L’engouement pour la filière carrosserie-peinture perdure

, mis à jour le 03/03/2026 à 17h52
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Peintre au travail

Avec près de 17 000 jeunes en formation et une progression continue des effectifs en statut scolaire, la formation aux métiers de la réparation-collision démontre son attractivité durable face aux tensions persistantes sur le marché de l'emploi.

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À la rentrée 2025, 16 800 jeunes se formaient aux métiers de la carrosserie-peinture en France, soit près d'un quart des effectifs totaux des formations automobiles. Un chiffre qui témoigne de l'attractivité soutenue de ces métiers, malgré un contexte marqué par la baisse des aides à l'embauche d'apprentis et un ralentissement du dynamisme de l'emploi.

Pour la première fois depuis dix ans, les effectifs en alternance connaissent un léger tassement. Avec 9 974 alternants recensés en 2025/2026, la filière enregistre une progression modeste de 1,4 % (+140 jeunes), loin des hausses à deux chiffres observées les années précédentes. « Après avoir doublé nos effectifs entre 2015 et 2024, cette stabilisation était prévisible. La réduction des aides à l'apprentissage de 1 000 € pour les petites entreprises et de 4 000 € pour les plus grandes a naturellement freiné les recrutements », analyse Philippe Le Gall, responsable projets à l’Observatoire des mobilités et coordinateur de l'étude Autofocus de l'ANFA.

Le statut scolaire compense et progresse

Cette évolution s'inscrit dans un contexte où la filière carrosserie-peinture reste pourtant l'une des plus dynamiques du secteur automobile. Les deux CAP – Carrosserie et Peinture – concentrent près de 7 alternants sur 10, tandis que les certifications de branche (CQP et TFP) représentent 8 % des effectifs, soit plus de 830 jeunes. Le TFP Carrossier-Peintre, qui offre une double compétence très recherchée par les employeurs, compte à lui seul 664 apprentis.

Contrairement à l'alternance, la voie scolaire affiche une belle vitalité avec 6 818 lycéens en formation, soit une progression de 4 % (+250 jeunes) par rapport à 2024. C'est la troisième année consécutive de hausse. « En trois ans, nous avons gagné plus de 700 lycéens en formation carrosserie-peinture. Cette croissance de 12 % démontre que l'attractivité des métiers ne faiblit pas, même si les modalités d'accès évoluent », souligne l'Observatoire de l'ANFA

Les lycéens se forment majoritairement au niveau Bac professionnel (63 % des effectifs en voie scolaire), inversement à ce qui s'observe en alternance où les CAP prédominent. Cette complémentarité entre les deux voies de formation permet à la filière de maintenir un volume global d'effectifs stable, voire en légère progression.

Insertion solide mais en recul

L'insertion professionnelle reste le point fort de la filière. Selon les données InserJeunes 2024, 69 % des apprentis formés à la carrosserie-peinture trouvent un emploi six mois après leur sortie de formation. Un taux qui, malgré un recul d'un point, demeure élevé. « Le TFP Carrossier-Peintre affiche même 87 % de taux d'emploi. Cette certification remplit pleinement sa mission avec une insertion professionnelle élevée et une faible poursuite d'études », précise l’étude.

Toutefois, les disparités entre diplômes se creusent. Le CAP Peinture connaît un recul marqué de son taux d'emploi (-7 points), tandis que le CAP Carrosserie et le Bac professionnel ne reculent que d'un point. « Au total, plus de 1 650 apprentis ont trouvé un emploi en 2024, soit 84 % des insérés de la filière », note l'Observatoire. La situation est plus contrastée pour les lycéens en voie scolaire : seuls 28 % trouvent un emploi six mois après leur formation, un taux en recul de 4 points. « Les lycéens pâtissent d'une plus faible acquisition du geste professionnel développé en situation », explique Philippe Le Gall. L'insertion professionnelle suite aux CAP en deux ans est même passée sous la barre des 20 %.

Les femmes de plus en plus présentes

Avec 1 450 femmes en formation en 2025, contre 540 en 2021, les effectifs féminins ont presque triplé en quatre ans. La carrosserie-peinture affiche désormais l'un des taux de féminisation les plus élevés des filières techniques automobiles, autour de 9 %. Face aux tensions persistantes sur le marché de l'emploi carrosserie, l'appareil de formation s'adapte en diversifiant ses modalités d'accès, tout en maintenant un volume global proche de 17 000 jeunes formés chaque année.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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