Etonnant: l’ANEA s’attaque à AXA… et au BCA!

Jean-Marc Pierret
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Le 20 août, l'ANEA (Alliance Nationale des Experts en Automobile) s’est fendue d’une bien inattendue circulaire qui part bille en tête à l’assaut des pratiques d’AXA. Et notamment du traitement particulièrement clément que l’assureur réserve à BCA Expertise ! Reconnaissons-le : même si elle a parfois le sommeil lourd, L'ANEA à une sacrée pêche au réveil…
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 Nous avons souvent trouvé l'ANEA bien peu encline à s’emparer des débats qui agitent un monde de l’expertise pris en otage en bien des points par les assureurs. Et de taquiner son attentisme dans nos colonnes. Il ne sera pas dit qu’à l’inverse, nous ne savons pas relayer ce coup de gueule qui vient contredire cette impression assez communément partagée par nombre d'experts. Cette fois, force nous est de constater que l'ANEA, même sans grand entraînement en la matière, s'est jetée sans échauffement dans le grand bain de la lutte syndicale.
 L'ANEA sabre au clair!
Dans cette circulaire du 20 août dernier à l’inhabituel titre guerrier («ANEA dénonce les méthode d’AXA»), le contenu est combattant : «Plusieurs cabinets ou entreprises d’expertises ont eu la mauvaise surprise d’être appelés par AXA, en ce début de mois d’août, pour être informés qu’ils sont concernés par une sous-performance qui sera sanctionnée par une minoration de leurs honoraires pouvant aller jusqu’à 10%», dénonce d'entrée le président Philippe Ouvrard ; «Sur la forme nous dénonçons la méthode consistant à informer ces entreprises la veille pour le lendemain (en gras dans le texte) sans leur laisser ni le temps, ni le recul nécessaire, pour analyser les nombreuses et confuses statistiques communiquées par AXA, qui relèveraient cette sous-performance motivant la sanction à effet immédiat !»L'ANEA ne baisse pas de ton : «Cela n’est pas acceptable, tout comme la manière dont AXA semble vouloir entretenir sa relation avec ANEA et son réseau d’Experts prestataires libéraux. Sur le fond encore, nous avons décidé d’en référer aux autorités compétentes en charge de notre profession (toujours en gras dans le texte). Nous estimons que cette sanction financière peut porter atteinte à l’action de sécurité publique conduite par les experts concernés. En effet, il faut espérer que la minoration des honoraires ne se fasse au détriment de la sécurité routière ou des règles élémentaires de la déontologie !». Diable : voilà l'ANEA qui confirme maintenant nos constats et nos inquiétudes qu’elle a toujours refusé d’évoquer avec nous…Et elle ne s’arrête pas là, cette ANEA qui prend maintenant d'assaut la sacro-sainte forteresse du BCA. Encore en gras dans le texte : «Sur le fond enfin, nous nous interrogeons sur le caractère anticoncurrentiel d’une sanction qui n’est pas la même entre les cabinets libéraux et les Agences BCA. Pour ces dernières, AXA agit uniquement sur le volume de missions», s’enflamme un décidément téméraire Ph. Ouvrard ; «Le BCA échappe ainsi à une minoration de ses honoraires et pour causeTiens donc, L'ANEA oserait-elle enfin s'interroger sur l'ambigu actionnariat du BCA ? Apparemment, oui et la menace est lourde :  «Si nos doutes sont confirmés, nous saisirons dans les prochaines semaines l’Autorité de la concurrence». AXA prendra-t-il le risque d'une telle inquisition ?En attendant un hypothétique passage à l'acte, le président de l'ANEA annonce qu'il va déjà prendre langue avec Jean-Robert Lopez, le délégué inter-ministériel à la sécurité routière, «pour lui faire part de nos craintes, associées à des sanctions qui touchent la rémunération de nos professionnels dans l’exercice de leur fonction».
Mieux vaut tard que jamais
«Cette brutale annonce, en plein milieu de cette période estivale, est encore plus préjudiciable pour nos entreprises qui préfèrent décider sur le champ de "jeter l’éponge" en renonçant à travailler avec AXA, faute de pouvoir discuter cette décision avec une hiérarchie qui serait “en congés”, selon les dires du service des Prestataires auto chargé de prendre contact avec les intéressés», s’agace aussi Philippe Ouvrard.C’est bien, même si c'est un peu tardif. Ph. Ouvrard devrait peut-être nous lire plus assidûment : il aurait su tout ça dès le 15 mai dernier s'il avait lu «EXCLUSIF – AXA et ses experts (suite): les dessous du contrat»). Un article pourtant fort lu et commenté (3 597 pages vues au 21 août pour 13 commentaires) qui soulignait d'ailleurs que de nombreux adhérents souhaitaient voir l'ANEA monter promptement au créneau sur ces mêmes sujets…La promptitude a pris son temps, mais mieux vaut tard que jamais. Au moins le président de l'Alliance a-t-il maintenant l’occasion de vivre ce que les carrossiers ressentent depuis longtemps en matière d’unilatéralité des décisions qui s’imposent à eux. D'ailleurs, la circulaire de l'ANEA en parle : «Nous relevons d’ores et déjà que certaines règles de gestion de la société AXA remettent en cause le respect des règles déontologiques élémentaires ainsi que celui des règles définies dans la charte de bonnes pratiques Experts/Réparateurs».Allez : sans rancune et bienvenue au Club de la réparation... collisions !
Jean-Marc Pierret
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