Entre EPS et PPG, une histoire d’hommes plus que de chiffres
L’annonce du rachat du distributeur de peinture par le fabricant mi-septembre a fait grand bruit. Mais l’onde de choc masque la certaine proximité de vues que les deux parties cultivaient en réalité. Explications.
La reprise du Groupe EPS (EPS-DPS) par PPG n’est pas tant l’histoire d’un rachat que d’un rapprochement entre deux points de vue loin d’être antinomiques. Celui d’un distributeur, Eric Mallen, soucieux de préserver l’héritage humain que représente l’entreprise familiale, et celui d’un poids lourd de l’industrie, PPG, qui affirme depuis toujours ne vouloir s’appuyer, en France, que sur des partenaires techniques et commerciaux de confiance et engagés pour distribuer ses produits et solutions. Ce que l’agence EPS Peinture Nice faisait avec efficacité depuis plus de huit ans, en l’occurrence. La convergence des intérêts des deux parties s’apprécie particulièrement à cette aune-là.
Car EPS-DPS, promis à la vente depuis qu’aucune reprise intrafamiliale ne se profilait, tenait à conserver l’intégrité de son identité, de son personnel et de son expertise technique une fois cédé. Un engagement sur plusieurs années qu’a logiquement pris PPG, dont l’intérêt était aussi de conserver la performante structure mise en place par Eric Mallen et ses équipes. Et ce, même si la stratégie du fabricant de peinture américain n’inclut pas de développement succursaliste à terme, selon Arnaud Racapé, directeur de PPG Automotive Refinish France. « Notre souhait est de continuer de nous appuyer sur les compétences pointues des équipes d’EPS et de DPS, riches de dizaines d’années d’expérience dans la distribution de peinture, et de préserver le nom et l’image de la société. Car les clients du Groupe EPS lui sont fidèles de par la qualité de ses services et de son soutien technique », affirme-t-il. Pas de création d’un hypothétique réseau national de distribution PPG intégré à l’horizon, donc, pas plus que de reprise programmée d’autres distributeurs spécialisés. « Nous tenons à rassurer nos partenaires sur ce point », insiste Arnaud Racapé.
Pas de sortie prévue des groupements Centaure et Précisium non plus, à ce stade. Et pas plus de volonté de se départir des marques de para-peinture que référençait déjà EPS-DPS, quand bien même PPG est entré sur ce marché en janvier dernier via le rachat du Néerlandais EMM et de ses marques de consommables Colad, Finixa et Hamach. Le souhait de convaincre les clients d’EPS travaillant avec les marques de peinture concurrentes de migrer vers les solutions PPG (Nexa Autocolor, MaxMeyer et la marque homonyme), en revanche, est assumé, et notamment celles de l’Américain Axalta que distribue historiquement le groupe (Cromax, Spies Hecker, Standox et Syrox). La continuité de service sera toutefois assurée durant un certain temps. Celui qu’il faudra pour convaincre les réparateurs de franchir le pas. PPG mise d’ailleurs sur son côté précurseur en matière d’automatisation et de digitalisation du poste peinture, grâce à MoonWalk et Linq, entre autres, pour y parvenir.