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« Rester soudé pour assurer une reprise plus rapide »

Caroline Ridet
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« Nous sommes actuellement dans l’urgence et sous le coup de l’émotion. Mais dans le même temps, nous devons également préparer l’après-crise sanitaire afin de limiter autant que possible la crise économique. » Patrick Cholton fait le point sur l’action de crise de la Fédération française de carrosserie qu’il préside.

Fédération Française de Carrosserie sur le pied de guerre. « Tout le monde est en télétravail. Pas question de chômage partiel, car je considère que c’est dans ces moments difficiles qu’une fédération doit accompagner encore plus fortement ses adhérents. Sur les quinze premiers jours, ma priorité était que les équipes se mobilisent pour apporter un maximum d’informations à nos adhérents, de leur faire suivre tous les décrets. Nous avons fait front. Cela aide nos chefs d’entreprise à prendre les meilleures décisions. La PFA et le comité stratégique de l’automobile ont été très efficaces pour nous remonter les informations gouvernementales. Nous devions être au chevet des adhérents pour les aider à passer cette période hyper délicate. Nous devons également faire en sorte qu’ils restent en activité, même réduite, et en respecter les consignes sanitaires, pour s’assurer une reprise la plus rapide possible. » La FFC a envoyé un courrier aux six ministères concernés : demande de mise en place d’une plateforme web de commande de masques, dont la production mondiale est aujourd’hui préemptée par les États. Elle demande également qu’un conseiller des pouvoirs publics soit dédié au secteur. « Cela permettrait de remonter les informations venant du terrain en temps réel, que les pouvoirs publics aient des éclaireurs sur le terrain pour chaque secteur. »

Activité des adhérents : carrossiers-constructeurs, carrossiers-réparateurs et fabricants de peinture. Patrick Cholton annonce cependant que près de 48 % des 350 adhérents carrossiers-constructeurs maintiennent une activité minimum pour assurer l’assistance des camions sur la route. En revanche, seuls 10 % tentent de continuer la production pour terminer les chantiers en cours. « Mais ils reprendraient encore plus fort s’ils avaient des masques et du gel hydroalcoolique à fournir à leurs équipes. » Autre nœud de fragilité pour maintenir l’activité : la fourniture en pièces, principalement issues des constructeurs et venant de Chine. « Et même si la Chine a un peu ouvert les vannes, les pièces commandées maintenant n’arriveront pas en France avant le mois de juin. »

Mesures gouvernementales. « J’ai l’impression que tout le monde s’est mis en ordre de bataille très vite. Le plan gouvernemental d’aides aux entreprises est puissant… mais pas encore toujours bien appliqué sur le terrain. Nous remontons les blocages. » Certaines directions régionales du travail feraient du zèle sur le chômage partiel « malgré les instructions de Muriel Pénicaud ». Constaté également sur le terrain, certains assureurs-crédit qui divisent par deux ou trois les montants habituellement couverts… Enfin, Patrick Cholton encourage ses adhérents à profiter du dispositif de prêts à la trésorerie soutenus par Bpifrance, « car actuellement les taux sont très intéressants et cela donne l’oxygène nécessaire pour, à la sortie, avoir encore les moyens d’investir dans l’outil de production. C’est primordial. »

La reprise. « D’ici mai-juin, les entreprises devraient pouvoir redémarrer, notamment pour traiter les commandes en cours avant le confinement. » Ce sera d’autant plus possible, que, contrairement à 2008 « nos entreprises sont plus solides » mais aussi grâce au levier d’un chômage partiel facilité, elles ont gardé les compétences. « L’entrepreneur qui regarde toutes les aides mises en place, et qui avait avant la crise une société bien gérée, s’en sortira même s’il risque de patiner encore quelques mois. » Pour le président de la fédération la reprise à 100 % sera actée en septembre-octobre. « 2020 sera l’année du réajustement à tous les niveaux pour partir sur 2021 avec un deuxième semestre très fort. »

L’union sacré. « Il faut se battre et on a des armes. Les entreprises françaises de notre secteur ayant toujours privilégié le savoir-faire et les petites séries pourront plus rapidement redémarrer l’activité. Et puis plus largement, nous sommes tous suffisamment forts, bénéficions de suffisamment d’appuis, de compétences en France pour nous en sortir. Dans l’urgence, il faut rester soudé. J’en appelle à la mobilisation générale. Il faut l’union sacré pour surmonter la crise. »

Après, plus rien ne sera pareil ? « On disait cela également en 2008 ! Mais, là on touche à l’humain, donc j’espère que nous allons réussir cette fois-ci à en tirer les leçons. À un moment donné, la pression était sur toutes les sociétés. Il fallait toujours faire plus, être toujours plus performant. On ne maîtrisait plus rien, on était comme dans une essoreuse. Au lieu de faire toujours plus, j’espère que l’on va tous tenter de faire mieux. »

Caroline Ridet
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