Les trésoreries des ateliers sous pression
Le climat économique pèse sur la santé financière des ateliers. « Face à une demande atone et à des coûts d’exploitation toujours élevés, les entreprises mobilisent davantage leurs ressources de trésorerie », résume Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
Plus question de parler de poids du remboursement du PGE, « mais plutôt d’une conjoncture qui affaiblit brutalement l’équilibre financier des entreprises ». Au T2 2026, les défaillances d’entreprises ont progressé de 5,4 % toutes activités confondues. Le secteur du commerce et de la réparation auto a fait encore moins bien avec 823 défaillances (+ 15 %), dont 583 liquidations judiciaires.
Des réalités de marché contrastées
« La croissance organique annuelle du marché ne devrait pas dépasser 1 à 2 %. Cette décélération traduit un changement brutal chez les réparateurs, dont la visibilité en atelier est tombée de trois semaines à trois ou quatre jours », commente un observateur. Sur le terrain, les distributeurs constatent plus de retards de paiement, y compris chez des clients jusque-là solides. Et restent donc très vigilants, « notamment pour les ouvertures de nouveaux comptes».
Des différences territoriales
Mais la situation n’est pas la même selon que l’on est un atelier à la clientèle diversifiée des loueurs, des flottes – « qui se détachent des réseaux constructeurs… » –, ou que l’on reste dépendant de l’automobiliste plus regardant ou aux assureurs pour les carrossiers. On constate également l’accentuation d’une bipolarisation entre les territoires où sont les parcs roulants à fort potentiel et les autres départements, souvent plus ruraux, où l’activité est plus tendue.