Michelin : quand compétition rime avec innovation

, mis à jour le 24/08/2026 à 07h57
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Michelin

Accélérateur de recherche, terrain d'expérimentation, outil de transfert technologique vers les pneumatiques de série…pour le manufacturier, le sport automobile est plus qu’une vitrine marketing. Une stratégie assumée par Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport. 

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La compétition représente à peine 1 % des effectifs de Michelin, soit près de 1 300 collaborateurs. Pourtant, son influence irrigue aujourd'hui l'ensemble du groupe, et depuis plus de 130 ans. Les circuits sont des terrains d'expérimentation pour développer les technologies qui équiperont les pneumatiques de série. « Notre rôle est simple : apprendre en compétition, démontrer que ces innovations fonctionnent, puis les transférer à la production industrielle », résume Matthieu Bonardel. Une feuille de route qui structure désormais toute l'activité Motorsport, explique son directeur. Capteurs embarqués, télémétrie, intelligence des pilotes : chaque course permet de tester des matériaux et des technologies dans des conditions extrêmes. Depuis 2019, en championnat d'endurance américain, la part de matériaux renouvelables et recyclés est passée de 34 % à plus de 51 %, tandis que le nombre de pneumatiques utilisés sur une saison a diminué de 30 %. Dans le même temps, les performances en piste ont continué de progresser. « Nous prouvons qu'il est possible de faire mieux avec moins de pneus et davantage de matériaux durables. La performance environnementale ne doit jamais se faire au détriment de la performance sportive. » Grâce à ses modèles prédictifs, Michelin a développé Mission Simulation Service, une activité qui accompagne déjà dix-huit constructeurs et fournit même des prestations à des écuries de Formule 1… alors même que Michelin n'y fournit plus de pneus !

Aujourd'hui, notre expertise dépasse le produit ! 

« Nous sommes capables d'apporter de la valeur grâce à la simulation, à la modélisation et à la donnée. Le plus difficile n'est pas de fabriquer quelques centaines de pneus de compétition. Le véritable défi est de conserver ce niveau de performance lorsqu'il faut produire plusieurs millions de pneumatiques. » Les matériaux durables, les méthodes de simulation ou encore les technologies de capteurs développés sur les circuits irriguent progressivement les autres activités du groupe, jusqu'aux pneumatiques destinés aux engins miniers ou au génie civil, soumis aux mêmes contraintes thermomécaniques. Cette philosophie explique également les choix sportifs du manufacturier. Un retour en Formule 1 ne serait envisageable qu'à la condition de servir cette ambition. « Nous ne reviendrons que si le règlement permet de développer des innovations utiles à la mobilité de demain, pas pour fabriquer des pneus qui se dégradent artificiellement pour le spectacle. »

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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