L’Atelier des Chefs convertit en digital la préparation au CAP méca

, mis à jour le 27/08/2026 à 15h49
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L'ATELIER DES CHEFS Auto Sébastien POIDEVIN

Longtemps jugé hors-sujet pour les métiers manuels, l’apprentissage à distance fait son entrée dans l’après-vente auto. Une formule bousculant les schémas traditionnels de la formation, initiée par L’Atelier des Chefs, qui pour cette 3e promo a présenté 250 candidats au CAP MAVA. 

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Peut-on former un mécanicien automobile derrière un écran ? Si l’idée a d’abord fait grincer des dents du côté des CFA traditionnels et des fédérations, Nicolas Bergerault, co-fondateur de L’Atelier des Chefs, milite pour la pertinence de son modèle. « Lors du lancement en 2004, l'idée était de remettre les Français au fourneau. Nous avons donc créé des ateliers réservés aux amateurs », rappelle le co-fondateur. C'est ensuite sous l'impulsion de son associé Jean-Sébastien Bourpolle que le virage s'opère. « Il a proposé d'adapter notre savoir-faire digital à la formation professionnelle pour les métiers manuels. L'idée, initialement perçue comme audacieuse pour un "métier de la main", a prouvé sa viabilité. » 

Aujourd’hui, l'activité distancielle représente 80 % des 35 M€ de chiffre d'affaires du groupe, qui prépare à 32 métiers, dont le CAP Maintenance des Véhicules, avec plus de 40 000 personnes ayant démarré une formation tous métiers confondus, 10 000 diplômées. « Environ 4 000 personnes ont été présentées au CAP cette année, avec un taux de réussite d'environ 98%. »

Une méthodologie hybride taillée pour l'atelier

Dans ce lot, 250 candidats ont été présenté au CAP mécanique Auto pour cette 3e promotion 2026. « Nous avons démarré sur l’automobile en 2023 avec pour la 1ère année 100 candidats qui ont tous réussi leur CAP. Les effectifs ont été doublés en 2025 avec un score de 98% de réussite , en parfaite cohérence avec les apprenants des autres métiers auxquels nous préparons», explique Sébastien Poidevin, le référent technique de la plateforme. La pédagogie du programme construit par l’Atelier des chefs combine apports théoriques sur plateforme (schémas, animations) et tutoriels vidéo autoproduits par Sébastien Poidevin.« Nos métiers manuels passent sur la pratique. On forme un futur pro pour qu'il ait les bons réflexes et la capacité à s'adapter à la marque. » 

Sur le terrain, la méthode repose sur un savant dosage : 
- Pratique à domicile : Les apprenants réalisent 70 à 80 % des opérations courantes chez eux avec une mallette d'outils. « On débute par des opérations de vérification pour se familiariser avec le véhicule, voir où est l'organe, puis on passe au démontage-remontage en martelant les bonnes pratiques et les EPI », précise l'expert. Les gestes sont validés à distance via l'envoi de vidéos et photos. 
- Immersion en garage : Les manipulations nécessitant un équipement lourd (pont élévateur, diagnostic avancé) sont réalisées lors des stages. Soit 14 semaines, obligatoire depuis la dernière réforme de la formation professionnelle, en immersion dans un garage. 

Un vivier de profils différents

Dans la filière auto bénéficiant d’un socle formation très structuré et efficient, on peut se demander quel public peut séduire l’offre alternative proposée par l’Atelier des Chefs ? Un profil de "repêchés" qui avaient décroché du système éducatif classique ; des jeunes de moins 29 ans éloignés des structures traditionnelles (freins géographiques, handicap…) ou encore des adultes en reconversion « pouvant financer leur parcours via le CPF », ou encore des professionnels aguerris sans diplôme qui cherchent à régulariser leur situation. «  L'obtention du CAP devient alors le sésame pour évoluer ou ouvrir leur propre garage », assure Nicolas Bergerault. Pour affirmer l’efficacité « d’une approche complémentaire », il avance un taux de 57% de diplômés en ligne insérés dans un garage. Egalement aidé par des partenariats de "placeurs", comme celui noué avec Mon Spécialiste Auto (MSA). 

Dans un secteur confronté à un déficit de 650 000 à 700 000 postes sur l'ensemble des métiers manuels, Nicolas Bergerault reste convaincu de l'avenir de ces professions « non-délocalisables et non-automatisables », où la souplesse du distanciel offre une réponse concrète à la pénurie de main-d'œuvre. 

Caroline, directrice des rédactions Auto chez Zepros, décrypte mutations et enjeux de l’après-vente auto : transition énergétique, réglementations, logistique, métiers et acteurs du secteur.
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