Automechanika 2026 : Francfort reprend encore de la hauteur
Plus de 112 000 visiteurs professionnels, 4 400 exposants et une fréquentation internationale toujours massive : Automechanika Francfort 2026 signe un bilan en hausse. Au-delà des chiffres, cette édition confirme l’évolution du salon allemand qui se veut moins vitrine technologique et davantage plateforme BtoB pour accompagner les mutations de l’aftermarket.
En cinq jours, plus de 112 000 visiteurs professionnels issus de 173 pays ont arpenté les allées du salon Automechanika, avec ses 4 400 exposants venus de 80 pays. La fréquentation allemande a même progressé de 18,5 %, tandis que 66 % des visiteurs provenaient de l’étranger, lit-on dans le bilan. Mais le véritable indicateur est ailleurs. 90 % des exposants déclarent vouloir revenir en 2028 et 96 % des visiteurs se disent satisfaits de leur visite. Automechanika retrouve donc non seulement du volume, mais aussi de l’adhésion. Ce qui a fonctionné cette année tient au repositionnement du contenu avec une édition qui a voulu relier l’aftermarket traditionnel aux nouvelles technologies. Ainsi, l’intelligence artificielle, les données véhicule, les software-defined vehicles, la cybersécurité, les ADAS et les motorisations alternatives ont occupé une place centrale. Comment réparer demain, comment diagnostiquer, comment exploiter la donnée, comment former les techniciens et comment préserver les modèles économiques des entreprises ? C’est précisément ce qu’a apporté le nouveau format HighTech4Mobility. Entreprises technologiques, start-up, ateliers, distributeurs et industriels ont pu confronter leurs visions autour des données, de l’IA et des nouveaux modèles économiques de l’Aftermarket. Un point essentiel pour une filière qui doit désormais savoir intégrer dans ses entreprises les technologies.
La technologie avec une application atelier
Le succès des formats pratiques est également à souligner. Les formations, démonstrations et ateliers ont permis de transformer les grandes tendances technologiques en sujets directement exploitables par les professionnels. Le diagnostic, les ADAS, les motorisations alternatives, la réparation du vitrage ou encore la peinture robotisée assistée par IA ont suscité un intérêt important.
Le Future Mobility Workshop 4.0, avec ses 30 co-exposants, a notamment mis en avant une demande accrue pour des technologies directement applicables. Cette orientation répond à une réalité économique : la transformation de l’aftermarket se joue désormais dans l’atelier. L’arrivée massive de l’électronique, des logiciels et de l’IA ne supprime pas le besoin de réparation ; elle modifie les compétences, les équipements et les investissements nécessaires pour continuer à réparer.
Le sujet de l’électromobilité a gagné en maturité. Le salon a mis en avant les conséquences de leur progression sur le commerce et la réparation. La ZDK prévoit en effet 817 000 immatriculations de véhicules électriques à batterie en Allemagne en 2026, dont plus de 370 000 auprès des particuliers. Dans le même temps, les professionnels restent confrontés à une équation économique complexe : coût d’acquisition, dépenses d’exploitation, formation et adaptation des infrastructures. Le message est donc moins technologique que financier : la transition énergétique avance, mais sa rentabilité et son financement restent au cœur des préoccupations des entreprises.
Francfort veut rester la plateforme mondiale
Automechanika a également travaillé le sujet devenu critique de la montée des compétences pour l’aftermarket. Plus de 4 600 élèves, étudiants et apprentis ont participé au programme AMBITION. Formations, masterclasses et rencontres avec les entreprises ont permis de présenter les métiers et les évolutions technologiques de la filière. « Avec des véhicules toujours plus complexes, des diagnostics qui intègrent davantage de données et des équipements connectés, le capital humain devient une condition de compétitivité au même titre que le produit ou la technologie », souligne les organisateurs.
C’est finalement le principal enseignement de cette édition. Automechanika a voulu renforcer son rôle d’interface entre constructeurs, équipementiers, distributeurs, ateliers, entreprises technologiques et nouveaux entrants. Pari réussi.
« Automechanika sert de passerelle entre l'amont et l'aval »
« Entre affluence record aux événements networking, réponse aux défis technologiques du garage et digitalisation prolongée, Automechanika allie business et expérience terrain », souligne Michael Scherpe, President-CEO de SEME SA (Délégation officielle de Messe Frankfurt pour la France et Monaco). « Le salon s'est imposé comme une réussite incontestable en misant sur l'émotion et l'immersion. Plus de 300 manifestations et animations ont rythmé l'événement. L'Agora est une parenthèse appréciée qui a permis aux professionnels de souffler entre deux rendez-vous au sein d'agendas surchargés. Le CEO Breakfast est un véritable baromètre du dynamisme de l'événement, ce rendez-vous réservé aux décideurs est passé d'une trentaine de participants à une affluence comprise entre 100 et 150 dirigeants des plus grands exposants ! », a constaté le président.
Si le salon a fait la part belle aux grands sujets prospectifs, le véritable enjeu stratégique résidait dans la diffusion de ces technologies jusqu'à l'atelier. Comment faire redescendre ces concepts complexes vers le réparateur, prescripteur final auprès de l'automobiliste ? « C'est là tout le rôle d'Automechanika : servir de passerelle entre l'amont et l'aval ». Car sur le terrain, la mutation est parfois brutale. Face à l'électrification imposant de nouvelles habilitations, diplômes et formations lourdes, certains garagistes envisagent la cession de leur affaire. « Une situation accentuée par une pénurie structurelle de main-d'œuvre en atelier, alors même que la demande pour ces métiers manuels reste particulièrement forte. » Et pour prolonger l'expérience, l'organisation modernise ses outils. Hier porté par un catalogue papier, le lien continu avec la filière s'appuie désormais sur une plateforme digitale, de l'IA et des outils de mise en relation de pointe. Présent dans plus de 170 pays, le réseau s'appuie sur la puissance de sa Data mondiale pour maintenir le contact entre acheteurs et fournisseurs toute l'année. « Les organisateurs internationaux des autres éditions d'Automechanika ont fait le déplacement pour observer cette dynamique, avec l'ambition d'en répliquer l'esprit tout en l'adaptant à leurs marchés respectifs. Ce qui est bien la preuve du succès du modèle déployé cette année », conclut Michael Scherpe.