RSE : le groupe Maurice répare au vert
Allier écologie, rapidité et carrosserie, voici l’objectif du groupe provençal, premier carrossier sans enseigne de France labellisé Réparer Durablement.
Installé dans la ZAC des Chabauds, à Bouc-Bel-Air (13), le groupe Maurice rassemble trois entités sur un même site : Carrosserie Maurice, Carrosserie Hybride Électrique et l’agence Renault Les Chabauds Automobiles. Cet été, il a décroché le label européen Réparer Durablement, qui certifie une démarche responsable et écologique.
Sur le site, chaque poste est concerné. Au programme : éclairage LED, lavage des véhicules à l’eau non potable et tri des déchets dans plusieurs bennes. Les panneaux photovoltaïques installés sur le nouvel atelier ont, eux, permis de réduire de 50 % la consommation d’électricité du site. Ils rechargent aussi en journée les véhicules de prêt électriques. Côté cabines, les dernières installations, moins énergivores, réduisent la consommation de gaz. « Nous allons jusqu’à vérifier la pression des pneus sur chaque voiture réparée. Un pneu bien gonflé consomme moins et s’use moins. Tout mis bout à bout, cela a un impact », explique Anthony Dossetto, chef d’atelier du groupe.
La pièce d’occasion en priorité
Dans l’atelier, les équipes privilégient la réparation et les pièces d’occasion. Pour une aile arrière, par exemple, un remplacement à neuf peut revenir à 2 000 €, contre 1 200 € pour une réparation. Le label impose d’ailleurs d’augmenter chaque année la part de pièces d’occasion. Aucune intervention n’est sous-traitée, de la géométrie au calibrage des aides à la conduite. Résultat : 90 % des sinistres sont traités dans la journée. « Si nous pouvons sauver une pièce plutôt que la changer, nous ferons tout pour », ajoute-t-il.
Reste que la démarche a un coût. Tous les fournisseurs de pièces se trouvent dans un rayon de 10 km, alors que des pièces neuves achetées en Allemagne coûteraient parfois moins cher. Pour l’occasion, le groupe se fournit aussi auprès de centres VHU voisins. Leurs pièces arrivent en trois jours, parfois abîmées et nécessitant des travaux, contre le lendemain pour du neuf, les fournisseurs de pièces d’origine disposant d’une logistique plus rodée. « C’est un peu comme manger bio. Toute cette démarche a un coût, mais il est plus juste d’aller dans ce sens », reconnaît-il.
Le confort des équipes
Les près de trente salariés du groupe profitent aussi de cette démarche RSE. Les ateliers sont équipés de refroidisseurs l’été et de chauffage l’hiver, les équipements de sécurité sont tenus à jour et l’application de gestion des tâches Trello, éditée par Atlassian, organise le travail. Les peintures sont aussi choisies pour être moins nocives pour leur santé. Près de la moitié des véhicules réparés étant hybrides ou électriques, tous les carrossiers disposent d’une habilitation pour intervenir sur ces modèles, renouvelée par une journée de formation tous les deux à trois ans. « Tout le monde dit qu’il suffit de débrancher un fil, mais ce n’est pas légal. Nous sommes responsables de nos carrossiers quand ils travaillent sur une voiture », souligne le chef d’atelier.
Une affaire de bon sens
Fondée en 1966 par Maurice Delighazarian, la carrosserie est aujourd’hui gérée par son petit-fils Victor et le chef d’atelier, tandis que Thibaud, frère de Victor, s’occupe de l’activité Renault. « Nous avons pris ce chemin il y a quinze ans, sans parler de RSE, par simple bon sens. Personne ne nous a dit de le faire, c’était vraiment de la bonne volonté », observe Anthony Dossetto. L’électrification du parc a accéléré le mouvement. Premier agent Renault de France à obtenir l’agrément Z.E., le groupe a ensuite ouvert un atelier dédié à l’hybride et à l’électrique. « Ce label, c’est un peu l’étoile Michelin de la réparation. L’auditeur ne vient pas pour faire de cadeaux, et il n’avait jamais vu un garage comme le nôtre », conclut-il.