, mis à jour le 09/01/2026 à 16h34

Massimo Marcolini (Prometeon) : « Nous cherchons des partenaires ultraspécialisés »

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PRZP 20 PNEUMATIQUES Massimo Marcolini PROMETEON

Le manufacturier né du spin-off de Pirelli Industrial en 2016 gagne en indépendance et en visibilité, sans confusion auprès des clients. Qualité, services, proximité, force de vente et un réseau de concessionnaires dédiés doivent encore accélérer la marque spécialisée dans le pneumatique PL dans sa progression mondiale.

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Qui est Prometeon ?

Massimo Marcolini : Un manufacturier à part entière, avec deux usines au Brésil pour servir l’Amérique du Sud et deux en Turquie et en Egypte pour servir l’Europe, et un centre R&D majeur en Italie (quatre centres R&D au total). Nous avons également un bureau commercial aux États-Unis. Prometeon apparaît plus nettement depuis 2022, avec ses lancements de produits, certes encore badgés Pirelli, mais avec l'ajout du logo “Prometeon-engineered”, comme avec la Série 02 – via un accord de licence jusqu’en 2028 – mais entièrement fabriqués par nous ! Nous sommes dans une période de transition en tant que Prometeon, mais en réalité nous sommes déjà présents dans 160 pays grâce à notre vaste réseau commercial. Ce qui explique que nous soyons reconnus en tant que manufacturier 100 % industriel sur les segments premium, dont 300 références sur les marques Pirelli/Prometeon et 150 sur nos deuxième et troisième lignes (Formula, Pharos, Anteo, Tegrys ou Eracle).

Votre vision globale du marché du pneu en 2024 et 2025 ?

M. M. : Deux années compliquées pour tout le monde et une tendance significative : chez les clients transporteurs, un besoin extrême en efficacité opérationnelle et une intense maîtrise des coûts. Et chez les manufacturiers, un marché déjà tendu économiquement, complexifié par la hausse des taxes douanières aux États-Unis et une concurrence asiatique accrue. Celle-ci a installé ses usines hors Chine (Cambodge, Vietnam…) pour accéder au marché européen, générant une prolifération du nombre de producteurs nourrie par cette injonction de produire hors Chine et une nette amélioration en termes de qualité de production pour certains. Reste qu’ils n’ont pas la proximité avec le client BtoB (force de vente, structure…). Un avantage concurrentiel encore dans les mains des manufacturiers premium européens.

Comment expliquez-vous aux clients le transfert entre Pirelli et Prometeon, sans confusion ?

M. M. : Nous sommes technologiquement et logistiquement indépendants depuis huit ans. Nous avons introduit la marque en 2022 via les pneus industriels Pirelli mais flanqués de notre marquage. En 2024, l’enveloppe 100 % Prometeon est vraiment apparue. Actuellement, 50 % de nos pneumatiques ont été basculés en Europe auprès de 70 % de nos clients. Nous avons bénéficié des bases historiques établies par Pirelli vers ces clients qui sont des flottes (proximité, services). Sachant que nous profitons également de référencements croissants en première monte chez Renault, MAN, Scania, Iveco… ainsi que les producteurs de remorques comme Schmitz CargoBull ou Krone Trailer…

Quels services proposez-vous aux flottes et aux transporteurs ?

M. M. : Nous avons installé un service global baptisé SuperFleet, dans lequel se logent plusieurs outils comme de l’assistance routière avec Pro Time, une plateforme de gestion de flotte baptisée Pro Management ou encore une plateforme d’inspection des pneumatiques Pro Check. Ce sont des outils de reporting et de suivi de parc que nous calibrons selon les marchés, sans abonnement. Selon les pays, nos pneumatiques et ces outils sont proposés avec une force de vente très ancrée auprès des flottes pour assurer le suivi, comme en Italie, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne. En France et au Benelux, nous avons une force de vente terrain pour rencontrer les pros et faire de la préconisation. Enfin, pour la distribution, nous avons entre autres une plateforme logistique en Espagne, deux en Italie, ainsi qu’en Allemagne, en France (Valence) ou encore au Royaume-Uni. Ces stocks disséminés assurent une livraison aux clients jusqu’à 72 heures.

Allez-vous développer un réseau dédié ?

M. M. : Nous ciblons les acteurs indépendants, qu’ils soient sous enseigne ou non, ainsi que ceux auprès de réseaux de manufacturiers, très présents en France. Le but est de trouver des partenaires ultra-ciblés sur le PL. Et nous nous appuyons sur notre réseau de distributeurs SuperTruck (créé en 2016) qui compte environ 140 points de vente en Italie, plus tous les autres pays (Pologne, Grèce, Royaume Uni, Espagne, Portugal, Allemagne, Suisse...) pour un total d'environ 400. Ce sont des indépendants spécialisés dans l’industriel que nous développons encore. Et les portes sont ouvertes pour qui souhaite distribuer Prometeon…

Êtes-vous prêts pour l’électrification ?

M. M. : Nous suivons de près le sujet, avec des produits existants déjà optimisés en termes de poids, d’indice de charge et de consommation de carburant. Mais compte tenu des volumes concernés, nous ne disposons actuellement d’aucun produit spécifiquement dédié aux poids lourds.

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