Transactions fonds de commerce 2025 : les garagistes font de la résistance sur un marché atone
Le cabinet Altares vient de dévoiler son édition 2026 de l’étude sur les ventes et cessions de fonds de commerce. Si la tendance générale des transmissions marque le pas, le secteur de l’entretien et de la réparation automobile se distingue par une stabilité remarquable et même une reprise d’élan au premier trimestre 2026.
En 2025, le marché de la transmission en France a enregistré 29 766 ventes et cessions de fonds de commerce, soit un recul de 6,1 % par rapport à 2024. Ce repli est une première depuis 2022, avec un volume national repassant sous la barre symbolique des 30 000 transactions annuelles. Selon Thierry Million, directeur des études chez Altares, le marché bute sur un véritable « plafond de verre » depuis quatre ans.
Du côté des valorisations, le prix de vente moyen national s’établit à 241 781 € en 2025, en baisse de 6,4 %. Ce repli s’apparente toutefois à un "retour à la normale" ou à un réajustement nécessaire après l’inflation exceptionnelle des prix constatée en 2024. Le premier trimestre 2026 est venu confirmer cette tendance morose à l’échelle nationale, avec une nouvelle baisse de 2,9 % des volumes (7 723 transactions) et un prix moyen qui glisse à 239 151 € (- 6,9 % par rapport au T1 2025).
Atelier auto : stabilité commerciale
Dans ce contexte de ralentissement généralisé, la filière des services de l'automobile démontre sa solidité. Ils réussissent à stabiliser les volumes de vente avec 943 cessions/acquisitions enregistrées l’an passé. Même résilience notable sur le premier trimestre 2026 avec un volume de transactions qui repart à la hausse de 5,9 % à 253 opérations, soit le plus haut niveau relevé sur le T1 depuis 2022. Côté tarif de vente, là aussi le secteur de la réparation automobile s’en sort bien mieux que la moyenne avec un prix de ventes en progression de 6 % sur 2025 pour une moyenne s’établissant à 181 269 €. En revanche, le début d’année est plus tendu sur le sujet avec un recul de 10 % de la valorisation (165 486 €).
À rebours de la dynamique des entreprises d’après-vente, les distributeurs de véhicules accusent le coup avec un repli des opérations de 9 % sur 2025 (257 ventes). Une tendance qui aggrave encore son décrochage avec un recul de 13 % (à 74 opérations) sur T1 2026. Grosse pression également côté valorisation, avec un prix de vente moyen en recul de 16 % (239 758 € en moyenne) sur 2025 et même qui affiche un spectaculaire repli de 50 % au T1 2026 à 160 804 €, passant pour la première fois depuis 2024 sous le niveau des ateliers !
Des profils de repreneurs d'expérience
Qui achète et qui vend ? Les chiffres de l'étude annoncent un acheteur type à 42 ans en moyenne. Il s'agit majoritairement d'un professionnel disposant déjà d’une solide expérience dans le métier ; tandis que le cédant affiche quant à lui 52 ans en moyenne. Une anticipation indispensable puisque, selon le ministère des PME qui a lancé le plan national "Objectif Reprises" en avril 2026, près d’une entreprise sur deux en France peine aujourd'hui à trouver son repreneur faute de transmission préparée.
Des perspectives régionales contrastées
Enfin, l’attractivité territoriale dessine de grandes disparités. L’essoufflement du marché touche principalement les bourgs ruraux (- 10,6 % de transactions) et les petites villes, tandis que les grandes agglomérations parviennent seules à soutenir les valorisations (+ 7,3 % sur les prix moyens). Pour nos réseaux d'ateliers, l'emplacement en périphérie des pôles urbains ou au cœur de zones d'activité denses reste le premier gage de préservation de la valeur du fonds.
Enfin, argument de poids mis en évidence par l’étude du cabinet Altares : plus de 90 % des entreprises créées par rachat de fonds de commerce sont encore en activité trois ans après l'opération. Un taux de pérennité exceptionnel qui confirme que la reprise d'un garage existant reste l'une des voies les plus sûres pour entreprendre dans l'automobile.