Weinmann Technologies repris à l'aube de ses 60 ans
La famille Creplet a repris le fabricant alsacien de cabines de peinture en juin dernier. L'opération répond au souhait explicite de l'ancien dirigeant André Courtois : confier l'entreprise à des entrepreneurs industriels plutôt qu'à des fonds d'investissement. Cette transmission vise à préserver les 50 salariés et à donner des moyens pour poursuivre le développement et l'innovation.
L'opération intervient à quelques mois des 60 ans de l'entreprise du Bas-Rhin, qui emploie 50 salariés pour 12,5 M€ de chiffre d'affaires. André Courtois, aux commandes depuis 2015, avait posé une condition claire aux repreneurs : pas de financiers purs. « Le souhait d'André était de transmettre mais pas à des fonds d'investissement ni à des acteurs purement financiers », rappelle Johan Angrand, directeur commercial de Weinmann Technologies. Le rapprochement s'est construit discrètement depuis janvier 2026 entre le groupe familial et le comité de direction de l'entreprise.
Le tour de table a réuni Frédéric Creplet, entrepreneur rompu aux enjeux industriels et internationaux et co-président du Club ETI Grand Est, Stéphanie Creplet, chargée de la rigueur financière et du pilotage de gestion, et Louis-Mattéo Creplet, formé à X-HEC Paris et au Canada, spécialisé dans la reprise d'entreprise. Marc Ville, ancien dirigeant opérationnel de l'industrie, complète le dispositif comme administrateur indépendant. Pour Johan Angrand, l'arrivée d'un investisseur extérieur « donne des moyens pour continuer de nous développer, d'investir et d'innover ». Le conseil d'administration a validé le projet à l'unanimité.
Le comité de direction Weinmann Technologies inchangé
Côté organigramme, rien ne bouge, ou presque. Le Codir reste composé des mêmes personnes et les équipes sont préservées. Seule arrivée opérationnelle : Louis-Mattéo Creplet prend la direction des opérations, soit la production et l'organisation interne. Johan Angrand conserve la direction commerciale, Lionel Rodrigues la direction du service après-vente et Lucille Courtois celle des ressources humaines.
André Courtois siège toujours au conseil d'administration et accompagne la transition. Pour les clients, les interlocuteurs commerciaux et techniques restent les mêmes. Les 18 et 19 juin, l'ensemble des salariés s'est retrouvé en séminaire général pour acter ce passage de relais.
L'auto en socle, l'industrie en relais
La feuille de route portée par Frédéric Creplet tient en quatre axes : consolider l'automobile, ouvrir de nouveaux marchés dans l'industrie et la défense, renforcer la présence dans les pays limitrophes et étoffer l'offre de services. L'automobile reste le cœur de métier, martèle la direction. « Nous restons ancrés sur la partie automobile qui aujourd'hui est notre jambe forte, car c'est l'héritage d'André, fort de croissances à deux chiffres chaque année sur l'automobile », détaille Johan Angrand.
Côté industrie, le réseau de Frédéric Creplet, issu de sa présidence du Club ETI Grand-Est, doit servir à « continuer de reconquérir ce marché », sur lequel Weinmann était jadis bien implanté. À l'international, la cible prioritaire reste la Suisse et le Benelux, même si des cabines Weinmann tournent aussi en Allemagne. Les services, sur lesquels l'entreprise s'est fortement développée ces dernières années, gardent leur promesse : dépannage et intervention sous 24 heures en cas de panne, avec un réseau de techniciens sur toute la France.
L'objectif affiché est de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. « Le marché est en pleine transformation et il y a plusieurs sous-marchés sur lesquels il faut rester performant afin de résister aux différents cycles », justifie le directeur commercial.
Six décennies, plusieurs transmissions
Pour l'entreprise, c'est une nouvelle étape dans une histoire démarrée en 1967 dans le Bas-Rhin, autour de la conception et de la fabrication de cabines de peinture. En 1991, l'entreprise s'était lancée dans les cabines industrielles sous l'enseigne Weinmann Industries. Quatre ans plus tard, Claudine Weinmann, sœur des fondateurs, en avait repris les rênes.
Le dernier grand tournant a lieu en 2015 avec l'arrivée d'André Courtois, qui a relancé l'activité automobile. La marque revendique aujourd'hui 30 % du marché auto en France, avec un positionnement haut de gamme. Elle est certifiée ISO 9001, distinguée par EcoVadis et affiche 100 % de satisfaction client.