« La durabilité fait partie intégrante de Mahle, de l’OEM à l’IAM »
L’équipementier et fabricant de matériel d’atelier allemand se veut optimiste quant à son adaptation aux exigences croissantes de durabilité et aux soubresauts de l’économie mondiale, bien appuyé sur sa compréhension du marché chinois. Explications par Philipp Grosse Kleimann, vice-président exécutif et directeur général Lifecycle & Mobility chez Mahle.
Philipp Grosse Kleimann : En 2024, Mahle Lifecycle and Mobility a réalisé un CA de 1,3 Md€. En 2025, le marché s’est affaibli en Europe, en Afrique-Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Nous avons dû nous battre pour atteindre des niveaux similaires en termes de ventes. Le déploiement de nos dernières solutions est rapide, nous avons mis en place des équipes de responsables produits spécialement dédiées. Nous sommes présents en EMEA, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Inde, Asie du Sud-Est et Chine, où nous disposons de collaborateurs qui nous aident à entrer en contact avec les grossistes, les détaillants, les spécialistes et les ateliers. Nous nous sommes beaucoup concentrés sur la Chine, car le parc automobile vieillit et entre dans notre cœur de cible : des véhicules âgés de 6 à 7 ans. Nous proposons déjà une gamme de 15 000 pièces en Chine.
P. G. K. : Pour 2026, nous ne pouvons pas divulguer de chiffre, mais nous prévoyons une croissance et voulons nous concentrer sur nos gammes de produits les plus productives, en particulier le portefeuille de pièces pour véhicules électriques et poids lourds. Et nous voulons nous rapprocher des ateliers. Nous aidons nos clients directs dans leurs ventes aux garages en leur fournissant un haut niveau d’information technique, grâce au programme Mahle Workshop Heroes. Nous développons notre stratégie de formation en fonction du marché : en Allemagne, nous disposons d’un centre de formation mondial pouvant accueillir 15 personnes à la fois. En Chine, par exemple, nous avons un canal digital de formation WeChat, qui compte près de 100 000 participants.
P. G. K. : La durabilité fait partie intégrante de Mahle et nous l’avons intégrée depuis nos accords OEM jusqu’au marché des pièces de rechange. D’une part, nous proposons une gamme de pièces adaptées aux véhicules électriques. D’autre part, nous analysons le potentiel de reconditionnement et nous travaillons sur nos emballages afin d’en revoir les aspects liés à la durabilité. Nous avons obtenu une certification de 82/100 par EcoVadis, qui nous place parmi les 5 % des meilleures entreprises sur les 150 000 évaluées. D’ici 2040, nous serons neutres en CO2 dans le monde entier, et en Allemagne nous le sommes déjà depuis 2021.
P. G. K. : Cela dépend de la région. À l’échelle mondiale, le marché reste dynamique et nous pensons que la croissance du parc automobile va se poursuivre, avec 1,7 milliard de voitures prévues en 2030. La croissance est particulièrement forte en Chine, en Asie du Sud-Est et en Inde. En Chine, si vous parvenez à gérer votre organisation de manière suffisamment rapide pour répondre aux besoins du marché, vous pouvez réussir. Ailleurs, la croissance est faible, à un chiffre. L’Europe connaît un ralentissement de sa croissance.
P. G. K. : Nous sommes très présents en Amérique du Sud ; c’est l’un de nos plus grands marchés, avec un portefeuille très intéressant et une équipe dévouée. Nous nous développons bien au Brésil, par exemple. Mais en Amérique du Nord, plusieurs vagues de tarifs douaniers ont été introduites en 2025. Il n’est pas facile de comprendre où va le marché américain. Nous avons dû informer nos clients à quatre reprises d’une augmentation des prix. Mais grâce à une politique commerciale rationalisée, nous avons pu compenser les droits de douane. Cependant, nous croyons fermement au libre-échange et pensons qu’il profite au consommateur final.
P. G. K. : Oui, effectivement, nous le ressentons. Mahle compte 135 sites de production dans le monde, et heureusement nous pouvons passer de l’un à l’autre si nécessaire. Nous observons actuellement un transfert de la Chine vers la Malaisie ou la Thaïlande, principalement organisé par des entreprises chinoises. Nous devons agir en fonction de notre chaîne d’approvisionnement mondiale.
P. G. K. : Le marché chinois des pièces est l’un des plus dynamiques. Nous revenons juste du salon Automechanika Shanghai, qui a réuni plus de 7 000 exposants. Impressionnant ! Nous sommes bien préparés pour la concurrence en Chine et nous devons nous préparer à affronter la concurrence des fabricants de pièces chinois dans d’autres parties du monde. Nous avons adapté notre équipement d’atelier pour les marques automobiles chinoises, et cela dans l’ensemble des différentes régions.
P. G. K. : C’est une question de rapidité et d’efficacité. Concernant Mahle Lifecycle and Mobility, nous avons l’expertise première monte, car nous sommes “fournisseur de choix” même pour les constructeurs automobiles chinois. Et du côté des services, nous avons l’avantage d’être partenaires des équipementiers. Nous investissons 5,4 % de notre CA dans la R&D, ce qui nous aide sur le marché des pièces de rechange.
Read the English version: Mahle: “Sustainability is an integral part of us, from OEM to IAM”