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Nexus Group acte la fin du simple « trading »

, mis à jour le 16/09/2026 à 17h39
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Gaël Escribe, CEO de Nexus Group

55 Md€ de chiffre d’affaires consolidé dont 50% en Amérique du Nord, 636 membres, 4 276 distributeurs et des volumes d’achats en hausse de 32 % au premier semestre : Nexus Group accélère toujours. Sauf que derrière la croissance, le modèle a déjà changé et sort définitivement du seul rôle d’intermédiaire entre distributeurs et équipementiers.

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Intermédiation, transaction, data et innovation ! L’ITG dispose non seulement de quatre piliers structurants mais également d’une masse critique suffisante pour faciliter sa mutation en Nexus Group, objectif annoncé il y a plus de deux ans (Lire Nexus veut passer d'une structure de centrale de référencement à une structure de groupe) et désormais acté pour fin novembre 2026. Surtout, le groupe finalise sa mue en tant que plateforme de services mondialisée. Le trading restera une activité essentielle, mais intégrée dans une entreprise de services beaucoup plus large, destinée aux distributeurs comme aux fournisseurs. Pivot de cette nouvelle architecture, l’Amérique du Nord qui concentre déjà 50% du business sur les 55 Md€ de chiffre d’affaires enregistrés via ses 636 membres et plus de 4 200 distributeurs. C’est probablement le principal enseignement du bilan présenté par Gaël Escribe, le CEO de Nexus Group, à l’occasion du salon Automechanika à Francfort. Désormais, la puissance cumulée des membres du groupe doit se transformer en flux commerciaux mesurables et duplicables à l’échelle mondiale. Un écosystème se nourrissant déjà des volumes d’achats éligibles ayant bondi de 32 %, dont 7,9 % de croissance organique à périmètre constant au premier semestre 2026, du ralliement de 70 membres depuis janvier, et de plus de 150 M€ d’achats annuels transférés de fournisseurs extérieurs vers des fournisseurs Nexus. Une part significative de cette performance provient du travail mené en Amérique du Nord sur le Category Management, la sélection des fournisseurs et l'exploitation des données. Nexus négocie mais aussi identifie le potentiel, sélectionne le fournisseur, mesure le flux et cherche à déclencher la transaction.

Quatre piliers pour sortir du seul trading

Nexus pèse désormais environ 8 % du marché mondial de l’Aftermarket avec une trajectoire vers les 10 %, élément fondateur de l’ITG qui ne veut plus que sa valeur se résume à la négociation de conditions d’achat. Vient donc le deuxième pilier, celui des activités transactionnelles, rendant plus visible la stratégie de Nexus pour faire évoluer son modèle. En tête de pont, la structure Partivia, officiellement lancée début 2026 avec Roberto Roggeband à sa tête (lire Naissance de Partivia, la structure d'achats de Nexus) et rassemblant déjà 17 entreprises, dont 90 % européennes, pour environ 2 M€ d’achats annuels. L’objectif n’est pas d’ajouter un groupement supplémentaire, mais de consolider la demande pour peser davantage face aux fournisseurs sur les conditions de paiement, les garanties, les conditions commerciales… Le modèle pourrait demain aller plus loin, explique Gaël Escribe, « jusqu’à des activités opérationnelles comme la gestion physique des stocks, mais l’enjeu est de faire de Nexus un acteur capable de structurer la demande autant que de négocier l’offre ». S’agrège la structure SmartParts, « qui double de taille chaque année », avec dans son giron la marque de distributeur DrivePlus, lancée en Amérique du Nord et inversant le flux traditionnel des marques américaines vers l’Europe. D’ailleurs, deux appels d’offres importants ont été remportés là-bas, et devraient générer plus de 45 millions de dollars de chiffre d’affaires pour les fournisseurs stratégiques au cours des deux prochaines années.

La data en troisième pilier est probablement le levier qui peut modifier le plus profondément le modèle économique du groupe. Nexus dispose de plusieurs années de données issues de centaines de membres, de milliers de distributeurs et de flux commerciaux internationaux. Jusqu’ici sous-exploitées, ces données doivent désormais devenir une source de revenus et de services. Un centre de données mondial est en construction. Les premiers services commerciaux sont annoncés pour l’été 2027. L’investissement sera lourd — plusieurs millions d’euros — et nécessite notamment le recrutement de data scientists. Mais l’ambition est de mieux comprendre les flux, identifier les opportunités, mesurer les engagements fournisseurs et surtout convertir la donnée en transactions. L’Amérique du Nord montre d’ailleurs déjà ce que Nexus veut obtenir à terme. Près de 100 % des données de sell-out, de stocks et autres données commerciales des membres nord-américains sont accessibles au groupe.

Même logique pour l’innovation en tant que quatrième pilier : Nexus réfléchit désormais à une autre logique : investir directement dans des start-ups capables d’utiliser sa communauté mondiale comme accélérateur commercial. L’exemple italien étudié par le groupe est révélateur. Une société de gestion de flotte travaillant notamment avec Arval oriente les réparations vers les ateliers du Nexus Auto Network. Le modèle pourrait être répliqué à l’échelle européenne. Le fonds Mobilion, créé il y a six ans, arrive de son côté au terme de son premier cycle et prépare une nouvelle levée.

Amérique du Nord : le marché qui change la dimension de Nexus

Le territoire nord-américain représente donc environ la moitié des 55 Md€ de chiffre d’affaires consolidé du réseau. Pour Thierry Mugnier, Chief Financial & Innovation Officer, le marché est dominé à 70/ 75 % par Napa, AutoZone et O’Reilly, « mais les 25 à 30 % restants constituent un marché considérable, celui de la distribution traditionnelle, structuré autour de Pronto, Federated, APA et Vipar, qui fédèrent plus de 1 000 distributeurs grossistes aux États-Unis, au Canada et au Mexique ! ». Le groupe a déjà franchi plusieurs étapes décisives. 97 % des contrats fournisseurs sont désormais mondialisés, avec un objectif de 99 % à fin 2026. L’arrivée d’Alliance, précédemment membre de TEMOT, doit permettre à Nexus de regrouper 100 % des grossistes traditionnels nord-américains sous son enseigne d’ici la fin de l’année. Est-ce à dire que le marché américain devient le principal terrain de consolidation du modèle Nexus ?

Lire Thierry Mugnier : Nous avons désormais un niveau de services à la hauteur du marché américain !

Muriel, rédactrice en chef Zepros Auto, couvre l’après-vente, VO, équipementiers et suit les révolutions auto : électrification, digitalisation, IA. Elle pilote aussi les événements Zepros.
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