Union Sacrée de la filière pour sauver l'Eco maintenance

, mis à jour le 21/05/2026 à 14h04
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ECO ENTRETIEN - 4 FEDES PDTS

Têtues Mobilians, FNA, Feda, Fiev et Traxio (Belgique) ! Après avoir vainement cru à un soutien des pouvoirs publics pour pousser l’éco-diagnostic et l’éco-entretien du parc roulant, les fédérations pilotes de l’Association Eco Entretien ont décidé de remettre le sujet au cœur du débat public…mais cette fois en s’appuyant sur les propres forces agissantes de la seule filière. Objectif : recréer le buzz autour d’une démarche vertueuse en phase avec les besoins des automobilistes.

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Quand le phœnix renait de ses cendres ! Alors que l’on croyait le dossier définitivement enterré et après plus de dix ans de mobilisation et plusieurs tentatives de reconnaissance institutionnelle restées sans suite, les représentants de la filière après-vente ont décidé de reprendre l’initiative sans attendre un soutien des pouvoirs publics. Leur objectif : replacer la maintenance préventive, l’optimisation des émissions et l’accompagnement des automobilistes au cœur du débat public.« Nous avons la volonté de nous donner les moyens d’action pour dépolluer le parc roulant qui vieillit inexorablement, face à un État qui a complètement raté sa mission de lutte contre la réduction des émissions », a expliqué Francis Bartholomé, président de Mobilians, lors d’une réunion rassemblant les présidents des cinq fédérations parties prenantes de l’AEE. « La réalité est que l’on a besoin d’une gestion de parc. Or, l’État n’a jamais eu une vraie politique sur le sujet.  Notre démarche d'éco-entretien s’est heurtée à l’idéologie du tout-électrique », insiste Jean-Louis Pech, président de la Fiev. Pour rappel, en 2019, une tentative d’inscrire durablement l’éco-entretien dans le cadre législatif avait échoué faute de décret d’application. « Mais on ne pouvait pas laisser les automobilistes qui ont besoin de prolonger la vie de leur véhicule sans solution allant dans le sens de la décarbonation », complète Robert Bassols, président de la FNA

Réforme en préparation

Mais ayant appris de cette décennie, ils ont décidé de réformer l’association et d’élargir l’angle d’attaque en y intégrant prévention, économie circulaire, éco-conduite et optimisation de l’usage automobile. Exit l’attente d’un soutien des pouvoirs publics, sortie de l’approche technique et rigoriste (process et référencement matériels et produits inhérents à l’éco-entretien Période 1), la démarche 2e période va surtout s’appuyer sur une vaste campagne de communication. Donc faire sans les politiques, mais avec la société civile et la force de frappe des garagistes, dont aujourd’hui à peine 500 (sur un potentiel de 5 600) sont labellisés Eco Entretien. Mais avant de donner cette nouvelle visibilité à la démarche, l’association aura revu ses statuts et surtout rebaptisé le concept d’éco-entretien, « pour une nouvelle appellation plus explicite pour les automobilistes. »  « La force de cette relance est que nous allons tous porter la même communication auprès de nos adhérents sur le terrain », estime le président de la Feda, organisation à l’initiative du label en 2014. Alain Landec insiste également sur la nécessité d’avoir une approche de conseil « sans logique commerciale derrière »

La version belge

Une nouvelle approche qui, cependant, va continuer de s’appuyer sur les fondamentaux historiques de la démarche : analyse de combustion, contrôle des émissions via une station cinq gaz « qui permet de réaliser la prise de sang d’un véhicule », symbolise Didier Perwez, le président de l’organisation belge Traxio, qui s’est également convertie à la démarche. Exemple belge intéressant qui, pour relancer la machine, a transformé l’éco-entretien en éco-expertise, « pour donner des pistes de traitement sans jamais préconiser de produit » et surtout qui a convaincu voici un an D’Ieteren Group, leader belge de la distribution VN, de systématiser les mesures de pollution pour chaque entrée atelier. Résultat, sur un an près de six véhicules sur dix ont présenté des dérives et le groupe estime à 30 % la baisse des émissions sur le parc qu’il entretient. 
Un bon signal pour l’efficience de la démarche, « qui bénéficie également de la puissance de décision d’un groupe aux ateliers intégrés », relève Alain Landec, qui rappelle qu’en France, Norauto a été un moteur de la démarche, quand le déploiement a été plus complexe dans des réseaux constitués de garages indépendants. « Le fait d’associer les réseaux constructeurs devrait aussi contribuer à accélérer la relance de la prestation », assure Fabrice Godefroy, président d’IDLP, qui rappelle qu’un véhicule bien entretenu – et donc émettant moins d’émissions – est également moins consommateur de carburant. Autant d’arguments qui pourront être portés par la maintenance écologique nouvelle version pour convaincre des automobilistes chasseurs de pouvoirs d’achat. 

Les pilotes de cette maintenance écologique espèrent donc que réformée, cette approche préventive et vertueuse participe enfin à la mesure attendue à la dépollution du parc roulant.  

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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