Avec C2O, Leasia Conseils fournit aux carrossiers une trajectoire carbone sur-mesure

, mis à jour le 24/04/2026 à 11h24
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Fond site web C2O

Fraîchement créé par Guillaume Grucy et Isabelle Soret avec la bienveillance du fondateur de Leasia, Patrice de Poix, Leasia Conseils est né en 2025 avec une conviction simple : celle qu’un bilan carbone solide et pilotable ne doit plus être réservé aux grandes entreprises ni fourni par des consultants hors de prix. Son outil C2O – Carrosserie Carbone Optimisation – est d’ores et déjà opérationnel, accessible et pensé pour le métier.

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La profession n'est pas épargnée par la pression environnementale. Les assureurs, soumis aux obligations de reporting de la directive CSRD inhérentes aux entreprises de plus de 1000 salariés et au CA de plus de 450 M€, regardent de plus en plus dans la direction de leurs réparateurs "agréés". Mais ils ne sont pas les seuls puisque les autres apporteurs d’affaires comme les loueurs longue durée et même les constructeurs qui animent des réseaux sont eux aussi concernés. Et commencent à réclamer des preuves d'engagement. « Pour être admis comme prestataire, il faudra certainement montrer patte verte », avertit Guillaume Grucy.

L’ancien de chez PPG Refinish sait d’expérience que les gros carrossiers, à la tête de groupes multisites, ont déjà compris l'enjeu et veulent en faire un avantage concurrentiel. Reste que le carrossier indépendant, lui, a encore d'autres urgences comme la pénurie de main-d'œuvre, la crise énergétique, le flux tendu des sinistres. Aussi la décarbonation reste-t-elle une abstraction pour bon nombre d’entre eux, un sujet pour grandes entreprises et cabinets de conseil. Et sur un marché où le bilan carbone peut vite coûter entre 6 000 et 12 000 € et mobiliser une dizaine de jours de consultant, il apparaît bien souvent hors de portée pour le réparateur isolé. C2O a donc été conçu pour faire sauter ce verrou.

Tout sauf un calculateur générique

La force de C2O est d'être né du terrain. Guillaume Grucy s'est appuyé sur Isabelle Soret, consultante en RSE, ancienne chercheuse de l'Ademe, qui a réalisé des bilans carbones de concessions. Ensemble, ils sont allés rencontrer des carrossiers pour comprendre leurs contraintes réelles. D'où est née une web app sans installation logicielle, hébergée en France, qui parle le langage du métier. L'outil couvre les trois scopes d'émissions. Les scopes 1 et 2 – gaz, électricité, consommation de la cabine de peinture, véhicules de l'entreprise – représentent environ 15 % de l'empreinte carbone et sont les plus simples à documenter.

Le scope 3, qui englobe les achats de pièces et de peinture, les déchets, les déplacements des clients, fournisseurs et personnels, sans oublier le numérique  et les équipements d'atelier, est traité avec pragmatisme. « Nous nous sommes arrêtés à un certain nombre d'items, car pour les consommables, difficile d'associer un achat en volume à un facteur d'émissions. Mais l’essentiel des émissions indirectes du carrossier est pris en compte », précise Isabelle Soret. L'outil intègre notamment les nomenclatures TrackDéchet et les facteurs d'émission de la base l'Ademe et d’autre sources métier. Et une certification de la méthodologie de calcul est en cours auprès d’organismes certificateurs. Sur le terrain, deux demi-journées suffisent pour collecter les données de l’entreprise la première année. Et c’est encore plus simple et rapide la deuxième.

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Logo C2O

De la mesure à la trajectoire

Ce qui distingue C2O d'un simple calculateur généraliste, c'est ce qu'il produit en sortie. Le carrossier obtient un bilan de son empreinte carbone  par scope et par poste, des ratios par salarié, par réparation ou par surface de travail, une comparaison avec la moyenne métier, et surtout des préconisations personnalisées. Puis vient la trajectoire, avec la possibilité de planifier des actions et de les suivre d'une année sur l'autre, matérialisées par un certificat affichable dans l'atelier. De quoi interpeller l’apporteur d’affaires et le convaincre de faire confiance au réparateur. « Il faut passer à l'action avec un calculateur simple des rubriques carbone pour que chaque réparateur puisse le remplir facilement », résume Guillaume Grucy. Testé sur une vingtaine de sites pilotes entre octobre 2025 et février 2026 – carrosseries indépendantes, groupes, concessions, centre VO – C2O débarque déjà avec une V2 ce trimestre.,

Le modèle économique est pensé pour le marché réel, pas pour les grands comptes. « Un carrossier ne paiera jamais un bilan carbone à 6 000 ou 10 000 euros. Nous sommes dans une logique de mass market, afin d'engager vraiment la profession dans une démarche de décarbonation », affirme Guillaume Grucy. Le tarif public parle de lui-même : 900 euros par an et par site, sur abonnement de trois à cinq ans. Les têtes de réseau peuvent s'en saisir aisément pour normaliser et moyenniser les émissions de leurs affiliés. Les constructeurs peuvent l'intégrer à leurs standards carrosseries. Les assureurs peuvent l'utiliser comme levier pour accompagner leurs partenaires carrossiers dans une démarche structurée et peu onéreuse. Quant aux concessionnaires, qui ont besoin d’une vision plus large que celle de la carrosserie, un C3O est déjà en préparation. Une certitude pour tous, cependant : il ne manque plus que le premier pas.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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