D. Bonassies, BYD France : « Le SAV est notre meilleur outil de réassurance »

, mis à jour le 03/07/2026 à 11h12
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Dorothée Bonassies, directrice générale BYD France

Industrialisation européenne, consolidation d'un réseau rentable et d'une offensive technologique à double détente entre électrique et super hybride : la feuille de route de Dorothée Bonassies, directrice générale de BYD France, est rigoureuse et millimétrée dans un contexte où les ambitions commerciales sont validées par le terrain. Avec une progression de près de 90 % de ses immatriculations depuis le début de l’année 2026, la marque s’impose et fait du SAV un vrai levier pour la rétention client.

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Face au protectionnisme européen et aux spécificités françaises, BYD adapte son appareil industriel et commercial. L’Hexagone reste structurellement pénalisé par une double contrainte réglementaire : l’application des droits de douane compensatoires et l’exclusion du bonus écologique via le mécanisme de l’éco-score. Ces barrières freinent l'accès immédiat des véhicules particuliers électriques produits en Chine. Pourtant, la dynamique commerciale ne faiblit pas, portée par une bascule progressive mais réelle des clients vers l'électrification, stimulée par la hausse structurelle des prix du carburant. En début d’année, lors de la convention des concessionnaires, Dorothée Bonassies, DG de BYD France, avait fixé un cap ambitieux : atteindre 4 000 commandes mensuelles. Cet objectif opérationnel est désormais validé, le niveau de performance ayant été maintenu au cours des deux derniers mois. « Notre cap de 4 000 commandes par mois est désormais une réalité terrain consolidée sur les deux derniers mois. Et l'arrivée imminente de 6 000 véhicules en juin va nous permettre de résorber efficacement notre portefeuille de commandes et d'accélérer le rythme de nos livraisons », a-t-elle assuré lors du dernier webinauto de C-Ways et d’Autoactu.com. 
Pour rassurer sur la capacité de BYD à opérer une montée en charge rapide, Dorothée Bonassies s'appuie sur les précédents européens. L’an dernier, le marché britannique a démontré la réactivité de la marque en passant de 8 000 livraisons en 2024 à 50 000 unités en 2025. À l'échelle du continent, les grands marchés de volume comme l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont consolidé des performances homogènes, s'établissant chacun entre 23 000 et 24 000 unités, pour porter le total européen à environ 130 000 véhicules l'an dernier. Dans cette hiérarchie, la France oscille entre la deuxième et la troisième position continentale, talonnée ou devancée par une Italie particulièrement dynamique. L'agilité commerciale de BYD repose sur un mix énergétique évolutif. Si le début de l'année affichait un ratio de 60 % en faveur de la technologie super hybride (DMI) contre 40 % pour l'électrique pur, la tendance s'est inversée sur la période de mars-avril-mai pour atteindre 60 % d'électrique. Actuellement, le marché s'équilibre à environ 55 % de super hybride. « La technologie Super Hybride constitue un outil de conquête majeur face au recul du diesel. Avec 150 km d’autonomie urbaine en 100 % électrique et 1 000 km d'autonomie globale, c'est une réponse parfaitement calibrée pour les gros rouleurs et les taxis en province qui calculent rigoureusement leur coût total de détention », estime Dorothée Bonassies.

Enrichissement du catalogue

Cette technologie se positionne comme un outil de conquête majeur face au recul du diesel, notamment auprès des gros rouleurs et des professionnels, tels que les taxis de province. La promesse technique combine une plateforme électrique native, l’intégration de la robuste batterie Blade, une autonomie urbaine en mode 100 % électrique de 150 km, et une autonomie globale affichée à 1 000 km. L’élargissement de l’offre se matérialise par le renforcement de la gamme super hybride (Sealion DMI, Sealion 5 DMI et Ato 2 DMI), qui représente déjà un quart des volumes. Le catalogue s'enrichit également ce mois-ci par le lancement de la citadine du segment B Dolce & Nage, dévoilée à Berlin avec un tarif d'accès positionné à 23 900 €, complétant le Sealion 2-3 sur le segment des SUV compacts familiaux. Si le prix d’appel de la marque se situe à 19 900 € avec la Dolphin Surf (dont les volumes mensuels sont passés de 120 à 400 unités), le panier moyen réel constaté s’établit à un niveau supérieur à 31 000 €, garantissant une valeur unitaire cohérente pour le réseau. Pour contourner les contraintes douanières et l’éco-score français, l'atout maître de BYD réside dans son usine européenne en Hongrie. Le site sera opérationnel pour produire d’ici la fin de l’année deux modèles 100 % électriques. Grâce à l’intégration de composants sourcés localement en Europe, ces véhicules ont vocation à devenir pleinement éligibles aux dispositifs incitatifs de l'éco-score.

Privilégier la performance locale et l'engagement de l'investisseur plutôt qu'une course exclusive aux très grands groupes. 

