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JANTES ALU
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JANTES ALU

PPG : « Nous pouvons déployer nos innovations à vitesse élevée »

, mis à jour le 21/01/2026 à 11h13
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Alban d'Epenoux PPG

Fort d’un cycle d’innovations soutenu, notamment dans la digitalisation et l’automatisation d’activités non productives à l’atelier, le fabricant de peinture américain continue de booster l’attractivité et la productivité du métier de carrossier. Alban d'Epenoux, directeur marketing monde de PPG Automotive Refinish, nous en dit plus.

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Quel atterrissage 2025 prévoyez-vous pour PPG ?

Alban d'Epenoux : En réparation-collision, l’ensemble des marchés mondiaux sont sous pression en termes de volumes. PPG est en ligne avec la tendance générale du marché et en position de gain de parts de marché dans la grande majorité des régions grâce aux nombreuses innovations lancées ces dernières années. En termes de perspectives,  – ce que les analystes confirment – une inversion de tendance est attendue dans le courant du 1er semestre 2026, avec une normalisation prévue des volumes du marché. Les raisons de l’attrition actuelle viennent essentiellement de la décorrélation de l’accidentologie, en légère baisse, en comparaison avec le "claim rate", le taux de transformation du sinistre en acte de réparation, qui lui est en plus forte baisse. C’est principalement lié aux hausses des tarifs des primes d’assurance, elles-mêmes liées à une hausse du coût total des réparations, avec plus de technologie embarquée sur les véhicules, plus d’ADAS, etc. Nous restons donc très attentifs à l’évolution des prix des primes des assureurs. Aujourd’hui, par exemple, la calibration des ADAS après la réparation carrosserie peut prendre une demi-journée voire une journée supplémentaire dans l’atelier, entraînant une période d’immobilisation plus longue des véhicules de courtoisie et des frais de main d’œuvre supplémentaires. Ce sont des coûts cachés qui ont un impact significatif sur les assureurs et cette tendance est mondiale. L’année 2025 aura donc été intense mais extrêmement intéressante et bénéfique à PPG grâce à son cycle soutenu en termes d’innovation, notamment dans la digitalisation et l’automatisation de nombreuses activités non productives dans l’atelier afin de rendre le poste peinture plus attractif et plus productif.

Les nouveautés PPG lancées en 2024-2025 ont-elles connu la même diffusion partout ?

A. d'E. : Chez PPG, nous avons déployé en 2025 une nouvelle organisation marketing au niveau mondial qui permet d’apporter de la valeur ajoutée à l’ensemble des périmètres d’activité de nos clients et ce dans toutes les régions de façon simultanée. En combinant des structures marketing régionales - proches du terrain et attentives aux besoins et aux challenges quotidiens de nos clients - , avec une organisation globalisée qui crée le contenu de la valeur ajoutée dans les produits et les services, PPG a la capacité de déployer ses solutions à une vitesse élevée, et ce dans l’ensemble des marchés au niveau mondial. PPG Mix’n’Shake en est l’exemple le plus récent. Les équipes marketing globales et régionales ont collecté ensemble les besoins clients en amont, partout dans le monde, et dans une même dynamique. Ce qui nous a permis de faire un lancement en première mondiale à EQUIP AUTO Paris en octobre 2025, immédiatement suivi deux semaines après par une lancement à Las Vegas pour le marché Nord-Américain. D’autre part, PPG MoonWalk, qui avait initialement été lancé en Europe, Moyen Orient et Afrique, se déploie désormais très rapidement aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique du Sud. Dans un marché Refinish où les process en atelier sont sensiblement équivalents d’une région à l’autre, dès que les fondamentaux d’une innovation répondent parfaitement aux besoins du métier, la vitesse d’adoption de l’innovation est principalement liée au niveau de maturité du marché et à ses caractéristiques économiques intrinsèques. Les Etats-Unis sont la région où le retour sur investissement est le plus rapide car la main d’œuvre y est la plus chère, et donc MoonWalk offre là-bas un "payback" extrêmement rapide. C’est aussi une région où le bouche-à-oreille marche fort, donc l’effet boule de neige est intense. Les carrossiers apprécient de visiter avec nos équipes d’autres carrosseries qui utilisent déjà la solution et entendre leur feedback. En Asie, nous installons des MoonWalk tous les jours dans la plupart des pays, mais la main d’œuvre y étant moins onéreuse, les gains recherchés sont plus centrés sur la précision colorimétrique que l’optimisation des couts de main d’œuvre. En EMEA, c’est un équilibre entre tout cela.

