Castrol change de propriétaire
BP a annoncé le 24 décembre la cession de 65 % de ses parts dans l’industriel du lubrifiant à un fonds d’investissement américain. Un centrage d’activité sur ses actifs énergétiques pour le pétrolier britannique, et une nouvelle trajectoire pour Castrol dans le cadre d’une nouvelle coentreprise.
Une cession à 10 Md$ (valorisation de l’entreprise) au fonds américain Stonepeak qui devrait lui rapporter 6 Md$ : c’est la plus grosse opération de cession réalisée par BP ces dernières années. La major pétrolière britannique peut ainsi accélérer son désendettement, simplifier son portefeuille – suite à l’insistance du fonds activiste Elliott – et ainsi concentrer ses efforts sur son activité aval "énergie". Cela, cependant, au prix de l’abandon de sa filiale Castrol, l'un de ses piliers historiques qui affiche l'une des plus belles rentabilités du groupe (+ 22 % sur les neuf premiers mois 2025, à 744 M$). L’accord avec le fonds acheteur Stonepeak prévoit la création d’une coentreprise dans laquelle BP conserve 35% des parts, qu’il pourra céder après une période de blocage de deux ans.
Impérative recherche de santé financière
Car BP devait impérativement trouver du "cash" pour réduire sa dette (26 Md$ au T3 2025) et avait déjà cédé son activité éolienne terrestre aux États-Unis à LS Power, ainsi que des participations dans des actifs de pétrole de schiste outre-Atlantique. Il chercherait aussi à vendre la moitié de sa participation dans l’opérateur solaire Lightsource (source : Financial Times).
Avec cette cession de Castrol, BP annonce suivre son plan de cession d’actifs de 20 Md$ « dont le bilan renforcera considérablement le bilan de BP », a assuré Carol Howle, directrice générale par intérim de BP.
Reste maintenant à voir comment le géant du lubrifiant va poursuivre sa route, et notamment comment ce changement d’actionnaire va impacter l’activité après-vente. Dossier à suivre.