Pour BYD, la croissance repose sur la technologie et le réseau
Au Mondial de l’Automobile de Paris, Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, a placé la recharge ultra-rapide et l’innovation technologique au cœur de la stratégie du constructeur chinois et Dorothée Bonassies, la directrice générale France, mise sur l’élargissement de la gamme, la montée en puissance du réseau et la disponibilité des pièces pour définitivement ancrer la marque.
« Nous ne sommes pas seulement un constructeur automobile. Nous sommes des leaders technologiques ! » Stella Li a donné le ton au Mondial de l’Auto. Pour la VP de BYD, l’innovation se traduira par des bénéfices concrets pour le client final, « pour améliorer la vie de tous », mais aussi par un écosystème suffisamment développé pour accompagner l’essor des véhicules électrifiés ! La dirigeante a notamment mis en avant le BYD Flash Charging, une technologie de recharge annoncée comme capable de faire passer la batterie de 10 à 70 % en cinq minutes et de 10 à 97 % en neuf minutes. Même à −30 °C, le temps de recharge ne serait allongé que de trois minutes supplémentaires. Une promesse technologique qui vise à lever le temps de recharge, principal frein à l’adoption de l’électrique. Déjà doté de plus de 10 000 stations de recharge rapide en Chine, le constructeur prévoit le déploiement de plus de 100 stations dans 15 pays européens d’ici à la fin de l’année, puis de plus de 3 000 en Europe à fin 2027. Hors de Chine, l’objectif mondial dépasse les 6 000 stations à cette même échéance. Le réseau sera ouvert aux véhicules de toutes les marques. Pour Stella Li, cette stratégie s’inscrit dans une histoire industrielle qui remonte à 1994, lorsque BYD a commencé son activité dans les batteries. Le groupe revendique aujourd’hui plus de 120 000 ingénieurs et 52 nouvelles demandes de brevets par jour ouvrable. Des moyens de recherche qui alimentent ses batteries Blade, ses technologies Super Hybrid et ses plateformes électriques.
Cette intégration technologique constitue un levier de différenciation face aux constructeurs traditionnels comme aux nouveaux entrants. BYD ne se limite pas à la fabrication automobile : le groupe intervient également dans les composants électroniques, le stockage d’énergie et les transports collectifs électriques. L’enjeu est de valoriser cette maîtrise industrielle dans les véhicules commercialisés en Europe, à travers les performances, les équipements et les coûts d’usage.
La présentation parisienne a aussi mis en avant le nouvel Atto 8, annoncé comme le premier modèle BYD commercialisé en Europe à bénéficier de la technologie Flash Charging. Ce grand SUV électrique rechargeable, doté de la deuxième génération de batterie Blade, affiche jusqu’à 653 km d’autonomie annoncée, sept places et une puissance de 775 ch. BYD met également en avant ses performances, avec un 0 à 100 km/h en 4,6 secondes, ainsi que ses aides au stationnement. Une proposition qui doit permettre à la marque de renforcer sa présence sur des segments familiaux et à plus forte valeur.
Une gamme européenne qui s’élargit
En quatre ans, BYD affirme être passé de trois modèles à une gamme européenne de 60 véhicules. Citadines, berlines, SUV et pick-up composent désormais le catalogue destiné à répondre à des usages variés. Le constructeur entend ainsi réduire sa dépendance à quelques modèles et couvrir progressivement davantage de segments. La Dolphin Surf sur le marché des citadines par exemple, l’hybride rechargeable ou le pick-up Shark, équipé de la technologie DMO, illustre pour sa part la volonté de BYD d’investir des catégories historiquement dominées par des motorisations thermiques. Objectif : toucher des clientèles plus larges, tout en conservant son positionnement autour de la technologie, de l’équipement et du rapport qualité-prix. Ce qui implique d’adapter les réseaux commerciaux, les compétences techniques et les approvisionnements en pièces à une gamme toujours plus étendue.
En France, le réseau devient un enjeu stratégique
D’où l’intervention de Dorothée Bonassies, la directrice générale France, qui compte bien poursuivre l’accélération de BYD sur le sol national. En trois ans, la filiale française a constitué une gamme de 14 modèles, associant motorisations 100 % électriques et hybrides rechargeables. À fin septembre, la marque revendiquait 1,84 % de part de marché, en progression de près de 150 % selon les chiffres présentés au Mondial, et une position de numéro un sur le segment des hybrides rechargeables. Les modèles équipés de la technologie Super Hybrid occupent une place centrale et BYD met en avant environ 100 km d’autonomie électrique au quotidien et jusqu’à 1 000 km d’autonomie totale annoncée.
Pour soutenir cette dynamique, le réseau de distribution constitue « un chantier prioritaire ». BYD compte aujourd’hui 130 concessionnaires en France et vise « 200 points de vente d’ici à la fin de l’année. Cette accélération doit améliorer la couverture territoriale, rapprocher la marque des clients et installer une présence commerciale durable face aux constructeurs déjà solidement implantés », indique la dirigeante. L’après-vente représente l’autre condition de cette montée en puissance. BYD annonce un taux de service de 97 % pour les pièces détachées. Et la croissance des immatriculations ne peut se faire « sans la disponibilité des pièces, la maîtrise des délais de réparation et l’accompagnement technique des réparateurs ».
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Enfin, BYD cherche à construire sa notoriété auprès du public français en multipliant les partenariats dans le sport, l’eSport et le divertissement, notamment avec le PSG et Team Vitality.