transports pour exiger le réexamen de l’arrêté du 21 juillet 2026. Un recours gracieux officiel que la FNA annonce être soutenu par 92,9 % des 950 professionnels consultés. La FNA se réjouit d’avoir obtenu des premières avec l’obtention d’un délai d’instruction pour les pros déjà habilités (calé sur l'échéance de leur convention) et l’engagement de la DSR d'étudier un accès privilégié à France Titres pour les déclarations d’achat. « Notre objectif reste le même : sécuriser les démarches d’immatriculation sans sacrifier les professionnels de proximité qui travaillent dans les règles », commente Bruno Choix, Président du métier Maintenance-Vente de la FNA.
Contrôle-technique 2-roues dans le viseur
Autre combat : réévaluer la grille de contrôle pour le contrôle technique des deux roues. Une demande présentée la direction du contrôle technique au ministère de la Transition écologique dans le cadre d’une rencontre à laquelle la fédération à assister en tant que co-signataire d’un premier bilan de terrain avec le SNCTA (Syndicat National du Contrôle Technique Automobile). Parmi une cinquante propositions d’évolution, on citera l’ajustement des défauts avec la création de niveaux de défaillance mineure ciblés (usure préventive des pneus, rotules) pour mieux informer l'usager sans pénaliser arbitrairement et la mise en place d’un groupes de travail techniques semestriels permettant une concertation ancrée dans la durée avec l'administration afin d'’ajuster les règles aux réalités des centres.
Sauver le soldat « station-service » rurale
Enfin, actualité sur la flambée des prix du carburant oblige, la FNA s’est mobilisée face au risque de disparition de 300 à 400 stations-service indépendantes. Reçue début octobre à Bercy par Serge Papin (PME et Commerce) et Maud Brégeon (Énergie), puis présente à Matignon lors de la réunion convoquée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’organisation patronale a obtenu des premiers arbitrages positifs en 3 actions :
• Plan d'urgence : Libération de 10 millions de barils des stocks stratégiques ciblant 339 stations isolées afin de leur faire bénéficier d’une baisse de prix estimée entre 12 et 18 centimes par litre.
• Intégration territoriale : Volonté d'ouvrir aux stations-service les dispositifs d'aide aux commerces ruraux.
• Projet de transformation : La FNA continue de plaider pour un fonds dédié à la modernisation permettant aux stations de devenir de véritables pôles multiservices (recharge électrique, lavage, relais colis, entretien).
« Cette annonce constitue une première réponse encourageante. Mais au-delà de l’urgence, nous devons donner à ces professionnels les moyens d’investir, de se diversifier et de construire leur avenir », a martelé Robert Bassols, Président de la FNA.