Les grossistes bloqués dans le rouge au T2 2026
Alors que l’ensemble du commerce de gros redresse la tête au printemps (+ 2,5 %), la distribution de pièces de rechange reste engluée dans l'atonie avec une activité en repli de 0,4 % au T2 2026. Entre envolée des coûts logistiques et pression sur les marges, l'équation demeure complexe pour les stockistes.
L'embellie globale du commerce de gros ne profite pas à la rechange auto. Selon le dernier baromètre de la Confédération des grossistes de France (CGF)-Xerfi, l’activité globale du négoce BtoB s’est accéléré au 2e trimestre 2026 de 2,5 % versus T2 2025, soit + 1,6 % en glissement annuel. Un redressement tiré par l'agroalimentaire (+ 3,7 %), la santé (+ 4 %) et le bâtiment (+ 2,5 %), alors qu’en zoomant sur le secteur de la pièce de rechange automobile (VL + PL), la trajectoire s'inverse. Après un timide soubresaut à + 0,6% au T1, les ventes des distributeurs PR replongent légèrement dans le rouge sur ce deuxième trimestre à - 0,4 %. Et cela, malgré un mois de juin qui s’est avéré porteur. En glissement annuel, le marché affiche une quasi-stagnation (+ 0,1 %).
Hausse percutante des coûts
Dans ce contexte de volumes atones, la visibilité reste brumeuse et le moral des distributeurs PR demeure particulièrement dégradé. Ainsi, 38 % des répondants anticipent une nouvelle baisse d’activité dans les mois à venir pour à peine 14 % pariant sur une embellie. La pression s'accentue notamment du côté des hausses des coûts. Près des deux tiers des distributeurs (64 %) s'attendent à une hausse des tarifs ches les fournisseurs au cours des prochains mois (+22 points vs T1 2026). Une inflation de plus en plus difficile à répercuter auprès de clients garagistes eux-mêmes pris en étau par le pouvoir d'achat des automobilistes.
Logistique et trésorerie : la double peine
Sur le plan opérationnel, la rentabilité continue de subir des vents contraires. La logistique pèse toujours plus lourd. Pour cause de flambée des coûts de transport et de stockage flambe 80 % des distributeurs constatent une hausse fulgurante de 18 points par rapport au T1 du poids de la logistique dans leurs charges d'exploitation. En conséquence, 38 % des répondants déclarent un effritement de leurs taux de marge brute. Côté trésorerie, la situation se dégrade chez 28 % des grossistes. Enfin les délais de paiement de clients garagistes sous pression financière continuent de s’allonger pour 20 % des stockistes tandis que 16 % augmentation des défauts de paiement.