Le Groupe Dubreuil fait son Big Bang avec Clarens
Le groupe vendéen veut être pragmatique et retrouver de la rentabilité face à une conjoncture aussi chahutée que le constructeur qu’il représente. D’où la création de Clarens. Au-delà de l’absorption de Clara, Claris et Claro, le groupe a mis en place un vrai plan d’attaque.
Clarens devient l’entité juridique unique née de la fusion des structures de distribution Clara (Peugeot), Claris (Citroën-DS) et, dès le 1er avril, Claro (Opel) du Groupe Dubreuil. Au total, 2 000 collaborateurs sont concernés sur un périmètre de 47 villes du Grand Ouest sur huit marques (Peugeot, Citroën, Opel, DS Automobiles, Fiat, Jeep, Maserati et Leapmotor). Une stratégie « audacieuse » pour Paul-Henri Dubreuil. « Il s’agit de la plus grosse fusion jamais réalisée dans la distribution automobile française », tranche le président-directeur général. Ce plan d’attaque réponde à une situation critique qu’il fallait corriger : un déficit de 5 M€ en distribution VN (20 000 unités vendues en 2025 vs 22 500 VO), plombé entre autres par des buy-backs de véhicules électriques déconnectés de la réalité du marché et une obsolescence technique galopante. La réponse de la famille Dubreuil a été radicale : sous l'impulsion d’Hervé Krux, le directeur général arrivé il y a moins de deux ans, le groupe passe à un plan comptable unique, un back-office centralisé, la mutualisation complète des stocks et crée un référentiel client unique (RCU) compilant 1,8 million de données clients. Une mine d'or pour un groupe qui réalise 37 % de son chiffre d’affaires dans l’auto (1,2 Md€ dont 168 M€ avec Opal, et en ajoutant Auto Pièces Atlantique sous panneau Autodistribution et sa filiale de déconstruction Atlantic Recycl'Auto ), sur un total de 3,3 Md€*. À noter que Clarens chapeaute également l’activité Occasions avec Manouvellevoiture.com, la carrosserie avec Carren (spécialisée dans le reconditionnement et la transformation de VUL), le transport avec Ullis et la plateforme PR Opal.
* Aérien (35 %), Hôtellerie (0,25 %), Poids Lourds (1,75 %), matériel BTP (10 %), machinisme agricole (9 %), énergies (7 %).
L’exclusivité Stellantis ou le pari de la fidélité
Certes, le groupe s’est délesté de cinq sites Opel en Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine et Maine-et-Loire (au profit de DMD). « Cette décision fait suite à dix ans de difficultés avec la marque Opel qui, avec 2 % de part de marché, ne permettait pas une rentabilité suffisante dans les grandes métropoles (Nantes, Rennes, Angers) », justifie Paul-Henri Dubreuil. Mais cette décision a été compensée par le rachat stratégique du groupe Menoux dans les Landes (cinq sites), une pépite à forte dominante Peugeot. « Nous ne nous diversifions pas dans les marques, mais dans les métiers », martèle le président, qui reste donc 100 % Stellantis et le premier distributeur exclusif des marques du groupe en chiffre d’affaires. Une exception culturelle, bien qu’il reconnaisse le dérapage du constructeur (problématiques qualitatives sur les produits, dégradation des parts de marché, concurrence asiatique), avec la propre souffrance de son groupe. « Depuis le Covid-19, nous avons perdu 450 000 VP/ VU. L’objectif 2026 avec Clarens est clairement de regagner de l’argent. Dans tous les cas, nous n’avons pas vocation à en perdre… », indique Paul-Henry Dubreuil, soulignant que des extensions de son territoire restent possibles dans le Sud-Ouest, avec comme seul critère des fonds de commerce rentables et performants.
La feuille de route Clarévolution
La naissance de Clarens se cale dans le plan Clarévolution – en place jusqu’en 2028 – et passe en revue les autres piliers d’une concession, à commencer par le VO. Au menu : assainissement drastique des stocks avec une réduction de 30 M€ en valeur en 2025, « pour repartir sur des bases saines » (4 248 véhicules actuellement), sourcing, pricing et lead time revus, activité redéployée via la plateforme manouvellevoiture.com et 50 partenaires signés dans le réseau secondaire pour ouvrir de vrais showrooms. Enfin, en après-vente, il vise 25 % de marge brute d’activité en étendant la fidélité client de 3 à 5 ans grâce à une stratégie de relance anticipée des clients et des cartes de fidélité agressives. Le groupe déploie également ses propres carrosseries multimarques, à l'image du site de Nantes, déjà agréé Tesla. Un projet de campus de formation est aussi prévu pour la fin de l’année.