« Les drivers de la productivité diffèrent selon les régions, selon la façon dont les ateliers rémunèrent leurs équipes »

Amérique du Nord et EMEA placent-elles la barre plus haut que les autres côté digitalisation et productivité ?

A. d'E. : Les drivers de la productivité vont être différents selon les régions, et ce en fonction de la façon dont les ateliers vont rémunérer leurs équipes. Aux Etats-Unis, la rémunération du peintre est majoritairement liée à sa productivité individuelle. Le peintre va donc souvent être le moteur du changement auprès du dirigeant pour faire adopter (ou non) une innovation car il veut améliorer sa productivité personnelle et donc ses revenus. En Europe, le patron ou le chef d’atelier va être davantage décideur dans le déploiement car il est le garant de l’amélioration globale des processus et de la productivité de son atelier. Une même innovation peut donc répondre partout à des besoins quasi similaires, mais la personne à convaincre (stakeholder) n’est pas la même partout. La solution unique est entendable si la création de valeur ajoutée est réelle et prouvée, mais à condition de bien comprendre la chaîne de valeur de chacun des marchés. Il faut donc une très forte "customer-intimacy" – la capacité à être proche et à comprendre les problématiques des ateliers -, et en particulier à détecter les difficultés qui sont non visibles et très souvent non-exprimées. Cela permet aussi d’engager les équipes PPG sur la recherche permanente de l’amélioration de l’expérience client. Globalement, la pyramide des âges est assez homogène à travers les régions : beaucoup de quinquagénaires et plus à la tête des entreprises de carrosserie, des challenges quant au recrutement et à la transmission des entreprises, et une base de jeunes qui s’épuise. L’automatisation et la digitalisation sont essentielles pour attirer de nouveaux talents et créer des avantages compétitifs pour les entreprises du secteur.

La RSE est-elle perçue de la même manière par les carrossiers du monde entier ?

A. d'E. : Ces principes sont perçus très différemment selon les régions. L’attention portée à la problématique environnementale n’est pas homogène. Aux Etats-Unis par exemple, elle relève de la législation de chaque état. La Californie est très motrice et ambitieuse dans l’adoption de standard RSE parmi les plus élevés du monde, suivie par le Canada, dont le marché est 100% hydro. En Europe, la politique environnementale étant centralisée, elle s’applique à l’ensemble des pays membres. PPG est très engagé sur la RSE car cela fait partie de nos fondamentaux « Protect and beautify the world ». Et nous mettons à disposition de nos clients des outils et des trackers qui les assistent dans leur prise de décision et leur permettent d’associer recherche de durabilité, amélioration de la profitabilité et de la productivité nécessaires au développement de leur entreprises.

Y a-t-il d’autres initiatives en cours concernant la formation des équipes, des distributeurs partenaires, des clients réparateurs ou des futurs peintres en apprentissage ?

A. d'E. : Pour Mix’n’Shake, nous avons déployé des modules de formation dynamiques et systématiques au sein l’ensemble de nos forces de vente, et ce partout dans le monde. Les nouvelles technologies nous donnent la capacité à déployer en un temps record des formations sur la création de valeur et les bénéfices client de façon homogène. Dans un monde connecté et extrêmement concurrentiel, Speed is the new superpower. La recherche de solutions innovantes pour former rapidement et efficacement nos équipes et nos partenaires, clients finaux et distributeurs, grâce aux solutions digitales, est omniprésente chez PPG, car elle conditionne notre capacité à fournir des informations pertinentes aux clients finaux, essentielles au succès de nos innovations. Ceci s’applique aux produits mais aussi à nos services et à nos solutions digitales.

