Top 30 Peinture 2026 : l’activité résiliente et toujours mieux structurée
Achevée sur un T4 à + 9 %, l’année 2025 s’est mieux terminée qu’elle n’avait commencé pour les distributeurs de peinture. Et 2026 se dévoile pour l’instant sous un jour encore meilleur.
Sur douze mois glissants, selon le baromètre Feda/Xerfi du premier quadrimestre, l’activité a enregistré pour le mois d’avril une hausse de 8,5 % en volume après une croissance de 5 % en mars. En valeur, la progression n’est en revanche que de 2,6 %, mais cela pourrait changer dans les mois à venir compte tenu des augmentations de tarif qu’ont fait passer les fabricants de marques premium depuis le début de l’année, qui varient d’un peu moins de 3 à 6 %, et montent jusqu’entre 8 et 12 % en ce qui concerne les produits de para-peinture, conséquence du conflit au Moyen-Orient.
Une inflation que les distributeurs tentent d’absorber en partie pour ne pas trop pénaliser leurs clients réparateurs. « Globalement, 95 % de nos clients acceptent les hausses que nous répercutons », confesse cependant, en off, un distributeur. Car les ingrédients peinture ne représentent toujours qu’environ 10 % de la facture des carrossiers, et moins de 5 % de leurs achats.
Hausse des standards confirmée
Alors que l’inflation peut donner des envies d’infidélité à son fournisseur habituel, les sites de vente de peinture en ligne pourraient grignoter des volumes aux distributeurs traditionnels. « Les professionnels regardent les prix sur Internet, mais ce marché ne bouge pas tant que cela », nous confiait toutefois Éric Mallen, président d’EPS. Et pour cause : la réparation, devenue plus complexe, nécessite un soutien technique récurrent.
« Notre croissance est stimulée par la conquête de nouveaux clients et une forte stratégie de fidélisation, basée sur la valorisation des services traditionnels (technicien, livraison, formation, coût de stockage) justifiant une différence de prix d’environ 25% face à la concurrence en ligne », souligne Julien Lefort, directeur des opérations d’Ouest Injection, filiale du groupe IDLP. D’autant que 5 à 7 % de ses clients utilisent des machines de préparation de peinture automatisées (Axalta Irus Mix ou Daisy Wheel 3.0), ce qui représente un investissement du distributeur pour la fidélité de son client.
Cette valeur ajoutée est précisément ce que le label Color+, relancé l’an dernier par la Feda avec 32 critères d’évaluation, vise à entériner. Toutes les filiales AAG, Autodistribution, Axalta Axcess et la distribution intégrée de Surventis (ex-BASF Coatings) l’ont obtenu, ainsi que bon nombre des principaux distributeurs indépendants adhérents de la fédération.
Fini la tendance au grand écart. L’an dernier, notre traditionnel Top 30 de la distribution de peinture affichait de sérieuses différences en matière de croissance d’un distributeur à l’autre, entre les progressions à deux chiffres et les sévères dégringolades. En 2025, en revanche, le mot d’ordre semble avoir été “stabilité”. À une exception près – celle d’un Breteault racheté en cours d’automne et déjà à la relance en 2026 (lire P.76) –, les rares reculs sont si faibles que l’on peut parler de CA étal pour les entreprises concernées. Quant aux croissances, elles sont quasiment toutes modérées, contenues pour la plupart sous les 5 %.
Le signe d’un marché qui se remet doucement des soubresauts de l’année 2024 mais qui n’est pas propice aux francs rebonds. De jeunes loups en conquête se font désormais une place en bas de tableau, à l’image d’un Eudiff dont la diversification réussie en peinture se traduit par une forte progression (+ 17,65 % !). C’est aussi parce que des entreprises naguère habituées de notre Top 30, aux destins divergents (SPPV, Fauve, Flauraud, ADPC, Cobredia, Delestrez), en ont disparu faute de détailler leur CA peinture… voire de communiquer leurs chiffres tout court !