Capillarité et performance locale

Refusant le modèle de la vente directe exclusive, BYD structure sa croissance sur un partenariat étroit avec les groupes de distribution automobile. La marque s'appuie actuellement sur un noyau de 20 investisseurs d'envergure. Aux grands opérateurs historiques de la marque (BYmyCAR, Émil Frey, Bodemer, Maurin...) succède désormais une phase d'ouverture ciblée vers des groupes de taille moyenne fortement ancrés régionalement. « Notre stratégie refuse les canaux de vente directe exclusive pour s'appuyer sur la force et la rentabilité du réseau. Nous ciblons désormais une performance très locale avec des groupes de taille moyenne comme Munef à Toulouse, afin de garantir un impératif absolu : situer chaque client à moins de 30 minutes d'un point de vente ou de service », indique la directrice générale. 
Le maillage territorial répond à un impératif de proximité : placer chaque point de vente ou de service à moins de 30 minutes du lieu d’habitation de l'automobiliste. Les priorités géographiques immédiates visent la couverture de la Vendée et de la zone Centre (notamment Mâcon et Chalon), tandis que la Bretagne affiche une solide couverture, renforcée par une inauguration prochaine dans l’Ouest. L'objectif est clair : privilégier la performance locale et l'engagement de l'investisseur plutôt qu'une course exclusive aux très grands groupes. Concernant les réseaux secondaires, si le levier des agents n’a pas été activé l’année dernière, les perspectives évoluent favorablement dans l'attente de la consolidation des données fiscales 2025.

SAV et logistique : l'argument de la réassurance

Pour pérenniser sa part de marché et transformer l'intérêt initial des clients – souvent séduits après un essai par la qualité de finition et le design – en fidélité à long terme, BYD investit massivement dans ses infrastructures d'après-vente. La marque revendique en France un taux de service pour les pièces de rechange supérieur à 95 %, s'affichant parmi les meilleurs standards du continent européen. « Le SAV est notre meilleur outil de réassurance. Atteindre un taux de service de pièces supérieur à 95 % en France et garantir une livraison sous 24 heures grâce à nos futurs hubs européens et français démontrent notre volonté d'ancrer durablement la marque en confiance », assure Dorothée Bonassies.
Bien que les composants proviennent majoritairement de Chine, acheminés par la flotte de navires propres affrétée directement par le constructeur, la logistique continentale s'accélère. Un centre de distribution centralisé est en cours de déploiement en Hongrie, soutenu sur le territoire national par plusieurs hubs logistiques gérés en propre par la marque. Cette architecture permet de garantir une livraison des pièces à J+1 (sous 24 heures) sur l'ensemble de la France. Sur le plan des compétences, un partenariat stratégique a été conclu avec le Garac pour structurer la formation technique après- vente, en mettant l’accent sur la montée en compétences des jeunes apprentis et des formateurs. Une campagne de communication dédiée sera prochainement déployée pour valoriser la solidité du réseau après-vente.

Financement et canaux de vente : équilibrer le mix BtoC et BtoB

La structuration financière des ventes a fait l’objet d’une refonet profonde en début d'année aux côtés de la captive CGI, partenaire financier majoritaire et unique de la marque. Les valeurs résiduelles ont été recalibrées à la hausse, permettant de proposer des offres de leasing (LOA/LLD) nettement plus compétitives pour le client final. Actuellement, le mix de ventes reste fortement orienté vers les clients particuliers, qui représentent 70 % des volumes, contre 30 % pour les professionnels (BtoB). Pour corriger ce déséquilibre et conquérir les flottes d'entreprise, des négociations de fond sont menées avec les grands loueurs longue durée de la place (Arval, Ayvens, Alphabet). « Avec une clientèle actuelle à fort pouvoir d'achat (CSP+), nous devons accélérer notre évangélisation auprès des flottes. L'enjeu est de faire reconnaître par les grands loueurs longue durée notre technologie Super Hybride comme une alternative fiscale et économique incontournable sur des cycles de trois ans », conclut Dorothée Bonassies.
L'enjeu opérationnel réside dans l'homologation de la technologie super hybride comme une alternative fiscale et opérationnelle légitime au diesel sur des cycles de détention de trois ans. La clientèle actuelle, au profil socioprofessionnel élevé (CSP+, avec un revenu moyen par foyer de l'ordre de 4 000 €), démontre le potentiel de valeur de la marque, que BYD entend bien capitaliser lors des prochaines échéances majeures, à commencer par le Mondial de l'Automobile de Paris 

Le Garac et BYD renforcent leur partenariat

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Garac et BYD

Après la signature de leur partenariat en mars dernier, le Garac et BYD franchissent une nouvelle étape avec la formation des enseignants du campus par les experts du constructeur et le lancement, dès la rentrée 2026, de nouvelles formations dédiées aux véhicules électriques et hybrides. Des véhicules pédagogiques BYD seront également mis à disposition des apprenants. En juin, le Garac a accueilli une délégation internationale de BYD, conduite notamment par Zhiguo Ju, Vice General Manager Global Aftersales, illustrant l'importance stratégique de cette collaboration, présentée comme une première en Europe. L'objectif est de former des techniciens immédiatement opérationnels sur les technologies, les outils de diagnostic et les méthodes après-vente du constructeur, afin de répondre aux besoins croissants du marché de la mobilité électrique.

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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