“Speed is the new superpower”

Existe-t-il des régions où PPG Refinish dispose d’un réseau de distribution intégré, en plus d’un réseau de distributeurs indépendants ?

A. d'E. : PPG a une distribution intégrée limitée, notamment en Allemagne, en Angleterre et en Scandinavie, et ce pour des raisons historiques. S’appuyer sur des distributeurs forts et indépendants est une vraie philosophie chez PPG. Notre capacité d’impact et notre succès sur les différents marchés sont intimement associés à la qualité des partenariats que nous nouons avec la distribution, qu’elle soit exclusive comme le réseau Platinum aux Etats-Unis, ou non selon les régions.

Quels sont les partenaires distributeurs les plus actifs ou dynamiques en 2025 dans le monde ?

A. d'E. : Grâce à la dynamique intense d’innovation qu’apporte PPG sur les marchés carrosserie depuis de nombreuses années, nous nous réjouissons de la réceptivité et de l’engagement de l’ensemble de nos canaux de distribution. Désormais nos distributeurs disent “what’s next?” dès que nous sortons une nouvelle solution. C’est le cas actuellement avec Mix’n’Shake : nous avons un niveau d’adoption record et une volonté soutenue de participation de l’ensemble de nos distributeurs. Cette collaboration autour de l’innovation crée beaucoup de proximité avec nos distributeurs et une volonté forte de déployer de nouvelles solutions : leurs équipes et nos équipes ne font qu’une lorsqu’elles se trouvent en présentation devant le client final.

Vous ou vos distributeurs ressentez-vous l'impact des crises géopolitiques et des droits de douane ?

A. d'E. : Nos marchés sont bien entendu impactés par les nouveaux tarifs douaniers mais nous travaillons à en limiter les effets au maximum en sourcant nos matières premières et en produisant localement dès que cela est possible. Pour certains de nos distributeurs en revanche, il peut y avoir des impacts significatifs en fonction des pays dans lesquelles ils sourcent les produits qui ne leur sont pas fournis par PPG, notamment pour les consommables en provenance de Chine et importés Etats-Unis.

« L’Asie et le Moyen-Orient sont très impactés par le développement des marques de véhicules chinoises dans ces régions »

Entre l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud, la zone EMEA et l'Asie-Pacifique, lesquelles sont les plus dynamiques en général ?

A. d'E. : Les dynamiques sont relativement différentes en fonction des différentes régions du monde. Le Moyen-Orient est très dynamique côté volume, l’Asie également. En revanche, ces deux marchés subissent des changements importants en termes de mix produits, du fait de l’évolution des parts de marché des constructeurs automobiles. L’Asie et le Moyen-Orient sont très impactés par le développement des marques de véhicules chinoises dans ces régions, ce qui oblige les fabricants à travailler très en amont avec les constructeurs chinois pour s’assurer que leurs produits seront prescrits très tôt dans les cycles de réparation.
En Europe et en Amérique du Nord, comme précisé en introduction, les fondamentaux sont là en terme de volumes d’accident, mais l’inflation des primes d’assurance a un impact direct sur le comportement des propriétaires de véhicules endommagés lorsqu’il s’agit de procéder à une réparation ou non. La démocratisation des nouvelles technologies embarquées dans les véhicules devrait ramener ces primes à des coûts raisonnables dans les mois et années à venir. L’avantage concurrentiel qu’offre PPG avec ses solutions offre un vrai relais de croissance pour le réparateur.
Et l’Afrique ? C’est un marché dynamique où les solutions et marques chinoises sont en fort développement.

Observez-vous l'émergence de nouveaux acteurs sur ces marchés : distributeurs numériques, marques locales, groupes commerciaux consolidés ou plateformes ?

