Conjoncture : Ça freine sur les routes… ça accélère sur les coûts

, mis à jour le 23/07/2026 à 08h42
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LABYRINTHE

Entre tensions géopolitiques, inflation et flambée des coûts, l’exercice 2026 s’annonce plus complexe que le précédent pour les distributeurs de pièces. Après une croissance moyenne de 5 % en 2025 pour les leaders du Top 100 Zepros, le début d’année a marqué un net ralentissement. L'inflation pourrait également venir rebattre les cartes sur S2 2026.

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Dès mars, les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont provoqué une envolée des prix du carburant et du transport. Résultat : la consommation de carburant s’est contractée, entraînant une baisse du kilométrage parcouru et des automobilistes ayant différé leurs opérations d’entretien courant. Le baromètre Feda-Xerfi a alors décrit une activité en dents de scie, avec + 1,5 % en VL et + 0,4 % en PL sur douze mois glissants à fin avril, avant d’anticiper un recul marqué de 6 % en mai. Pourtant, le scénario catastrophe ne s’est pas matérialisé. Une majorité de distributeurs interrogés par Zepros évoquent un bon mois de mai, suivi d’un mois de juin parfois qualifié d’ « historique ». De quoi conforter l’idée qu’il n’y a “pas encore de coup de frein” sur le marché.

Une visibilité toujours limitée

L’équilibre reste néanmoins fragile. Les performances demeurent suspendues à des facteurs extérieurs que les distributeurs ne maîtrisent pas. Si les tensions internationales persistent, plusieurs redoutent une véritable phase de décroissance. Pour autant, les dirigeants interrogés tablent encore sur une année qui devrait rester dans le vert, davantage placée sous le signe de la consolidation que d’une franche croissance.

Des marges sous pression

Car au ralentissement de l’activité s’ajoute une autre préoccupation : l’explosion des coûts logistiques et énergétiques. « La distribution subit aujourd’hui un effet ciseaux : les charges augmentent tandis que les prix et les marges se resserrent. » La hausse du carburant renchérit les coûts de transport comme les coûts internes, sans possibilité – dans la plupart des cas – de les répercuter sur les clients. En cause : une guerre des prix entretenue par les acteurs du e-commerce et d’Europe de l’Est. Seules les hausses touchant les produits issus de la pétrochimie (liquides et produits de peinture) ont pu être intégrées aux tarifs. Car si l’inflation peut mécaniquement soutenir le chiffre d’affaires, elle pèse de plus en plus lourd sur les réparateurs. « L’inflation n’est jamais une excellente nouvelle. Elle peut donner l’illusion d’un effet d’aubaine. » Une certitude : pour les distributeurs, le second semestre s’annonce sous haute tension.

Inflation : une trêve tarifaire pour les pièces avant septembre ?

Après des hausses de 12 % en 2022, puis de 3 % en 2023, de 1,7 % en 2024 et de 1,6 % en 2025, l’inflation des pièces de rechange est quasiment à l’arrêt au premier semestre 2026 (+ 0,4 % à fin juillet). Une trêve qui ne doit pas faire oublier que « les hausses se sont cumulées depuis cinq ans, sans jamais de retour en arrière », relativise Fabrice Godefroy, le président d’IDLP, qui a dévoilé les derniers chiffres de son baromètre “Inflation” qui surveille depuis 2022 les augmentations de tarifs appliquées par le Top 30 de ses fournisseurs. 

Reste que le baromètre IDLP n’inclut pas les produits issus de la pétrochimie qui, pour leur part, ont affiché de spectaculaires augmentations. On parle alors de tarifs gonflés de 30 % sur les lubrifiants et les liquides, et de 6 à 12 % pour les produits peinture et para-peinture. Et si, début juillet, les pièces semblaient encore épargnées, des augmentations tarifaires de l’ordre de 3 à 5 % sont attendues pour la rentrée.

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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