PPG augmente ses tarifs dans le monde entier face au contexte géopolitique

, mis à jour le 20/04/2026 à 15h33
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PPG peintre au travail

Le groupe de Pittsburgh vient d’annoncer une augmentation mondiale de ses prix pouvant atteindre 20 %. Une décision qui reflète la tension sur les coûts liée à la réalité géopolitique et qui devrait se répercuter sur toute la chaîne, des distributeurs aux carrossiers.

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Le signal est clair pour la filière carrosserie-peinture : les prix vont repartir à la hausse, et pas qu’un peu. PPG a annoncé sur son propre site web une revalorisation pouvant aller jusqu’à 20 % sur l’ensemble de son portefeuille produits, dans un contexte de forte volatilité des coûts. Le fabricant évoque une combinaison de facteurs : hausse des matières premières, tension sur les marchés pétrochimiques, renchérissement de l’énergie et des coûts logistiques. « Cette décision permet d’assurer la continuité d’approvisionnement et de maintenir un haut niveau de service », explique Tim Knavish, P-DG du groupe.

Une inflation qui impacte toute la chaîne

Le détail de la hausse sur le marché français de la peinture automobile n’est pas encore connu. Mais pour les distributeurs peinture comme pour leurs clients réparateurs, cette annonce confirme une tendance déjà perceptible depuis plusieurs mois : l’instabilité des coûts devient structurelle. Les hausses seront appliquées de manière différenciée selon les marchés, les technologies et les contrats, avec la possibilité de nouveaux ajustements à venir.

En aval, les carrossiers devraient être directement impactés. D’une part, via le renchérissement des produits de peinture, déjà sensibles aux fluctuations des matières premières et des solvants. D’autre part, via une pression accrue sur leurs propres coûts d’exploitation. Car au-delà des ingrédients peinture, les ateliers sont particulièrement exposés à la hausse des prix de l’énergie, notamment du gaz, largement utilisé dans les cabines de peinture. Or, ce poste reste fortement dépendant des aléas géopolitiques, en particulier dans le contexte des tensions internationales liées au Moyen-Orient depuis le début du conflit israélo-américain avec l’Iran.

Un effet ciseau pour les ateliers

Cette double pression – hausse des intrants et hausse des charges énergétiques – accentue le risque d’effet ciseau pour les réparateurs. Dans un environnement où les marges sont déjà contraintes, la capacité à répercuter ces hausses devient un enjeu central… Or, les négociations de tarif avec les apporteurs d’affaires n’ont lieu qu’une fois par an et sont déjà passées…

Pour les professionnels, la situation pose donc la question de l’optimisation des process : maîtrise des consommations, réduction des pertes matière, amélioration de la productivité en cabine. Surtout dans ce qui apparaît de plus en plus comme une mutation durable du marché. La volatilité des coûts, longtemps conjoncturelle, s’installe désormais dans le paysage. Pour les distributeurs comme pour les carrossiers, l’enjeu ne se limite plus à absorber les hausses, mais à adapter leurs modèles économiques à une nouvelle donne plus incertaine et plus exigeante.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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