A. d'E. : Certaines régions sont plus ou moins exposées à l’émergence de nouveaux acteurs de distribution, mais la vraie différence se fait sur la capacité des différentes forces en présence à apporter de la valeur ajoutée aux utilisateurs finaux. La France par exemple est motrice en termes de distribution digitale en Europe, mais cela reste un cas particulier à ce stade. Même s’il existe des opportunités pour l’émergence de nouveaux types de distribution, la capacité à être au plus près du client final ne peut être assurée que par une présence locale et du support commercial et technique au sein même des ateliers. Ces nouveaux modèles digitaux invitent toutefois l’ensemble de la chaîne à reconsidérer et rationaliser ses services, et à se concentrer sur la création de valeur. En ce qui concerne les marques et acteurs régionaux en croissance sur certains territoires, PPG y est nécessairement attentif et toujours à l’écoute de ses partenaires en offrant des réponses produit et service adaptées aux attentes de ces différents marchés. Nous avons par exemple lancé récemment la marque Velocity aux Etats-Unis sur le segment milieu de gamme, segment sur lequel nos distributeurs étaient en demande de solutions produit. Cette attente d’une gamme "mid" avec un compromis efficace en termes de qualité colorimétrique et de positionnement prix est également en développement dans certaines autres régions.

Constatez-vous l’émergence de marques de second rang sur tous les marchés ?

A. d'E. : Les challengers potentiels viennent principalement d’Asie et de Chine en particulier, et s’adressent principalement aux marchés du Moyen Orient et de l’Afrique. Il est en revanche plus difficile pour des acteurs régionaux d’entrer aux Etats-Unis ou en Europe, car il existe des barrières importantes à l’entrée, tant au niveau douanier que des législations locales, ou encore des besoins d’approbation par les constructeurs automobiles ou du fait de l’étendue du territoire ou de la présence des acteurs existants.

« Une méga-carrosserie installée en dehors des agglomérations peut aisément remplacer une dizaine d’ateliers urbains classiques. »

Le mouvement de concentration est-il encore pertinent dans toutes les régions ?

A. d'E. : Il y a en effet deux niveaux de consolidation en cours. L’un au niveau des MSO (Multi Shop Operators), des grands groupes de carrosserie qui peuvent parfois compter plusieurs centaines d’ateliers, et l’autre au niveau de la distribution. Les Etats-Unis ont quelques années d’avance et le mouvement de concentration y est très rapide. C’est aussi le cas dans d’autres régions, mais avec des niveaux d’intensité moins soutenus mais toutefois d’ores et déjà bien engagés. En Europe, c’est particulièrement visible chez les MSO du nord du continent, en Scandinavie et au Royaume Uni.

Quels sont les marchés les plus consolidés dans chacune des grandes zones que vous couvrez ?

A. d'E. : En Chine, certains constructeurs automobiles traditionnels doivent fermer massivement leurs réseaux de concessions ou d’ateliers, certains jusqu’à 150 carrosseries, du fait de l’émergence et des prise de parts de marché des nouveaux constructeurs de véhicules électriques. Ces derniers innovent non seulement d’un point de vue technologique, mais également dans les domaines de la distribution et la réparation, avec une très forte digitalisation des processus. Ils construisent des méga-hubs de réparation en périphérie des grandes villes, avec une logique de conciergerie très forte et repensent intégralement l’expérience client. On peut légitimement s’attendre à ce que cette évolution s’étendent au-delà des frontières de la Chine dans les prochaines années. Là encore on parle de concentration : une méga-carrosserie installée en dehors des agglomérations peut aisément remplacer une dizaine d’ateliers classiques situés dans les centres urbains.

Le marché du refinish automobile souffre-t-il toujours de perturbations de la chaîne d'approvisionnement pour certains types de produits ?

A. d'E. : Le domaine le plus sous-tension est celui des pigments, du fait de l’arrêt ou de la concentration en cours chez les fabricants. Chez PPG, nous avons une démarche très proactive quant à la sécurisation de nos approvisionnements afin de minimiser l’impact d’une éventuelle rupture de produits. Mais la fourniture de pigments est et restera sous tension permanente.

Rédacteur en chef adjoint de Zepros Après-Vente Carrosserie, Romain couvre l'actualité des acteurs de la réparation-collision, du constructeur au réparateur, de l'assureur à l'expert en passant par l'équipementier et le distributeur.
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